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Critiques / Théâtre

La Vie trépidante de Brigitte Tornade de Camille Kohler

par Gilles Costaz

Heurs et malheurs d’une mère de famille moderne

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Au départ, une série radiophonique de Camille Kohler sur France Culture, dans l’émission « La Vie moderne ». A l’arrivée, une pièce adaptée par Camille Kohler de ses propres épisodes, cette Vie trépidante de Brigitte Tornade qui ne ressemble guère à ce qu’on voit sur les scènes de nos théâtres parisiens, plutôt hantées par les infidélités bourgeoises et le malheur du monde. Voici la projection, allègre et moqueuse, des vies de mère de famille et de père de famille, et, donc, en élargissant le cadre, du quotidien de la famille au complet, en nos temps modernes où il faut sans doute courir encore plus vite qu’au XXe siècle. Au centre du tableau, Brigitte Tornade : elle gère, en même temps que son travail dans une agence sous pression, l’emploi du temps de ses quatre enfants. Les journées commencent tôt et finissent dans des états flottants d’épuisement nerveux. Et si le couple essayait une nouvelle formule ? Si l’homme restait à la maison ? On se doute que M. Tornade ne fera pas le poids pour prendre en charge ce qu’assurait son épouse nommée Tornade…
Avec une mise en scène rythmée et syncopée où différents lieux secondaires sont figurés avec rien (une table qu’on déplace, une chaise qu’on passe dans un angle du plateau) à l’intérieur d’un lieu central fait avec beaucoup (le salon meublé de la famille), le spectacle a un certaine familiarité avec la BD et les sketches et n’a pas de prétention littéraire. Le salon-bibliothèque est à tiroirs et à niches – les enfants sortent et entrent parfois par les rayonnages. Autrement dit, à tous les niveaux de la scène, ça circule, que ce soit entre les adultes et les gamins, ou depuis les réunions de couple jusqu’aux obligations qui mettent Brigitte à genoux et aux inévitables récréations d’adultes. Eléonore Jonquez a tout pris en main : le rôle principal et la mise en scène. Elle est digne d’une médaille olympique de la vitesse et de la crise de nerfs, et plus pour l’expression de sentiments plus complexes. Vincent Jonquez, son mari (à la scène comme dans la vie), est parfait dans le flegme du partenaire masculin qui n’a pas encore enregistré le changement des rapports homme-femme mais y vient sans bien comprendre. Clara Guipont et Julien Sigana jouent sans clichés les rôles épisodiques (auxquels Vincent Jonquez participe aussi). Tout est bien vu et bien propulsé, avec un vrai sens de la comédie moderne.

La Vie trépidante de Brigitte Tornade de Camille Kohler, mise en scène d’Eléonore Jonquez, décor de Natacha Markoff, lumière de Thomas Costerg, costumes de Juliette Soudier, musique de Raphaël Charpentier, chorégraphie de Marine Garcia Garnier, avec Eléonore Joncquez, Vincent Joncquez, Clara Guipont, Julien Cigana, et trois acteurs enfants en alternance.

Théâtre Tristan Bernard, 21 h (le samedi 16 h), tél. : 01 45 22 08 40, jusqu’au 4 janvier. (Durée : 1 h 45).

Photo Fabienne Rappeneau.

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