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Les théâtres privés déterrent la hache de guerre

par Gilles Costaz

Ils s’opposent à une modification de leur fonctionnement voulue par le ministère de la Culture.

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Chaque spectateur qui va voir un spectacle dans le secteur des théâtres privés parisiens paye un supplément compris dans le prix du billet, la taxe
attribuée au fond de soutien du secteur théâtral côté privé. Le ministère de la Culture, qui essaie de faire disparaître le plus de taxes possibles selon une politique décidée au plus haut niveau, propose de remplacer cet argent ainsi prélevé par une subvention (qui pourrait aller jusqu’à 8 millions d’euros !). Or personne ne demande une telle subvention et le fonctionnement actuel, qui demande une contribution du spectateur de 3,5% ajoutée au tarif du billet, contente la profession.
L’argent ainsi obtenu, auquel s’ajoutent pour cinquante pour cent une subvention de la Ville de Paris et une subvention de l’Etat, est redistribué (mais remboursable, dès qu’une production arrive à la phase des bénéfices aux théâtres) aux théâtres qui en font la demande en cas d’échec à surmonter et de création d’un spectacle inédit. C’est un mécanisme de solidarité, grâce auquel le système privé parisien résiste mieux face aux difficultés que bien des regroupements de théâtres dans d’autres pays.
Stéphane Hillel, président de l’ASTP, a donné, au théâtre Michel, le 27 novembre, une conférence de presse pour sonner l’alarme. Entouré de Bertrand Thamin (théâtre Montparnasse), Charlotte Rondelez (théâtre de Poche-Montparnasse), Denis Gravouil, FNSAC-CGT) et de quelques autres personnalités, il a afirmé : « Sans ce système, nous serions trop fragiles pour prendre des risques, créer des spectacles imprévus, faire découvrir de nouveaux artistes. » Il va de soi qu’une tel mécanisme permet de monter une nouvelle pièce de Michalik, d’Azzopardi ou d’un autre auteur non classique, en s’engageant sur la durée. Sinon, Feydeau, déjà tellement à l’affiche, ou Madame Sans Gêne, risquent de devenir notre pain quotidien. Bertrand Thamin soulignait de son côté que cette taxe, à taux faible, « était d’une rendement exceptionnel ».
Il semble que du côté, de la rue de Valois, on s’aperçoive que le projet n’est pas très heureux. Mais l’Assemblée nationale a voté en première lecture la suppression et le remplacement de la taxe le 18 octobre. Bien que le Sénat ait adopté un amendement contradictoire, l’affaire ne penche toujours pas dans le bon sens et dépend désormais du Premier Ministre.
La plupart des associations professionnelles soutiennent la réaction des théâtres privés, qui ont déterré leur hache de guerre. Les auteurs sont, au premier chef, concernés par une mesure qui nuit directement et indirectement à la création. On attend la réaction de la Société de auteurs et compositeurs dramatiques qui, à la différence de la SACEM et de l’ADAMI, n’a pas rejoint le front collectif et pourrait exprimer sa position de façon parallèle.

Le site de l’Assocation pour le soutien du théâtre privé  : www.astp.asso.fr

Photo DR : Stéphane Hillel.

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