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Critiques / Opéra & Classique

La Nouvelle Athènes du piano

par Christian Wasselin

Un festival piloté par la Nouvelle Athènes, du 2 au 4 février, célèbre l’histoire et les beautés du piano romantique.

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LA NOUVELLE ATHÈNES EST UN QUARTIER situé dans le neuvième arrondissement de Paris, où vécurent au cours du XIXe siècle nombre d’artistes célèbres, de Chopin et George Sand à Berlioz et Chassériau, de Victor Hugo à Gustave Moreau. Et c’est tout naturellement au cœur de ce quartier, rue Chaptal, qu’est installé le musée de la Vie romantique. Mais la Nouvelle Athènes, c’est aussi une association de claviéristes (clavecinistes, pianofortistes, pianistes, restaurateurs, collectionneurs et mélomanes) qui se réunissent à partir des ateliers de formation organisés par la Fondation Royaumont depuis 2012. Fondée et dirigée par Sylvie Brély, cette association est chargée de collectionner des pianos de cette époque, de les restaurer et de permettre qu’on les joue de nouveau à la faveur d’académies et de concerts.

Il y a là un terrain particulièrement fécond si l’on considère la manière dont la facture de piano a évolué, du milieu du XVIIIe siècle au milieu du XXe, pour ensuite se fixer peu à peu. Malgré quelques expériences, le piano d’aujourd’hui ressemble dans ses grandes lignes à celui d’il y a cent ans. Il est vrai que les facteurs de piano ont été longtemps stimulés par des compositeurs comme Beethoven ou Liszt, qui ont toujours voulu pousser plus loin les limites de l’instrument ; de nos jours, après une certaine désaffection, on écrit de nouveau pour l’instrument : après Ligeti, des musiciens comme Pascal Dusapin et Yves Chauris, pour ne citer que deux noms, se passionnent de nouveau pour le piano.

Sous l’égide de la Nouvelle Athènes a ainsi été organisé, du 2 au 4 février, un festival consacré au piano romantique, ou plutôt aux pianos romantiques, les instruments étant au cœur de la démarche de l’association. Étaient inscrits au programme : une Académie à l’École normale de musique, une rencontre et deux concerts à la Salle Cortot (qui jouxte l’École susnommée), un dernier concert à la maison Heinri Heine de la Cité universitaire.

D’un piano l’autre

Le concert du 2 février a permis d’entendre plusieurs œuvres ou extraits d’œuvres sur trois instruments différents. Après deux pages de Mozart par Florent Albrecht et la violoniste Chiara Banchini, il est très émouvant d’entendre Alain Planès jouer la toute première sonate de Beethoven (en fa mineur, op. 2 n° 1) sur la copie d’un piano Walter de 1803. Le son est encore celui du clavecin mais la dynamique est là (on sait que le nom pianoforte vient des nuances, du piano au forte, permises par le nouvel instrument). Plus proche du piano comme on l’entend généralement, mais pourvu d’aigus assez acides et agressifs, est l’instrument fabriqué par Michael Rosenberger vers 1820. Costantino Mastroprimiano interprète deux mouvements de la Cinquième Sonate de Hummel : un bel Adagio méditatif suivi d’un finale verbeux et décousu. L’ensemble Hexameron (composé de Luca Montebugnoli au piano, Nicolas Bouils à la flûte et Amaryllis Jarczyk au violoncelle) aborde à la suite deux mouvements du Trio op. 63 de Weber, d’une tout autre inspiration, mais c’est Edoardo Torbianelli qui nous comble en nous offrant deux des Klavierstücke D 946 de Schubert (on se souvient du concert qu’il a donné en décembre dernier aux Bouffes du Nord, avec également la participation de Luca Montebugnoli).

On glisse à un troisième instrument, un piano Streicher daté de 1847, avec Laura Granero qui nous livre sa transcription des Sechs Gedichte von Nikolaus Lenau de Schumann puis, toujours de Schumann, deux des Phantasiestücke op. 73 avec le violoncelliste Patrick Langot. Le son de l’instrument, plus homogène, est aussi plus sombre. Il se prête cependant très bien au finale du Trio op. 49 de Mendelssohn, que joue l’ensemble Hexameron (avec Roldan Bernabé au violon).

La Nouvelle Athènes accueille évidemment les adhésions et les dons pour financer son activité, et notamment l’un des projets qui lui tiennent le plus à cœur : la restauration du piano carré Érard 1806.*

Illustration : Beethoven au clavier (dr)

* www.lanouvelleathenespianosromantiques.com

Festival de la Nouvelle Athènes, centre des pianos romantique ; du 2 au 4 février, École normale de musique, Salle Cortot, maison Heinri Heine.

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