Perdue et retrouvée
Le drame lyrique à l’Opéra-Comique
Il y a la salle de l’Opéra-Comique. Il y a aussi son vestibule, lequel vient d’accueillir une statue qui l’avait quitté… il y a plus d’un siècle.
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- 13 mars
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EN QUELQUES MOTS : en 1899, deux statues furent installées dans le vestibule de la nouvelle salle Favart : celle qu’on appelle aujourd’hui Manon, signée Antonin Mercié, allégorie de l’opéra-comique du XVIIIe siècle ; et, à côté d’elle, non pas la Carmen actuelle, mais une allégorie du drame lyrique commandée par l’État, en 1897, à Alexandre Falguière (1831-1900). Au printemps 1919, Le Drame lyrique est retiré et remplacé par une Carmen signée Guiraud-Rivière, ce qui entraîne une requalification de la statue de Mercié en Manon. Confiée à la ville d’Angers en 1936, voilà que la statue de Falguière réapparaît à Berlin, après bien des aventures, dans l’inventaire des Staatliche Museen !
En 1992, Anne Pingeot, conservatrice au Musée d’Orsay, fait le rapprochement entre ce Drame lyrique et le patrimoine décoratif de l’Opéra-Comique. Suit, en 2021, une enquête qui mobilise Laurent Falguière, arrière-petit-fils du sculpteur, l’Opéra-Comique, l’Alte Nationalgalerie de Berlin et le Centre national des arts plastiques (Cnap) : elle confirme la provenance de la statue berlinoise sans éclaircir les étapes de son parcours. Une demande de restitution reçoit en mars 2023 une réponse positive de l’Allemagne.
Rapatriée en décembre 2024, restaurée avec soin par les équipes du Cnap, la statue du Drame lyrique a été réinstallée le 11 mars à l’Opéra-Comique, derrière la statue de Carmen et sur un socle spécialement conçue pour elle. C’est la fin d’un exil.
Illustrations : Louis Langrée, directeur de l’Opéra-Comique, face à la statue du Drame lyrique avant sa réinstallation dans le vestibule. En bas, la statue dans sa gloire (photos dr)



