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Critiques / Théâtre

La Gioia (la joie) de Pippo Delbono

par Gilles Costaz

En souvenir de l’ami Bobo

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Qu’est-ce que Pippo Delbono, sinon un vagabond qui raconte des histoires ? C’est un vagabond moderne, qui a un micro, de la sono, des éclairages mais il a surtout des amis. Il ne vient jamais jouer seul. Il a pris avec lui des gens qui étaient sur le bord de la rue, en Italie, et il en a fait des artistes. Tous « clochards célestes », comme disait Kerouac. Certains hommes sont splendidement habillés en femmes, les femmes sont belles comme des légendes orientales. Il y a un arrière-goût d’hôpital psychiatrique (certain de ces acteurs en viennent, le spectacle pointe gentiment leurs manies) mais ce tournoiement des personnages est surtout une procession de fête. Pippo, en chemise, pas du tout fringué de manière baroque comme ses amis, intervient, conte, chante, puis laisse la place à l’un ou l’autre. Cour des miracles ? Plutôt cour miraculeuse, toujours mouvante, toujours en apparitions, en départs et en retours.
Pippo Delbono nous parle de Boudha, de la folie (il emprunte un texte de l’Henri IV de Pirandello), de gens qu’il a croisés ou a cru rencontrer (il a une grande imagination), de son jeune âge quand il voulait être trapéziste, de cirques et notamment d’un chapiteau à Bali où un vieil homme jouait à figurer un singe depuis 70 ans… Il ne parle pas énormément de l’ami Bobo, mais on ne pense qu’à lui. Le spectacle est joué à sa mémoire. Ce compagnon que Delbono avait arraché à une unité médicale n’avait pas toute sa tête mais a été un personnage émouvant et unique dans la troupe. Il est mort il y a moins d’un an. Pour le saluer, il faut simuler la gioia, la joie, et cette joie s’installe.
Sur la scène il y a des vêtements qui s’enroulent en vagues, des bateaux en papier et surtout des fleurs, qui envahissent la scène au sol et en plantations verticales. C’est champêtre, c’est villageois et, en même temps, universel.

La Gioia, une création de Pippo Delbono, musique de Pipo Delbono, Antoine Bataille, Nicol Toscano, lumière d’Orlando Bolognesi, son de Pietro Tirella, costumes d’Elena Giampaoli, avec Dolly Albertin, Gianluca Ballarè, Marherita Clemente, Pippo Delbono, Ilaria Distante, Simone Goggiano, Mario Intruglio, Nelson Laricia, Gianni Parenti, Pepe Robledo, Zakria Safi, Grazia Spinella.

Théâtre du Rond-Point, 21 h, tél. : 01 44 95 98 21, jusqu’au 21 octobre. Spectacle surtitré en italien. Puis Comédie de Genève (20-24 novembre), Villefranche-sur-Saône (27 novembre), Marseille (3-4 décembre), Sète (6-7 décembre), Besançon (10-11 décembre), Mulhouse (13 décembre), Annecy (17-18 décembre), Bruxelles (8-10 janvier), Nice (27-28 mars). (Durée : 1 h 30).

Photo Luca Del Pia.

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