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	<title>WebTh&#233;&#226;tre : Actualit&#233; critique des spectacles, th&#233;&#226;tre, op&#233;ra, musique, danse - Paris et r&#233;gions, Belgique, Espagne</title>
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	<description>WebTh&#233;&#226;tre, magazine en ligne du spectacle vivant, propose une actualit&#233; critique du th&#233;&#226;tre, de l'op&#233;ra, de la danse, de la com&#233;die et de l'humour &#224; Paris, en r&#233;gion et &#224; l'&#233;tranger.</description>
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		<title>WebTh&#233;&#226;tre : Actualit&#233; critique des spectacles, th&#233;&#226;tre, op&#233;ra, musique, danse - Paris et r&#233;gions, Belgique, Espagne</title>
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		<title>Radio Minus ne tient pas toutes ses promesses</title>
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		<dc:date>2026-11-16T09:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Robert</dc:creator>


		<dc:subject>Jeune Public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Radio Minus-Turbo Minus. Un dr&#244;le de nom qui nous a intrigu&#233;. Nous avons voulu en savoir plus sur ce concert immersif o&#249; les tr&#233;sors oubli&#233;s de la musique pour enfants deviennent la mati&#232;re d'un DJ set pas tout &#224; fait comme les autres. Entre remix, images g&#233;n&#233;ratives et jeux collectifs, Turbo Minus transforme la piste de danse en terrain d'exploration festif pour les ch&#232;res t&#234;tes blondes qui s'en donnent &#224; c&#339;ur joie. Un patrimoine discographique m&#233;connu Depuis plus de dix ans, Radio Minus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.webtheatre.fr/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.webtheatre.fr/+-Jeune-Public,56-+" rel="tag"&gt;Jeune Public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/radio_minus-1f9b6.jpg?1793611311' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Radio Minus-Turbo Minus&lt;/strong&gt;. Un dr&#244;le de nom qui nous a intrigu&#233;. Nous avons voulu en savoir plus sur ce concert immersif o&#249; les tr&#233;sors oubli&#233;s de la musique pour enfants deviennent la mati&#232;re d'un DJ set pas tout &#224; fait comme les autres. Entre remix, images g&#233;n&#233;ratives et jeux collectifs, Turbo Minus transforme la piste de danse en terrain d'exploration festif pour les ch&#232;res t&#234;tes blondes qui s'en donnent &#224; c&#339;ur joie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un patrimoine discographique m&#233;connu&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis plus de dix ans, Radio Minus collectionne des milliers de disques destin&#233;s &#224; l'enfance, venus du monde entier. Avec Turbo Minus, ce patrimoine m&#233;connu devient un spectacle vivant o&#249; chansons rares, archives sonores, remix et cr&#233;ations visuelles dialoguent pour une exp&#233;rience ludique. Port&#233; par des images g&#233;n&#233;r&#233;es en direct et une mise en sc&#232;ne participative, le spectacle invite les petits &#224; danser ensemble. &#171; D&#233;fis chor&#233;graphiques, jeux musicaux, confettis, ballons, rythment cette travers&#233;e de cinquante ans de culture musicale enfantine &#187; promet l'affiche qui &#233;voque &#171; une f&#234;te inventive qui c&#233;l&#232;bre la curiosit&#233;, l'&#233;coute &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Peut encore mieux faire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors certes, l'ambiance est bien l&#224; mais l'exp&#233;rience est un peu brouillonne - m&#233;lange de chenille qui red&#233;marre, de tir de confettis en grande pompe, de lancer de ballons gonflables renvoy&#233;s par les parents et grands-parents autant que par leur prog&#233;niture. Bref &#231;a part un peu dans tous les sens et &#231;a se bouscule parfois, les 5 ans c&#244;toyant les 12 ans sans distinction. Derri&#232;re le DJ, l'&#233;cran g&#233;ant accapare trop l'attention des ch&#233;rubins. Quitte &#224; mettre un &#233;cran g&#233;ant, pourquoi ne pas proposer aussi aux jeunes de petites chor&#233;graphies &#233;labor&#233;es &#224; r&#233;p&#233;ter tous ensemble, dans l'esprit de ce que fait la Philharmonie des enfants &#224; La Villette ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche le moment o&#249; chaque enfant &#224; son tour invente une chor&#233;graphie que toute l'assembl&#233;e doit reprendre, est jubilatoire, et d'ailleurs les cadets ne s'en laissent pas compter par leurs a&#238;n&#233;s ! De m&#234;me on a appr&#233;ci&#233; le yoga g&#233;ant destin&#233; &#224; un retour au calme, avant un go&#251;ter bien m&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les artistes, Sylvain Qu&#233;ment, fondateur de la webradio pour enfants Radio Minus, est aux manettes du djing, du remix et de la composition musicale. Yassine de Vos, auteur de bande-dessin&#233;e et illustrateur, est en charge du design graphique et de la vid&#233;o.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 5 D&#233;cembre, Maison de la Culture d'Amiens ; le 13, Th&#233;&#226;tre &amp; Cin&#233;ma de Fontenay-le-Fleury (78) ; le 26 F&#233;vrier, Superforma - Sc&#232;nes de Musiques actuelles Le Mans Allonnes (72) ; le 20 Avril, La Balise Saint-Hilaire-de-Riez (85) ; les 4-5 Mai Sc&#232;nes d'Abbeville - Th&#233;&#226;tre Municipal et Espace Culturel Saint-Andr&#233; (80) ; le 30 Juin, La Poudri&#232;re Belfort (90).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mahler-Gatti, au-del&#224; de l'inach&#232;vement</title>
		<link>https://www.webtheatre.fr/Mahler-Gatti-au-dela-de-l-inachevement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.webtheatre.fr/Mahler-Gatti-au-dela-de-l-inachevement</guid>
		<dc:date>2026-11-03T09:35:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Wasselin</dc:creator>


		<dc:subject>Op&#233;ra &amp; Classique</dc:subject>
		<dc:subject>Music</dc:subject>
		<dc:subject>4</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LES SYMPHONIES DE MAHLER FONT PARTIE depuis quelques d&#233;cennies de l'ordinaire des programmes des concerts, m&#234;me si la complexit&#233; et la dur&#233;e de ces partitions sont parfois l'objet de quelques malentendus. Au sein de ce massif musical, toutefois, une partition est toujours abord&#233;e avec mille et une pr&#233;cautions : la Dixi&#232;me Symphonie, que Mahler a laiss&#233;e inachev&#233;e, en 1911, alors qu'il &#233;tait en pleine force cr&#233;atrice. On a tort en effet de voir et d'entendre dans ses derni&#232;res partitions (Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.webtheatre.fr/+-Opera-Classique-60-+" rel="tag"&gt;Op&#233;ra &amp; Classique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.webtheatre.fr/+-Music-+" rel="tag"&gt;Music&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.webtheatre.fr/+-mot1021-+" rel="tag"&gt;4&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/full-staatskapelle3-5bc34.jpg?1793698753' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES SYMPHONIES DE MAHLER FONT PARTIE&lt;/strong&gt; depuis quelques d&#233;cennies de l'ordinaire des programmes des concerts, m&#234;me si la complexit&#233; et la dur&#233;e de ces partitions sont parfois l'objet de quelques malentendus. Au sein de ce massif musical, toutefois, une partition est toujours abord&#233;e avec mille et une pr&#233;cautions : la &lt;i&gt;Dixi&#232;me Symphonie&lt;/i&gt;, que Mahler a laiss&#233;e inachev&#233;e, en 1911, alors qu'il &#233;tait en pleine force cr&#233;atrice. On a tort en effet de voir et d'entendre dans ses derni&#232;res partitions (&lt;i&gt;Le Chant de la terre&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;Neuvi&#232;me Symphonie&lt;/i&gt;, les fragments de la &lt;i&gt;Dixi&#232;me&lt;/i&gt;) le testament d'un compositeur au bord de la tombe. En 1911, Mahler sortait d'une p&#233;riode difficile, mais son avenir &#224; New York &#233;tait ouvert, il n'avait que cinquante ans, et c'est un malaise brutal survenu le 24 f&#233;vrier de cette ann&#233;e-l&#224;, signal d'une endocardite bact&#233;rienne, qui lui fut fatal. Les antibiotiques, aujourd'hui, l'auraient soign&#233; : on conna&#238;t un c&#233;l&#232;bre mahl&#233;rien, souffrant du m&#234;me mal, ayant pratiqu&#233; la plong&#233;e sous-marine jusqu'&#224; un &#226;ge avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahler n'a pas entendu son &lt;i&gt;Chant de la terre&lt;/i&gt; ni sa &lt;i&gt;Neuvi&#232;me Symphonie&lt;/i&gt;, qui furent cr&#233;&#233;s &#224; titre posthume sous la direction de Bruno Walter. Quant &#224; sa &lt;i&gt;Dixi&#232;me&lt;/i&gt;, les deux mouvements achev&#233;s (le premier et le troisi&#232;me) furent jou&#233;s &#224; Vienne, gr&#226;ce &#224; la mise au net effectu&#233;e par Berg et K&#345;enek, le 12 octobre 1924. Personne ne se risqua ensuite &#224; tenter d'achever les trois autres mouvements &#224; partir des esquisses laiss&#233;es par Mahler, jusqu'&#224; ce que le musicologue anglais Deryck Cooke (1919-1976), en 1960, travaille sur ces esquisses afin de proposer une version ex&#233;cutable au concert de la partition enti&#232;re. Chose qui sera faite au Royal Albert Hall de Londres, sous la direction de Berthold Goldschmitt, le 13 ao&#251;t 1964, soit quatre mois avant le d&#233;c&#232;s d'Alma Mahler, la veuve du compositeur. Apr&#232;s quoi Deryck Cooke continuera de r&#233;viser son travail jusqu'&#224; sa propre mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ternelle question de l'ach&#232;vement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fallait-il achever la &lt;i&gt;Dixi&#232;me&lt;/i&gt; de Mahler &#8211; et le &lt;i&gt;Requiem&lt;/i&gt; de Mozart, et plus tard &lt;i&gt;Turandot&lt;/i&gt; de Puccini, &lt;i&gt;Lulu&lt;/i&gt; de Berg, &lt;i&gt;Atlantida&lt;/i&gt; de Falla ? Faut-il s'emparer de ce que le destin a choisi de laisser en suspens ? &#192; ces questions sans r&#233;ponse on ajoutera ces phrases de Sch&#246;nberg : &#171; Il semble qu'il ne soit pas possible d'aller au-del&#224; d'une &lt;i&gt;Neuvi&#232;me&lt;/i&gt; : celui qui s'y essaie doit quitter ce bas-monde. C'est comme si chaque &lt;i&gt;Dixi&#232;me Symphonie&lt;/i&gt; devait nous dispenser un message qu'il nous est interdit de recevoir, parce que nous ne sommes pas encore pr&#234;ts. Ceux qui &#233;crivent une &lt;i&gt;Neuvi&#232;me Symphonie&lt;/i&gt; se trouvent d&#233;j&#224; trop pr&#232;s de l'Au-del&#224;. [...] Peut-&#234;tre les &#233;nigmes de ce monde seraient-elles r&#233;solues si l'un de ceux qui savent pouvait &#233;crire une &lt;i&gt;Dixi&#232;me Symphonie&lt;/i&gt;, mais probablement cela ne doit pas &#234;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L500xH335/arpad_schmidhammer_gustav_mahler_meisterdrucke-944178_-0661c.jpg?1793698753' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On notera que Deryck Cooke n'&#233;tait pas compositeur, contrairement &#224; Alfano et Berio qui ont propos&#233; leur conclusion de &lt;i&gt;Turandot&lt;/i&gt;, contrairement &#224; Friedrich Cerha et Eberhard Kloke qui ont achev&#233; &#224; leur mani&#232;re &lt;i&gt;Lulu&lt;/i&gt;. Il faudrait avoir sous les yeux l'&#233;tat qui &#233;tait celui de la partition de la &lt;i&gt;Dixi&#232;me Symphonie&lt;/i&gt; quand Mahler est mort, pour se rendre compte du travail (humble ? arbitraire ?) de Cooke. Car la &lt;i&gt;Dixi&#232;me&lt;/i&gt;, telle que vient de l'interpr&#233;ter l'Orchestre de la Staatskapelle de Dresde, a tout d'une vaste partition aboutie &lt;i&gt;dans le d&#233;tail&lt;/i&gt; (les choix d'orchestration, les ruptures dynamiques, les stup&#233;fiantes dissonances, l'enchev&#234;trement des th&#232;mes), que ce soit dans le Purgatorio (troisi&#232;me mouvement) d'une saisissante densit&#233; ou dans le second scherzo (quatri&#232;me mouvement) aux couleurs acides particuli&#232;rement &#233;loquentes, l'un achev&#233; par Mahler, l'autre &lt;i&gt;compl&#233;t&#233;&lt;/i&gt; par Cooke (dans le double sens, anglais et fran&#231;ais, du mot). On sait aussi que l'Adagio initial et le Purgatorio, m&#234;me achev&#233;s, auraient sans doute &#233;t&#233; modifi&#233;s par le compositeur lui-m&#234;me et ne diront jamais leur dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour de Fafner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oublions pour l'instant ce d&#233;bat sans fin pour nous concentrer sur le concert que nous a offert la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Daniele Gatti. Un concert magistral, fruit notamment d'une culture d'orchestre qui remonte &#224; 1548, quand Maurice de Saxe eut l'id&#233;e de fonder un orchestre (mot anachronique) qui n'a bien s&#251;r cess&#233; de s'&#233;toffer depuis lors. Weber, Wagner et Richard Strauss ont dirig&#233; cette Staatskapelle avec fruit, Berlioz en a &#233;prouv&#233; les qualit&#233;s en 1843 et 1854. Daniele Gatti, chef principal depuis la saison 2024-2025, sait de toute &#233;vidence en exalter les vertus, notamment cet admirable pupitre de cordes (les violons I sont ici face aux violons II) qui permet, gr&#226;ce &#224; la phrase confi&#233;e aux altos seuls au tout d&#233;but de la symphonie, que la musique prenne son ineffable essor. On go&#251;te parmi les bois la rondeur du basson solo (ou plut&#244;t du &lt;i&gt;fagott&lt;/i&gt;), les couleurs crues des clarinettes, mais les orchestres de Radio France ont dans leurs rangs, &#224; cet &#233;gard, des instrumentistes dont le son et le phras&#233;, restent inimitables. Comparaison, bien s&#251;r, n'est pas raison, et la couleur d'une formation orchestrale, on le sait, est fonction de la salle dans laquelle elle r&#233;p&#232;te et se produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que cette interpr&#233;tation de la &lt;i&gt;Dixi&#232;me Symphonie&lt;/i&gt;, par sa tension et son relief, est un grand moment, aboutissement d'une longue r&#233;flexion de la part de Daniele Gatti sur ce r&#233;pertoire (on se souvient de son int&#233;grale des symphonies de Mahler au Ch&#226;telet, avec l'Orchestre national de France, de 2009 &#224; 2011). La justesse des tempos, l'ampleur de la dynamique, la mani&#232;re dont chacun des pupitres respire et dialogue avec les autres, tout concourt &#224; nous faire entendre ce qu'il y a de douloureux dans cette musique qui restera sans descendance, sauf peut-&#234;tre &#224; &#233;couter du c&#244;t&#233; de Berg et de Chostakovitch. L'inspiration de Mahler &#233;tait trop neuve, trop personnelle surtout, pour qu'elle p&#251;t faire &#233;cole. S'il fallait citer un exemple, on &#233;voquerait cette transition inou&#239;e qui va du quatri&#232;me au dernier mouvement et qui, scand&#233;e par d'implacables coups de grosse caisse, fait entendre un tuba fafn&#233;rien, deux contrebassons, une harpe, des contrebasses, des cors, le tout malmen&#233;, disloqu&#233;, archa&#239;que, jusqu'&#224; ce que naisse le chant d'une fl&#251;te qui fait de nouveau s'envoler la musique et rutiler l'or sonore de la Staatskapelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Illustrations : Daniele Gatti et les musiciens de la Staatskapelle de Dresde (photo dr). Mahler montrant l'exemple, dessin d'Arpad Schmidhammer (dr).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mahler : &lt;i&gt;Symphonie n&#176; 10&lt;/i&gt; (achev&#233;e par Deryck Cooke). S&#228;chsische Staatskapelle Dresden, dir. Daniele Gatti. Philharmonie de Paris, 2 novembre 2026.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pocahontas, version Le Musical</title>
		<link>https://www.webtheatre.fr/Pocahontas-version-Le-Musical</link>
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		<dc:date>2026-11-02T09:18:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Robert</dc:creator>


		<dc:subject>Jeune Public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De plus en plus, les th&#233;&#226;tres priv&#233;s investissent le cr&#233;neau du jeune public, car cela leur permet de mieux amortir leur salle. Et force est de constater qu'ils y mettent les moyens. c'est le cas une fois de plus de Pocahontas Le Musical au Th&#233;&#226;tre Gait&#233; Rive Gauche, avec pas moins de 5 com&#233;diens et 1 musicien multiinstrumentiste sur sc&#232;ne. La sc&#233;nographie est inventive avec notamment des vid&#233;os immersives qui embarquent le jeune public, notamment avec une fuite en barque &#224; travers les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/pocahontas-dde4e.jpg?1793611310' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus, les th&#233;&#226;tres priv&#233;s investissent le cr&#233;neau du jeune public, car cela leur permet de mieux amortir leur salle. Et force est de constater qu'ils y mettent les moyens. c'est le cas une fois de plus de Pocahontas Le Musical au Th&#233;&#226;tre Gait&#233; Rive Gauche, avec pas moins de 5 com&#233;diens et 1 musicien multiinstrumentiste sur sc&#232;ne. La sc&#233;nographie est inventive avec notamment des vid&#233;os immersives qui embarquent le jeune public, notamment avec une fuite en barque &#224; travers les rapides palpitante.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Une version tr&#232;s diff&#233;rente de celle de Disney&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les chansons sont originales, rien &#224; voir avec celles du film Disney, les chor&#233;graphies &#233;galement. Les costumes sont convaincants. Et le spectacle parvient &#224; relater une histoire complexe pour les petits, tout en d&#233;livrant un message compr&#233;hensible pour eux autour du respect de la nature, de l'acceptation de la diff&#233;rence de l'autre, mais aussi des m&#233;faits de la convoitise et de la soif de pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mission accomplie donc pour les fr&#232;res Safa qui ont eu le courage eux aussi de s'attaquer &#224; une l&#233;gende racont&#233;e avec succ&#232;s par Disney, tout en en faisant une version tr&#232;s diff&#233;rente. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un b&#233;mol&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un b&#233;mol toutefois : ce spectacle tombe dans un travers d&#233;sormais habituel, celui de proposer deux niveaux de lecture - un pour les enfants et un autre pour les parents - au risque de brouiller la compr&#233;hension des premiers, histoire d'offrir une bonne blague d&#233;cal&#233;e aux seconds. Rien de dramatique mais cela fait qu'un spectacle pr&#233;conis&#233; &#224; partir de 5 ans, touche mieux sa cible lorsque l'on en a d&#233;j&#224; 7 ou 8.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et un regret : l'h&#233;ro&#239;ne Pocahontas, alias Meva Andria, force un peu sa voix et ne nous &#233;pargne pas quelques fausset&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant personne ne s'ennuie et tout le monde sort incontestablement avec la banane, d'autant que les deux animateurs Cuisse de grenouille et Juste crapaud savent incontestablement interargir avec les enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que le temps ? Livre XI de saint Augustin</title>
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		<dc:date>2026-10-29T13:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Denailles</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>A l'affiche</dc:subject>
		<dc:subject>Theater</dc:subject>
		<dc:subject>4</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le temps ?, voil&#224; une question vertigineuse explor&#233;e par le philosophe et th&#233;ologien Augustin d'Ippone au IVe si&#232;cle dans le livre XI des Confessions. On fait l'exp&#233;rience du temps comme monsieur Jourdain fait de la prose sans le savoir, &#224; ceci pr&#232;s que l'on sait d&#233;finir la prose. Comme nous tous, saint Augustin croit savoir ce qu'est le temps, tant cette notion est inh&#233;rente &#224; nos vies, mais, d&#232;s qu'on lui demande de l'expliquer, alors il ne le sait plus. On &#233;prouve le temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/le-temps-062-c-sebastien-toubon_ok_-1f9e1.jpg?1757680198' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que le temps ?, voil&#224; une question vertigineuse explor&#233;e par le philosophe et th&#233;ologien Augustin d'Ippone au IVe si&#232;cle dans le livre XI des &lt;i&gt;Confessions&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On fait l'exp&#233;rience du temps comme monsieur Jourdain fait de la prose sans le savoir, &#224; ceci pr&#232;s que l'on sait d&#233;finir la prose. Comme nous tous, saint Augustin croit savoir ce qu'est le temps, tant cette notion est inh&#233;rente &#224; nos vies, mais, d&#232;s qu'on lui demande de l'expliquer, alors il ne le sait plus. On &#233;prouve le temps, mais on ne peut le d&#233;finir, car ce serait &#234;tre capable d'en exprimer ses limites, ses contours, or le temps n'en a pas, il &#233;chappe &#224; l'analyse philosophique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous savons bien que le pr&#233;sent n'existe pas puisque, aussit&#244;t l&#224;, il dispara&#238;t dans le pass&#233; qui lui-m&#234;me n'est plus, sinon dans notre m&#233;moire. Pass&#233;, pr&#233;sent, futur n'existent que dans nos esprits &#224; travers la m&#233;moire (le pass&#233;), la perception (le pr&#233;sent) et l'attente (le futur). Pour Gaston Bachelard &#171; Le paradoxe initial que met en avant saint Augustin est le fait de se demander comment le temps peut-il &#234;tre alors que le pass&#233; n'est plus et le devenir n'est pas encore &#187;. Saint Augustin envisage alors qu'on pourrait parler de trois pr&#233;sents, celui du pass&#233; dont on se souvient, celui du pr&#233;sent tel qu'on le per&#231;oit et celui de l'avenir tel qu'on l'imagine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre incapacit&#233; &#224; concevoir le temps en soi explique notre impuissance &#224; concevoir la notion d'&#233;ternit&#233;. &#192; la question &#171; que faisait Dieu avant la cr&#233;ation ? &#187;, le philosophe r&#233;pond qu'il n'y a pas d'avant puisque Dieu est de toute &#233;ternit&#233;. Impuissance joliment &#233;pingl&#233;e par Woody Allen quand il dit &#171; L'&#233;ternit&#233; c'est long, surtout &#224; la fin &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le metteur en sc&#232;ne et philosophe Denis Gu&#233;noun r&#233;ussit le pari audacieux de repr&#233;senter un discours philosophico-th&#233;ologique. Il fonde le spectacle sur le corps, celui de l'acteur et celui du texte, donnant ainsi corps &#224; l'abstraction de la pens&#233;e &#224; travers la rythmicit&#233; de la parole, les modulations de la voix et des mouvements, la musique qui a partie li&#233;e avec le temps, et les silences qui sont encore du temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un espace vide et noir, le com&#233;dien fait vibrer la pens&#233;e de saint Augustin. Il s'adresse &#224; Dieu, &#224; lui-m&#234;me, interpelle les spectateurs. Anim&#233; par une curiosit&#233; fervente, il interroge, s'emballe, s'emporte, se d&#233;bat dans cette impossible r&#233;flexion qui pourrait rendre fou &#224; force d'&#233;chapper &#224; la raison. On parle souvent de l'intensit&#233; du regard du com&#233;dien tant il est vrai qu'il nous saisit et nous invite &#224; cheminer &#224; ses c&#244;t&#233;s dans cette aventure de l'esprit extraordinairement moderne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Stanislas Roquette est un familier des spectacles seul en sc&#232;ne o&#249; il excelle. On se souvient de son interpr&#233;tation fervente d'&lt;i&gt;Ode maritime&lt;/i&gt; de Fernando Pessoa (webtheatre, 14 juillet 2017) . Actuellement en tourn&#233;e, son spectacle &lt;i&gt; insuline et magnolia&lt;/i&gt; (webtheatre 3 f&#233;vrier 2023). Le com&#233;dien se fait souvent passeur de culture, &#233;veilleur de conscience et de curiosit&#233;. Parions qu'&#224; la sortie du spectacle, certains se pr&#233;cipiteront chez leur libraire pour lire les treize volumes des &lt;i&gt;Confessions&lt;/i&gt; de saint Augustin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir l'article de Gilles Costaz du 8 janvier 2014 &#224; l'occasion des repr&#233;sentations donn&#233;es au th&#233;&#226;tre de Chaillot. Le spectacle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; &#224; Branques en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Qu'est-ce que le temps ?&lt;/i&gt; Livre XI des Confessions de Saint Augustin. Traduction Fr&#233;d&#233;ric Boyer (P.O.L, 2008. Mise en sc&#232;ne Denis Gu&#233;noun. Avec Stanislas Roquette. Lumi&#232;re, Genevi&#232;ve Soubirou. Musique Franz Schubert, &lt;i&gt;An Den Mond&lt;/i&gt; (D193). &#192; Paris, au Poche-Montparnasse, mardi, mercredi et jeudi &#224; 19h&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.theatredepoche-montparnasse.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.theatredepoche-montparnasse.com&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo S&#233;bastien Toubon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les beaux fruits de Jean-Bernard Pommier</title>
		<link>https://www.webtheatre.fr/Les-beaux-fruits-de-Jean-Bernard-Pommier</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Wasselin</dc:creator>


		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Music</dc:subject>
		<dc:subject>4</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'AUTOMNE EST LA SAISON ID&#201;ALE pour se rendre &#224; B&#233;ziers, plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; Cazouls-les-B&#233;ziers, petite ville de l'H&#233;rault travers&#233;e par l'Orb, o&#249; a lieu chaque ann&#233;e, depuis 2011, un festival de musique baptis&#233; &#171; Piano Prestige &#187;. L'id&#233;e en est venue au pianiste et chef d'orchestre Jean-Bernard Pommier, qui a &#233;t&#233; s&#233;duit par la beaut&#233; de l'&#233;glise Saint-Saturnin de Cazouls et l'intimit&#233; qu'elle permet, laquelle &#233;glise accueille l'essentiel des concerts du festival. Jean-Bernard Pommier a par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/jean-bernard-pommier-52a04.jpg?1792945970' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'AUTOMNE EST LA SAISON ID&#201;ALE&lt;/strong&gt; pour se rendre &#224; B&#233;ziers, plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; Cazouls-les-B&#233;ziers, petite ville de l'H&#233;rault travers&#233;e par l'Orb, o&#249; a lieu chaque ann&#233;e, depuis 2011, un festival de musique baptis&#233; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.festivalpianoprestige.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Piano Prestige&lt;/a&gt; &#187;. L'id&#233;e en est venue au pianiste et chef d'orchestre Jean-Bernard Pommier, qui a &#233;t&#233; s&#233;duit par la beaut&#233; de l'&#233;glise Saint-Saturnin de Cazouls et l'intimit&#233; qu'elle permet, laquelle &#233;glise accueille l'essentiel des concerts du festival. Jean-Bernard Pommier a par ailleurs trouv&#233; en la &lt;a href=&#034;https://fddreneportes.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fondation Ren&#233; Portes&lt;/a&gt;, dont la mission est de restaurer des pianos historiques (trente-six l'ont &#233;t&#233; au cours des treize derni&#232;res ann&#233;es), un partenaire essentiel ; Christian Portes, &#224; la t&#234;te de la fondation, envisage de cr&#233;er &#224; l'avenir un concours qui porterait le nom de Jean-Bernard Pommier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1944 &#224; B&#233;ziers, Jean-Bernard Pommier, s'est &#233;teint le 23 avril dernier &#224; Boujan-sur-Libron, &#224; quelques kilom&#232;tres de Cazouls. C'est tout naturellement que la r&#233;cente &#233;dition du festival lui &#233;tait d&#233;di&#233;e, et tout naturellement que le dernier des quatre concerts inscrits au programme a permis d'entendre le &lt;i&gt;Requiem&lt;/i&gt; de Mozart, &#339;uvre de deuil et de consolation, avec la participation de l'Ensemble international Musik&#232;. Il faut rappeler ici que Jean-Bernard Pommier &#233;tait aussi un p&#233;dagogue hors-pair : c'est ainsi que l'Ensemble international Musik&#232;, qu'il a fond&#233;, r&#233;unit trente-sept jeunes musiciens d'une vingtaine de nationalit&#233;s, emmen&#233;s par Rodrigo Gomes, premier violon solo depuis les d&#233;buts du festival.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Venus de partout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enti&#232;rement consacr&#233;e &#224; Mozart, la soir&#233;e du 22 octobre avait commenc&#233; par le &lt;i&gt;Troisi&#232;me Concerto pour violon&lt;/i&gt; jou&#233; avec un m&#233;lange d'&#233;nergie et de tendresse par Olga Martinova, violoniste n&#233;e &#224; L&#233;ningrad (devenue Saint-P&#233;tersbourg) qui a choisi l'Occident d&#232;s 1979 et est elle-m&#234;me p&#233;dagogue au sein, notamment, de l'Acad&#233;mie Musik&#232;. Pour interpr&#233;ter le &lt;i&gt;Requiem&lt;/i&gt;, le festival avait invit&#233; le Cor de cambra Amalthea, que dirige Marta M&#225;rmol Garc&#237;a : une formation venue de Valence dont on a pu go&#251;ter aussi bien la vaillance que la d&#233;licatesse, et une mani&#232;re de r&#233;pondre aux nuances exig&#233;es par le chef Ibrahim Yazici, qui a su faire de l'orchestre et du ch&#339;ur un seul et m&#234;me ensemble d'une belle homog&#233;n&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L500xH381/858117055_10166465890598475_6267235301817298012_n_1_-6a244.jpg?1792945970' width='500' height='381' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Familier du festival, Ibrahim Yazici est lui aussi pianiste et chef d'orchestre. Dans la petite allocution qu'il a faite avant de diriger le &lt;i&gt;Requiem&lt;/i&gt;, il s'est humblement situ&#233; dans la position de S&#252;ssmayer, l'&#233;l&#232;ve et le disciple de Mozart, face &#224; son ma&#238;tre Jean-Bernard Pommier ; et c'est tr&#232;s logiquement qu'il a choisi la version achev&#233;e par S&#252;ssmayer du &lt;i&gt;Requiem&lt;/i&gt;, celle qu'on entend le plus r&#233;guli&#232;rement au fil des concerts. Form&#233; au Conservatoire d'Ankara puis au Conservatoire de Perpignan, Ibrahim Yazici est aujourd'hui directeur musical de l'Op&#233;ra d'Istanbul o&#249; il dirigera notamment, en avril prochain, l'op&#233;ra &lt;i&gt;Gilgamesh&lt;/i&gt; d'Ahmed Adnan Saygun. &#192; l'occasion du &lt;i&gt;Requiem&lt;/i&gt; de Cazouls-les-B&#233;ziers, il joue la carte de la tension musicale : les tempos sont soutenus, le &#171; Dies irae &#187; est encha&#238;n&#233; au &#171; Kyrie &#187;, un silence en revanche est m&#233;nag&#233; avant le &#171; Tuba mirum &#187; afin de laisser en suspens la sauvagerie qui pr&#233;c&#232;de. Ibrahim Yazici avait choisi d'installer les quatre solistes entre le ch&#339;ur et l'orchestre et non pas &#224; l'avant-sc&#232;ne : d&#233;cision judicieuse en raison de l'acoustique &#233;tonnamment favorable et peu r&#233;verb&#233;rante de l'&#233;glise Saint-Saturnin. On a ainsi pu go&#251;ter les qualit&#233;s propres des quatre chanteurs venus eux aussi de tous les horizons : le temp&#233;rament lyrique et la voix fruit&#233;e d'Anne Rodier, le timbre sombre de Deniz Uzun, la clart&#233; d'Alvaro Zambrano, la robustesse d'Ivan Zinoviev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fondateur n'est plus, mais le festival imagin&#233; par Jean-Bernard Pommier continue : le programme sera d&#233;sormais conjointement imagin&#233; par Olga Martinova et Ineke Hellingman (qui conjugue les qualit&#233;s d'organisatrice, mais aussi de pianiste et chef d'orchestre), lesquelles nous convaincront une fois de plus que le monde entier, au mois d'octobre, a rendez-vous &#224; Cazouls-les B&#233;ziers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Illustrations : Jean-Bernard Pommier ; l'ensemble des ex&#233;cutants &#224; l'issue du Requiem de Mozart (photos dr)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mozart : &lt;i&gt;Concerto pour violon et orchestre n&#176; 3 - Requiem&lt;/i&gt;. Olga Martinova, violon. Anne Rodier, soprano ; Deniz Uzun, mezzo-soprano ; Alvaro Zambrano, t&#233;nor ; Ivan Zinoviev, basse ; Cor de cambra Amalthea (dir. Marta M&#225;rmol Garc&#237;a), Ensemble international Musik&#232;, dir. Ibrahim Yazici. Cazouls-les-B&#233;ziers, &#233;glise Saint-Saturnin, 22 octobre 2026.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retour bienvenu de la symphonie dramatique de Berlioz &#224; l'Orchestre de Paris</title>
		<link>https://www.webtheatre.fr/Retour-bienvenu-de-la-symphonie-dramatique-de-Berlioz-a-l-Orchestre-de-Paris</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.webtheatre.fr/Retour-bienvenu-de-la-symphonie-dramatique-de-Berlioz-a-l-Orchestre-de-Paris</guid>
		<dc:date>2026-10-23T17:57:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Ren&#233; Serna</dc:creator>


		<dc:subject>Op&#233;ra &amp; Classique</dc:subject>
		<dc:subject>Music</dc:subject>
		<dc:subject>3</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;DANS LE CADRE DES 50 ANS DU CH&#338;UR de l'Orchestre de Paris (fond&#233; en septembre 1976), Rom&#233;o et Juliette de Berlioz revient opportun&#233;ment &#224; la Philharmonie de Paris. L'&#339;uvre appartient bien au r&#233;pertoire du ch&#339;ur et de son orchestre, donn&#233;e &#224; diff&#233;rentes reprises pr&#233;c&#233;demment (sous les directions de Daniel Barenboim &#224; trois reprises, de Serge Baudo et de John Nelson). Le ch&#339;ur et son orchestre s'&#233;taient aussi distingu&#233;s dans nombre d'autres pages de Berlioz &#233;galement enregistr&#233;es (ainsi le Te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.webtheatre.fr/+-mot1020-+" rel="tag"&gt;3&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH98/william_beaucardet_oui-3bffa.jpg?1792778464' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DANS LE CADRE DES 50 ANS DU CH&#338;UR&lt;/strong&gt; de l'Orchestre de Paris (fond&#233; en septembre 1976), &lt;i&gt;Rom&#233;o et Juliette&lt;/i&gt; de Berlioz revient opportun&#233;ment &#224; la Philharmonie de Paris. L'&#339;uvre appartient bien au r&#233;pertoire du ch&#339;ur et de son orchestre, donn&#233;e &#224; diff&#233;rentes reprises pr&#233;c&#233;demment (sous les directions de Daniel Barenboim &#224; trois reprises, de Serge Baudo et de John Nelson). Le ch&#339;ur et son orchestre s'&#233;taient aussi distingu&#233;s dans nombre d'autres pages de Berlioz &#233;galement enregistr&#233;es (ainsi le &lt;i&gt;Te Deum&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Requiem&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Damnation de Faust&lt;/i&gt;, l'op&#233;ra-comique &lt;i&gt;B&#233;atrice et B&#233;n&#233;dict&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Enfance du Christ&lt;/i&gt;, mais aussi des pi&#232;ces chorales comme &lt;i&gt;Tristia&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Cinq mai&lt;/i&gt;). C'est donc un compositeur tr&#232;s &#224; son office pour cette phalange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mots sur &lt;i&gt;Rom&#233;o et Juliette&lt;/i&gt; de Berlioz. Il s'agit d'une &#339;uvre de concert d'une grande originalit&#233;, alliance in&#233;dite et quasiment jamais r&#233;&#233;dit&#233;e, du r&#233;cit, ou du drame, et de l'abstraction, ou la symphonie, en sept mouvements d'une magnifique inspiration musicale (sur le sujet du drame de Shakespeare). Berlioz pr&#233;cise dans son Avant-propos destin&#233; au public : &#171; Ce n'est ni un op&#233;ra de concert, ni une cantate, mais une symphonie avec ch&#339;urs. &#187; Cr&#233;&#233;e en 1839 dans la salle du Conservatoire de Paris sous la direction du compositeur, elle connut d'embl&#233;e le succ&#232;s pour ensuite se perp&#233;tuer et &#234;tre port&#233;e par diff&#233;rents compositeurs suivants (dont Mahler). Wagner, qui assista &#224; l'une des premi&#232;res ex&#233;cutions, s'&#233;tait manifest&#233; &#233;bloui, au point qu'il qualifiera Berlioz de &#171; r&#233;dempteur de notre monde de la musique &#187; (que &#171; nous devons honorer &#187; ajoute-t-il), qu'il lui d&#233;diera sa partition de &lt;i&gt;Tristan et Isolde&lt;/i&gt; (&#171; Au cher et grand auteur de &lt;i&gt;Rom&#233;o et Juliette&lt;/i&gt;, l'auteur reconnaissant de &lt;i&gt;Tristan et Iseult&lt;/i&gt; &#187;) et r&#233;utilisera certains th&#232;mes de la symphonie dans &lt;i&gt;Tristan&lt;/i&gt; (dont la phase initiale du pr&#233;lude reprise de la phrase lyrique de la &#171; Sc&#232;ne d'amour &#187; de &lt;i&gt;Rom&#233;o&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien enlev&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vaste Salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, la symphonie attaque d'embl&#233;e ardemment, sous la direction vive de Klaus M&#228;kel&#228; (actuel directeur musical de l'orchestre). Les mouvements, d'une texture tant vari&#233;e, se succ&#232;dent sans faillir. L'orchestre (dans sa r&#233;partition circonstanci&#233;e d'&#233;poque XIXe si&#232;cle, premiers violons et seconds violons r&#233;partis de part et d'autre, avec contrebasses en second plan) d&#233;ploie une sonorit&#233; adapt&#233;e, des moments d'intensit&#233; aux passages en d&#233;licatesses (bien que parfois quelque peu impr&#233;cis). Le ch&#339;ur intervient tout &#224; fait en phase, distribu&#233; en petit effectif puis en large ensemble. Quant aux solistes vocaux, eux aussi se r&#233;v&#232;lent bien en situation. Si ce n'est que Jean Teitgen, basse de juste et bon renom, souffre d'une m&#233;forme vocale due apparemment &#224; une laryngite, qui lui vaut un manque d'&#233;clat dans son grand aria final assorti de quelques transpositions (au point que pour le second concert donn&#233; le lendemain, nous avons &#233;t&#233; inform&#233;s qu'il a &#233;t&#233; remplac&#233; par Christopher Maltman de meilleur aloi semble-t-il). Alors que la mezzo Marianne Crebassa distille ses strophes initiales d'une belle voix pleine et d'une parfaite diction. Il en est de m&#234;me du solide t&#233;nor Julien Henric pour son subtil &#171; Scherzetto de la Reine Mab &#187;. Et le tout s'ensuit bien enlev&#233;. Dans l'immense auditorium, un public au comble (des 2 400 places) et tr&#232;s attentif, r&#233;servera au finale un triomphe enthousiaste des mieux m&#233;rit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Illustration : photo William Beaucardet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hector Berlioz : &lt;i&gt;Rom&#233;o et Juliette&lt;/i&gt;. Avec Marianne Crebassa (mezzo), Julien Henric (t&#233;nor) et Jean Teitgen (basse). Ch&#339;ur et Orchestre de Paris, dir. Klaus M&#228;kel&#228;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, 21 octobre 2026.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ruy Blas de Victor Hugo, mise en sc&#232;ne Julie Duclos, avec la troupe de la Com&#233;die-Fran&#231;aise.</title>
		<link>https://www.webtheatre.fr/Ruy-Blas-de-Victor-Hugo-mise-en-scene-Julie-Duclos-avec-la-troupe-de-la-Comedie</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Hotte</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>A l'affiche</dc:subject>
		<dc:subject>Theater</dc:subject>
		<dc:subject>4</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A la cour d'Espagne, sous le r&#232;gne finissant de Charles II en 1699, Don Salluste oblige son valet &#224; se faire passer pour un noble. Cet enfant du peuple se hisse jusqu'aux sph&#232;res &#233;lev&#233;es du pouvoir et traduit une grandeur d'homme d'Etat/Royaume insoup&#231;onn&#233;e, ce qui suscite l'admiration de la Reine, dont il est &#233;pris. Or, Ruy Blas, instrument d'une vengeance priv&#233;e, est vou&#233; &#224; une chute in&#233;luctable qui signe en m&#234;me temps sa valeur morale existentielle. Le temps de la pi&#232;ce correspond (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH93/ruy_blas_c_christophe_raynaud_de_lage_coll._come_die-franc_aise_2_1_-9e2d1.jpg?1792414277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la cour d'Espagne, sous le r&#232;gne finissant de Charles II en 1699, Don Salluste oblige son valet &#224; se faire passer pour un noble. Cet enfant du peuple se hisse jusqu'aux sph&#232;res &#233;lev&#233;es du pouvoir et traduit une grandeur d'homme d'Etat/Royaume insoup&#231;onn&#233;e, ce qui suscite l'admiration de la Reine, dont il est &#233;pris. Or, Ruy Blas, instrument d'une vengeance priv&#233;e, est vou&#233; &#224; une chute in&#233;luctable qui signe en m&#234;me temps sa valeur morale existentielle. Le temps de la pi&#232;ce correspond particuli&#232;rement, sous l'oeil aiguis&#233; de la metteuse en sc&#232;ne Julie Duclos, &#224; celui de notre &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup comment&#233; la force de cette pi&#232;ce de jeunesse &lt;i&gt;Ruy Blas&lt;/i&gt; (1838) de Victor Hugo - un m&#233;lange de path&#233;tique et de com&#233;die pour un duel entre h&#233;ros &#224; caract&#232;re (Ruy Blas) et tra&#238;tre distingu&#233; (Don Salluste), avec l'amour in&#233;dit d'un valet pour une reine, lors d'une intrigue subtile tant philosophique que dramatique et humaine, dans une vari&#233;t&#233; m&#234;l&#233;e de tons et de situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont au rendez-vous d'abord le go&#251;t de l'intrigue chez Salluste, noble perverti qui ne pense qu'&#224; ses biens et non au Royaume - Thierry Hancisse a la rage &#233;go&#239;ste et la verve attendue d'un grand seigneur m&#233;chant homme. Succ&#232;dent l'&#233;l&#233;gie et l'idylle quand la Reine d'Espagne - l'&#233;l&#233;gante et sensible Morgane Real - privil&#233;gie ses nobles attentions humanistes. Puis, la politique et la satire r&#233;v&#232;lent Ruy Blas &#224; ses projets sociaux - St&#233;phane Varupenne est un beau r&#234;veur attachant, &#224; la fois humble, rigoureux et tenace. Ensuite, s'invite la fantaisie avec Don C&#233;sar de Bazan, aristocrate ruin&#233; qui n'a cure des jeux de pouvoir et cultive une vie libre - S&#233;bastien Pouderoux, guitariste, chanteur et provocateur est fac&#233;tieux. L'enchanteur et bouffon Don C&#233;sar de Bazan et le po&#232;te r&#233;formateur et amant Ruy Blas composeraient le portrait d&#233;doubl&#233; de Victor Hugo. A la fin, la crise dramatique &#233;clate entre Don Salluste et Ruy Blas, le premier &#233;tant Le Tigre vengeur qui abuse de son pouvoir et le second Le Lion justicier ; or, Ruy Blas a aussi la capacit&#233; de repr&#233;senter tour &#224; tour les deux b&#234;tes. C'est un drame un peu &#171; conte de f&#233;es &#187; : le h&#233;ros est &#171; un coeur de prince sous une livr&#233;e &#187;, alors que le Reine porte un coeur de femme malgr&#233; la couronne. &#187; Et n'oublions pas la dimension comique de Laurent Stocker en Don Guritan, amoureux fou et transi, &#224; la gestuelle inventive, ridicule et grotesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, Hugo a l'art de brosser le tableau du peuple qui s'&#233;veille : &#171; &#8230; on voit remuer dans l'ombre quelque chose de grand, de sombre et d'inconnu. C'est le peuple qui a l'avenir mais pas le pr&#233;sent ; le peuple orphelin, pauvre, intelligent et fort ; plac&#233; tr&#232;s bas et aspirant tr&#232;s haut&#8230; &#187; ( &lt;i&gt;Victor Hugo,&lt;/i&gt; J-B Barr&#232;re, Connaissance des Lettres, Hatier.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la premi&#232;re de Ruy Blas dans la Salle Richelieu au parquet r&#233;nov&#233; de La Com&#233;die-Fran&#231;aise, fait entendre dans sa belle r&#233;sonance le fameux monologue de Ruy Blas face aux ministres, nobles f&#233;odaux ou intrigants, courtisans frivoles et cruels qui se partagent les b&#233;n&#233;fices du Royaume. On vient d'entendre dans la salle du gouvernement le Marquis de Santa Cruz (Serge Bagdassarian percutant), qui aimerait s'octroyer le Gro&#235;nland : rires du public qui reconna&#238;t imm&#233;diatement des m&#233;thodes hasardeuses trumpiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours &#224; la sc&#232;ne 2 de l'Acte III avec le fameux &#171; Bon app&#233;tit ! Messieurs ! &#187; qui fustige l'&#233;go&#239;sme des grands, inaptes &#224; concevoir l'int&#233;r&#234;t public, est remplac&#233; par une lettre ouverte de Victor Hugo datant de 1876. Le morceau embl&#233;matique a le bonheur de r&#233;actualiser encore la situation de nos temps imm&#233;diats, une prise de parole qui r&#233;sonne avec notre monde. Ce discours historique d&#233;nonce l'aveuglement des nations face aux guerres en cours et l'urgence &#224; l'union des Etats, pour fonder les Nations unies d'Europe, raconte Julie Duclos, soit un hommage &#224; l'homme politique, &#224; sa long&#233;vit&#233; et &#224; son engagement. St&#233;phane Varupenne dans le r&#244;le-titre est une figure romanesque id&#233;alis&#233;e qui convainc par sa d&#233;termination : le public le r&#233;compense d'ailleurs &#224; cet endroit d'une salve fournie d'applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise en valeur par la sc&#233;nographie &#233;pur&#233;e - bois et b&#233;ton - de Matthieu Sampeur et les costumes de ville ann&#233;es 1960/70 - distinction et raffinement - de Caroline Tavernier, la f&#234;te sc&#233;nique de la Troupe de la Com&#233;die-Fran&#231;aise bat son plein avec Sylvia Berg&#233;, Alain Lenglet, Bakary Sangar&#233;, Gilles David, Dani&#232;le Lebrun, Noam Morgensztern, Yoann Gasiorowski, Sefa Yeboah, Jordan Rezgui, Charlie Fabert, Myrthe Vermeulen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on quitte la Salle Richelieu en ce samedi 17 octobre 2026 &#224; 23h30 apr&#232;s les applaudissements, dans un enthousiasme heureux, on est tout &#233;tonn&#233;e de se retrouver, faute de m&#233;tro, dans la rue de Rivoli, marchant entre touristes, promeneurs, badauds, casseurs et/ou pilleurs, et compagnies de CRS. Qu'auraient dit Ruy Blas et Victor Hugo ? Des paroles bruissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ruy Blas&lt;/i&gt; de Victor Hugo, mise en sc&#232;ne Julie Duclos, avec la troupe de la Com&#233;die-Fran&#231;aise Thierry Hancisse, Sylvia Berg&#233;, Alain Lenglet, Laurent Stocker, Serge Bagdassarian, Bakary Sangar&#233;, Gilles David, St&#233;phane Varupenne, S&#233;bastien Pouderoux, Dani&#232;le Lebrun, Noam Morgensztern, Yoann Gasiorowski, Sefa Yeboah, Jordan Rezgui, Morgane Real, Charlie Fabert, Myrthe Vermeulen, et Catherine Andr&#233;a, Philippe Bertrand, Catherine Pepinster, Marta Zollet. Sc&#233;nographie Matthieu Sampeur, costumes Caroline Tavernier, lumi&#232;re Dominique Brugui&#232;re, son Samuel Chabert. Du 15 octobre 2026 au 27 janvier 2027 du lundi au dimanche &#224; 14h ou &#224; 20h30, en alternance, Salle Richelieu de La Com&#233;die Fran&#231;aise, Place Colette 75001 - Paris.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;dit photo : Christophe Raynaud de Lage, coll. Com&#233;die-Fran&#231;aise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Trio doux-dingue</title>
		<link>https://www.webtheatre.fr/Trio-doux-dingue</link>
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		<dc:date>2026-10-17T15:18:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Tinazzi</dc:creator>


		<dc:subject>Danse</dc:subject>
		<dc:subject>3</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;DANSE HIP HOP, CIRQUE, MIME, BURLESQUE, th&#233;&#226;tre de l'absurde&#8230; tous ces genres se m&#233;langent joyeusement dans le dernier spectacle donn&#233; pour une quinzaine &#224; la Scala par Kader Attou. Le danseur et chor&#233;graphe, cr&#233;ateur de la compagnie Accrorap, install&#233;e &#224; la Friche Belle de Mai &#224; Marseille, milite de longue date pour un hip hop d'auteur avec des grandes formations. Il revient cette fois &#224; une forme plus l&#233;g&#232;re : avec trois danseurs pour cette pi&#232;ce d'un autre type, dr&#244;le, po&#233;tique et tr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH98/bonbon_photoun_petit_pas_de_trop_kader_attou-68e04.png?1792250375' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DANSE HIP HOP, CIRQUE, MIME, BURLESQUE&lt;/strong&gt;, th&#233;&#226;tre de l'absurde&#8230; tous ces genres se m&#233;langent joyeusement dans le dernier spectacle donn&#233; pour une quinzaine &#224; la Scala par Kader Attou. Le danseur et chor&#233;graphe, cr&#233;ateur de la compagnie Accrorap, install&#233;e &#224; la Friche Belle de Mai &#224; Marseille, milite de longue date pour un hip hop d'auteur avec des grandes formations. Il revient cette fois &#224; une forme plus l&#233;g&#232;re : avec trois danseurs pour cette pi&#232;ce d'un autre type, dr&#244;le, po&#233;tique et tr&#232;s pens&#233;e (voire c&#233;r&#233;brale) sous ses allures improvis&#233;es. Comme son titre l'indique, &lt;i&gt;Un petit pas de trop&lt;/i&gt;, est toujours au-del&#224; d'une limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Limite de quoi, c'est toute la question ? Premi&#232;re hypoth&#232;se possible : &#224; la limite de l'&#233;quilibre. En effet de toutes les sayn&#232;tes qui s'&#233;gr&#232;nent en chapelet avec fluidit&#233; pendant un peu plus d'une heure, bon nombre consistent pour l'un des trois interpr&#232;tes en jeu (ou les trois ensemble) &#224; &#233;viter de justesse de tomber. La sc&#232;ne de la Scala &#233;tant divis&#233;e en deux plateaux avec mezzanine, sans rampe ni garde-fou bien s&#251;r, les occasions de chutes dans l'escalier ou dans le vide ne manquent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me hypoth&#232;se : &#224; la limite du r&#233;el. La pi&#232;ce s'ouvre (et se referme) sur un &#233;crivain qui au fond de son sous-sol sombre couvre d'&#233;critures un vieux livre en se servant de sa plus belle plume &#224; l'ancienne, termin&#233;e par un beau panache blanc. Il &#233;crit quelque chose en marmonnant des propos incompr&#233;hensibles. De quoi s'agit-il ? Myst&#232;re. Des bribes de musiques classiques, d'airs d'op&#233;ra se font entendre ouvrant une piste : il s'agit de l'&#233;vocation de souvenirs ou du r&#233;cit d'un songe. Et l'&#233;crivain de se mettre en branle remontant par l'escalier de la mezzanine et celui de la m&#233;moire et en chutant &#224; chaque pas. On aurait donc affaire au &#171; murmure des songes &#187; pour reprendre le titre d'une de ses cr&#233;ations pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; l'autre bout du spectacle, la s&#233;quence finale vient &#233;clairer le propos d'une autre mani&#232;re : la plume se met &#224; &#233;chapper aux mains de l'&#233;crivain et &#224; courir toute seule &#224; son gr&#233; dans tous les sens de l'espace. Au passage, on remarque l'habilit&#233; de Kader Attou &#224; incarner les m&#233;taphores de la m&#233;moire qui se remonte et de la plume qui court toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me et derni&#232;re hypoth&#232;se dans cette liste non exhaustive : &#224; la limite de la coh&#233;sion entre les trois acteurs-danseurs-acrobates. Certes le spectacle requiert une synchronisation parfaite des faits et gestes de chacun, qu'il s'agisse d'entrer/sortir simultan&#233;ment des nombreuses portes et fen&#234;tres factices, certaines de guingois comme dans les tableaux surr&#233;alistes qui peuplent la sc&#232;ne ou de monter/descendre les escaliers. Il n'en reste pas moins que chacun des trois le fait &#224; sa mani&#232;re propre, avec sa singularit&#233; : tr&#232;s concentr&#233; pour Kader Attou, lunaire ou d&#233;contract&#233; pour les deux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rences aux pi&#232;ces de Pina Bausch et au cin&#233;ma muet abondent, avec des citations et des films de Chaplin (&lt;i&gt;Le Dictateur&lt;/i&gt; notamment) ou des s&#233;quences de Slapstick fr&#233;n&#233;tiques. Le d&#233;j&#224;-vu, c'est un peu le point faible de ce spectacle qui par ailleurs en comporte beaucoup d'originaux et de forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Un petit pas de trop&lt;/i&gt;. Direction artistique et chor&#233;graphique Kader Attou. Interpr&#233;tation : R&#233;gis Truchy, Mansour Abdessadok, Kader Attou. Cr&#233;ation musicale et sonore : R&#233;gis Baillet (Diaphane). Lumi&#232;res : Fabrice Crouzet. Sc&#233;nographie : Olivier Borne. Paris, &lt;a href=&#034;https://lascala-paris.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Scala&lt;/a&gt;, jusqu'au 1er novembre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tourn&#233;e : 20 novembre / Maisons-Alfort, Les Th&#233;&#226;tres (94) ; 25 novembre / Bagneux, Th&#233;&#226;tre Victor Hugo (92) ; 11 et 12 d&#233;cembre / Al&#232;s, Sc&#232;ne nationale (30) ; 2027 : 14 et 15 janvier / Belgique, Charleroi, Palais des Beaux-Arts ; 18 janvier / Miramas, Tourn&#233;e Mosa&#239;que Arsud (13) ; 29 janvier/ Castres, Th&#233;&#226;tre municipal (81) ; 4 et 5 f&#233;vrier / La Trinit&#233;, La Stella (06). &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Murakami sied &#224; Decoufl&#233;</title>
		<link>https://www.webtheatre.fr/Murakami-sied-a-Decoufle</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Tinazzi</dc:creator>


		<dc:subject>Danse</dc:subject>
		<dc:subject>3</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PORTER &#192; LA SC&#200;NE UN ROMAN DE MURAKAMI est une vraie gageure. A fortiori quand il s'agit de l'&#339;uvre la plus &#233;nigmatique du g&#233;nial auteur japonais, o&#249; le fantastique toujours inattendu, tant&#244;t dr&#244;le tant&#244;t angoissant voire gore, surgit au d&#233;tour de chaque phrase. Philippe Decoufl&#233;, dont on conna&#238;t l'attirance pour le Japon, s'y est attel&#233; &#224; sa mani&#232;re gourmande et joyeuse, friande d'univers parall&#232;les et de m&#233;lange des genres entre danse, th&#233;&#226;tre, music-hall, op&#233;ra, mime, com&#233;die musicale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/photo_la_fin_des_temps_c_thomas_amouroux_12_-3a655.jpg?1792250377' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PORTER &#192; LA SC&#200;NE UN ROMAN DE MURAKAMI&lt;/strong&gt; est une vraie gageure. &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; quand il s'agit de l'&#339;uvre la plus &#233;nigmatique du g&#233;nial auteur japonais, o&#249; le fantastique toujours inattendu, tant&#244;t dr&#244;le tant&#244;t angoissant voire gore, surgit au d&#233;tour de chaque phrase. Philippe Decoufl&#233;, dont on conna&#238;t l'attirance pour le Japon, s'y est attel&#233; &#224; sa mani&#232;re gourmande et joyeuse, friande d'univers parall&#232;les et de m&#233;lange des genres entre danse, th&#233;&#226;tre, music-hall, op&#233;ra, mime, com&#233;die musicale, kabuki... Le tout dans une esth&#233;tique manga qui lui convient &#224; merveille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle que Decoufl&#233; qualifie &#171; d'op&#233;ra sans parole, de com&#233;die musicale sans chansons &#187; d&#233;roule sur deux heures trente (dont un entracte) les tribulations d'un &#171; h&#233;ros &#187; qu'on croit &#8211; mais on n'en est pas s&#251;r &#8211; pris entre deux mondes parall&#232;les, entre la vie r&#233;elle et ses propres r&#234;ves. Le chor&#233;graphe restitue la dualit&#233; du roman foisonnant de 700 pages, dont le titre, traduit de mani&#232;re simpliste par &lt;i&gt;La Fin des temps&lt;/i&gt; (Le Seuil, 1992), est en r&#233;alit&#233; &lt;i&gt;La Fin du monde et le Pays des merveilles sans piti&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence, le directeur de la Compagnie DCA, qui a acquis une renomm&#233;e internationale avec son d&#233;fil&#233; au Bicentenaire de la R&#233;volution fran&#231;aise (1989) et les c&#233;r&#233;monies d'ouverture et de cl&#244;ture des Jeux olympiques d'hiver de 1992 &#224; Albertville, a eu les honneurs d'une commande d'une agence gouvernementale japonaise. La pi&#232;ce, qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e au Tokyo Metropolitan Theatre en janvier dernier est pass&#233;e ensuite par Londres avant d'arriver en France pour six repr&#233;sentations seulement au Th&#233;&#226;tre du Ch&#226;telet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ping-pong verbal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel passage &#233;clair pour un spectacle d'une pareille envergure, disposant de moyens consid&#233;rables et mobilisant une troupe fournie d'acteurs, de danseurs et de musiciens, tous japonais ? Sans parler de l'&#233;quipe technique &#224; la man&#339;uvre pour les d&#233;cors, costumes, effets sp&#233;ciaux, vid&#233;os&#8230; C'est que la transposition &#224; la sc&#232;ne fran&#231;aise et &#224; l'esprit cart&#233;sien national s'av&#232;re plut&#244;t probl&#233;matique. L'&#233;cueil principal &#233;tant, comme on pouvait s'y attendre, la langue. Certes, le texte japonais tr&#232;s prolixe de Murakami est comme il se doit traduit dans les surtitres au-dessus et sur les c&#244;t&#233;s de la sc&#232;ne, mais les &#233;changes entre les innombrables personnages se succ&#232;dent &#224; un rythme infernal comme des parties de ping-pong verbal obligeant &#224; une gymnastique visuelle haut/bas tr&#232;s vite &#233;puisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On renonce donc rapidement &#224; la compr&#233;hension d'une intrigue (si intrigue il y a) qui de toute mani&#232;re &#233;chappe &#224; la rationalit&#233;. Et on s'abandonne au plaisir du spectacle, m&#234;me si on d&#233;plore un certain statisme de la part des acteurs et des num&#233;ros dans&#233;s trop rares et souvent plaqu&#233;s entre des &#233;pisodes du r&#233;cit sans que le rapport apparaisse &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, on salue l'habilit&#233; de Decoufl&#233; &#224; mettre en sc&#232;ne la dualit&#233; des deux mondes en question dans le roman. Avec &#224; chaque fois un code graphique sp&#233;cifique et une palette chromatique appropri&#233;e. On passe ainsi avec fluidit&#233; d'une myst&#233;rieuse cit&#233; peupl&#233;e de de licornes et de personnages sans ombre, cit&#233; close par de hautes murailles (amovibles en tissu) &#224; une technopole futuriste, inqui&#233;tante et pr&#233;monitoire (qui ressemble furieusement &#224; un Tokyo dystopique). D'apparence radicalement diff&#233;rents, les deux mondes finissent toutefois par pr&#233;senter des correspondances. Par exemple : un musical fameux fredonn&#233; des deux c&#244;t&#233;s, &#171; As time goes by &#187; qui fonctionne comme un charme au sens litt&#233;ral du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est dans l'incarnation et la caract&#233;risation des personnages que Decoufl&#233; se montre le plus inspir&#233;. &#192; commencer par les licornes, sorte de Bluebell Girls mont&#233;es sur &#233;chasses qui ondulent &#224; la mani&#232;re d'autruches &#233;chapp&#233;es de &lt;i&gt;Star Wars&lt;/i&gt;. D'autres figures aussi insolites qu'hilarantes, reviennent en boucle au fil du spectacle, tels les monstres du sous-sol, bien nomm&#233;s les &#171; t&#233;n&#233;brides &#187;, sortes de porcs-&#233;pics sur deux pattes agressifs et survolt&#233;s. Et aussi Pink, petite cochonne nymphomane toute de rose v&#234;tue, ou encore les deux gangsters, le maigre et le gros encastr&#233;s l'un dans l'autre, et ainsi de suite &#224; l'avenant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photos : Thomas Amouroux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La Fin des temps&lt;/i&gt;. Avec Tatsuya Fujiwara, Kanojo Misato Morita, Shuntaro Miyao, Miu Tomita, Kiita Komagine, Ryunosuke Shimamura, Haru Fujita, Shinya Matsuda, Narushi Ikeda. Danseurs : Moeko Uematsu, Yuuka Okamoto, Mizuki Tomioka, Junpei Hamada, Erika Hara, Miki Furusawa, Nana Horikawa, Reo Yamada, Yuya Yoshizaki, Rikubouz. Musiciens (en alternance) : Umitaro Abe, Mayu Gonto. Mise en sc&#232;ne et chor&#233;graphie : Philippe Decoufl&#233; ; adaptation : Ako Takahashi ; musique : Umitaro Abe ; sound design : Masahiro Inoue ; vsc&#233;nographie : K Ishihara ; lumi&#232;res : Yukiko Yoshimoto ; id&#233;o Taiki Ueda ; costumes : Ayako Maeda ; coiffures et maquillages : Naoki Kamada.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, &lt;a href=&#034;https://www.chatelet.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Th&#233;&#226;tre du Ch&#226;telet&lt;/a&gt;. Repr&#233;sentations suivantes : 18, 20, 21 octobre 2026. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un petit pas de trop, direction artistique et chor&#233;graphique Kader Attou.</title>
		<link>https://www.webtheatre.fr/Un-petit-pas-de-trop-direction-artistique-et-choregraphique-Kader-Attou</link>
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		<dc:date>2026-10-16T12:43:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Juzot</dc:creator>


		<dc:subject>A l'affiche</dc:subject>
		<dc:subject>Theater</dc:subject>
		<dc:subject>3</dc:subject>

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&lt;p&gt;Kader Attou explore avec justesse la relation &#233;troite qui lie deux langages du corps : la danse et le burlesque, Il parle d'une &#171; porosit&#233;, (o&#249;) le corps devient le th&#233;&#226;tre d'une dualit&#233; fascinante : l'&#233;l&#233;gance y c&#244;toie la d&#233;rision, la souplesse y rencontre la maladresse assum&#233;e. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait ajouter dans son petit pas de trop &#224; la danse et au burlesque, les arts du cirque, tr&#232;s pr&#233;sents dans le spectacle et qui marqu&#232;rent ses d&#233;buts de cr&#233;ateur. Les objets sont rares mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.webtheatre.fr/local/cache-vignettes/L96xH150/visuel-un-petit-pas-de-trop-3-2-f4bae.png?1792154739' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Kader Attou explore avec justesse la relation &#233;troite qui lie deux langages du corps : la danse et le burlesque, Il parle d'une &#171; porosit&#233;, (o&#249;) le corps devient le th&#233;&#226;tre d'une dualit&#233; fascinante : l'&#233;l&#233;gance y c&#244;toie la d&#233;rision, la souplesse y rencontre la maladresse assum&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait ajouter dans son petit pas de trop &#224; la danse et au burlesque, les arts du cirque, tr&#232;s pr&#233;sents dans le spectacle et qui marqu&#232;rent ses d&#233;buts de cr&#233;ateur. Les objets sont rares mais signifiants, valise et ballons. Le d&#233;cor se compose d'une table et trois chaises &#224; cour, et au centre d'une structure &#233;tag&#233;e avec deux escaliers, un jeu de portes en bas et en haut. Le tout agr&#233;ment&#233; d'un r&#233;verb&#232;re et d'un lustre. Autant d'&#233;l&#233;ments d'ambiance cin&#233;matographique, ann&#233;es vingt ou trente du si&#232;cle pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un terrain de jeu p&#233;rilleux pour les trois gaillards qui l'investissent. R&#233;gis Truchy, Mansour Abdessadok et Kader Attou reprennent les figures de la triade magique Harold Lloyd, Buster Keaton, Charlie Chaplin. Leurs costumes d&#233;pareill&#233;s, chapeaux dat&#233;s, rappellent ces silhouettes que tout un chacun a gard&#233; en m&#233;moire, des films vus dans l'enfance. Les sonorit&#233;s de R&#233;gis Baillet, z&#233;brures classiques ou &#233;lectro percussives , sont surtout domin&#233;es par un accord&#233;on populaire et nostalgique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gis Truchy et Mansour Abdessadok sont des r&#233;f&#233;rences du hip hop et le d&#233;montrent brillamment dans des solos ou des duos qui s'enchainent en exprimant ce petit pas de trop &#224; la limite du d&#233;s&#233;quilibre, fa&#231;on de revisiter aussi la pantomime. Kader Attou explore les figures du cirque du vide, du grand saut et de la peur de la chute . Num&#233;ro de voltige comique et acrobaties entre trois chaises et un lustre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plume d'oie est la synecdoque de la repr&#233;sentation, virevoltante , belle et aux usages multiples, elle peut &#234;tre une arme pour l'&#233;crivain, l'apanage des spectacles de cabaret, a&#233;rienne elle peut piquer au vif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;miniscences des grands classiques du burlesque apparaissent en filigrane : course poursuite et jeu de portes pour les cavalcades de Buster Keaton, mont&#233;e vers les cintres pour la fameuse sc&#232;ne o&#249; Harold LLyod est pendu &#224; l'horloge d'un gratte ciel. Charlie Chaplin est omnipr&#233;sent avec la valise de l'&#233;migrant ou un ballon g&#233;ant, tel celui du &lt;i&gt;Dictateur&lt;/i&gt; jouant avec un globe terrestre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les glissades et les empoignades sugg&#232;rent des sc&#232;nes embl&#233;matiques et r&#233;p&#233;titives de ces classiques mais sublim&#233;s par les arabesques des danseurs ou leur gestuelle m&#233;canique, une gamme compl&#232;te qui revisite l'art de la chute, du d&#233;s&#233;quilibre, du r&#233;tablissement p&#233;rilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois comp&#232;res se retrouvent autour de la table pour un ultime &#233;change silencieux, o&#249; l'exclusion du tiers se fait par la mimique et la posture comme une mise en abyme d' un ressort plus intime du burlesque, le rejet du h&#233;ros par la masse, les gens &#171; normaux &#187; . &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette po&#233;sie existentielle de la solitude impr&#232;gne &lt;i&gt;Un petit pas de trop&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Un petit pas de trop,&lt;/i&gt; direction artistique et chor&#233;graphique Kader Attou, cr&#233;ation musicale et sonore R&#233;gis Baillet (Diaphane), lumi&#232;res Fabrice Crouzet, sc&#233;nographie Olivier Borne Interpr&#233;tation R&#233;gis Truchy, Mansour Abdessadok, Kader Attou. Du 14 octobre au 1er novembre, mercredi au samedi 19h, dimanche 15h, La Scala Paris, 13 Boulevard de Strasbourg, 75010, Paris, T&#233;l 40 03 44 30, lascala-paris.fr 20 novembre 2026 / Maisons-Alfort, Les Th&#233;&#226;tres (94), 25 novembre / Bagneux, Th&#233;&#226;tre Victor Hugo (92), 11, 12 d&#233;cembre / Al&#232;s, Sc&#232;ne NaKonale (30), 14, 15 janvier 2027/ Belgique, Charleroi, Palais des Beaux-Arts, 18 janvier / Miramas, Tourn&#233;e Mosa&#239;que Arsud (13), 29 janvier/ Castres, Th&#233;&#226;tre Municipal (81), 4, 5 f&#233;vrier / La Trinit&#233;, La Stella (06)&lt;/strong&gt; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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