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Critiques / Danse

Merce Cunningham

par Yves Bourgade

Un visionnaire toujours bien vivant

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Le chorégraphe américain Merce Cunningham est mort en 2009 et 2019 est l’année de son centenaire de naissance, occasion pour le Festival d’Automne à Paris de rendre un juste hommage à ce créateur important et révolutionnaire de l’histoire de la danse occidentale. N’a-t-il pas bouleversé les codes de son art en le débarrassant de son folklore narratif et de sa théâtralité ?
Parmi les compagnies qui sont associées à cette célébration, figure le Ballet de l’Opéra de Lyon qui depuis 1985 à l’instigation de Françoise Adret puis de Yorgos Loukos, a pris « une tournure résolument plurielle » et possède « une palette « choré-graphique » d’une grande ouverture d’esprit ».

Merce Cunningham avec son travail sur le corps si spécifique et avec son rapport au sol comme à l’espace scénique, a naturellement sa place au répertoire de la compagnie lyonnaise qui, pour son public et pour le Festival d’Automne à Paris, a remonté deux de ses chorégraphies (les deux pour quinze danseurs) : Exchange et Scenario , respectivement de 1978 et de 1997.
Comme souvent chez Cunningham, ces deux pièces sont nées d’un dialogue avec des artistes notables d’autres arts (musique, art plastique, mode).
Pour les décors et les costumes, c’est le plasticien Jasper Johns dans Exchange à l’environnement urbain avec des teintes grises et des couleurs encrassées.
Une personnalité iconoclaste de la haute couture, Rei Kawakubo , la créatrice de Comme des garçons , a collaboré à Scenario dont les costumes passablement excentriques sont tirés de sa collection printemps/été 1997 et déforment volontairement les corps des danseurs soumis à une articulation complexe des jambes, des bras, du tronc et de la tête. Scenario se présente comme une série de plusieurs duos, trios, reconfigurés en quartets, quintets et sextets, encadrés par des ensembles en ouverture et clôture

Le compositeur David Tudor est le partenaire de Cunningham dans Exchange avec une pièce électronique Weatherings qui utilise des enregistrements originaux découpés en fragments puis spatialisés pendant le spectacle « pour obtenir des sons qui flottent dans l’espace ».
La musique Wave Code A-Z de Scenario signée par Takehisa Kosugi est une partition électronique à basse fréquence et divers sons et réalisations provenant des significations de 26 mots simples (de A à Z).

Exchange et Scenario seront dansées à l’Opéra de Lyon, à Cergy-Pontoise et à Paris où la compagnie présentera une troisième chorégraphie Summerspace , témoignage de l’abstraction lyrique des débuts de Cunningham, en novembre 2019.
Le Ballet de l’Opéra de Lyon reviendra à Paris en décembre 2019 avec une autre pièce de Cunningham Winterbranch de 1964 (une lutte avec la gravité) et en écho Turning de Alessandro Sciarroni qui cherche à s’approprier le mouvement perpétuel.

Opéra de Lyon : 1er et 2 nov 2019 20h et 3 novembre 16h, durée 1h45, places de 10 à 40 €.
Paris, au Châtelet : du 14 au 20 novembre (mardi au samedi 20h et dimanche 15h), places de 14 à 45 € .
Cergy-Pontoise-Théâtre des Louvrais : 13 et 14 décembre 20h30, durée 2h 20, places de 8 à 15€ .
Paris au CentQuatre-Paris : du 18 au 21 décembre, durée 1h,10, ( 28 et 31 €. )

Photo de « Scenario » Timothy Greenfield Sanders

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