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Critiques / Danse

Festival Suresnes Cités Danse

par Yves Bourgade

Le mouvement hip hop : un livre, un festival, des créations

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Le hip hop fut d’abord une danse de rue(street dance) devenue progressivement une expression dansée au théâtre avec différents styles et un vocabulaire né outre-Atlantique : break, battle, popping, voguing, krump etc… _,
Ses adeptes, le plus souvent des virtuoses dans leur genre, ont rapidement éprouvé le besoin d’être guidés par une personnalité forte pour donner corps à leur désir de spectacle.
C’est ainsi que sort en librairie la première histoire du mouvement sous le titre « Danser hip hop » signée par Rosita Boisseau pour le texte et Laurent Philippe pour les photos. Tous les deux, ont déjà collaboré ensemble pour trois livres consacrés à la danse contemporaine et notamment à Pina Bausch, aux nouvelles éditions Scala, tout comme « Danser hip hop ».
Rosita Boisseau, comme critique de danse au Monde et à Télérama, a suivi en France de près l’évolution du mouvement hip hop qui, remarque-t-elle, parti de rien a su quitter la rue et le bitume pour les planches des théâtres et les plateaux de télévision, sans perdre son âme, du moins pour l’instant. Pour elle, le contexte français a favorisé l’éclosion de ce mouvement artistique populaire majeur qui compose avec le divertissement grand public, tout en continuant « à creuser sa veine chercheuse. »Au long de cinq chapitres sont évoqués les acteurs majeurs de la danse hip hop, la place des femmes, l’importance du collectif et naturellement la pluralité des styles de danse ».
Alors qu’est publié ce livre, se déroule au Théâtre Jean Vilar de Suresnes le 30eme festival Suresnes Cités Danse qui a largement contribué à l’évolution de la danse hip hop en France. La paternité en revient à Olivier Meyer, directeur de Théâtre Jean Vilar de Suresnes. Pour lui, il est indéniable que ce qui était à l’origine une « danse des cités » née dans les années 80 du XX éme siècle, dans les quartiers populaires de New York et alors ignorée en France des institutions, a donné, grâce au festival, « droit de cité à d’autres formes de danse » . Le festival a favorisé en effet les échanges entre danseurs hip hop et danseurs et chorégraphes classiques et contemporains. Trois générations ont défilé à Suresnes Mourad Merzouki et Kader Attou étaient aux débuts du festival. Ils ont actuellement la charge de la direction d’un Centre chorégraphique national à La Rochelle et à Créteil.
La mutation d’une danse de rue à une danse de scène se trouve dans une récente création de Mourad Merzouki « Zéphir » pour dix danseurs. Commande du Vendée-Globe, c’est une exploration du souffle du vent avec des images qui laissent sa liberté d’explication au spectateur, sur une musique de Armand Amar, véritable « odyssée sonore » faite de voix chantées, d’instruments ethniques et de musiques électroacoustiques. Elle vient après « Vertikal » du même chorégraphe qui projette déjà le hip hop dans les airs.
Actuellement tourne en France, une compagnie comorienne de hip hop créée par Salim Mzé Hamadi Moissi , 36 ans, avec une pièce « Massiva » qui mêle danseurs africains et d’autres pays et qui mélange « break dance », « krump » et danses traditionnelles des Comores. Elle a été conviée à se produire à Suresnes Cités Danse le 1er février 2022. Le festival accueille aussi « Siguifin », co-signé par le français Amala Diano, et Ladji Koné, du Burkina Faso, Naomi Fall, du Mali et Alioun Diagne ,du Sénégal, le 20 janvier 2022. Autant d’expériences qui contribuent à structurer le mouvement hip hop.
En outre de véritables réussites de spectacles hip hop ont conduit certains danseurs et chorégraphes de danse contemporaine à intégrer dans leurs créations des apports de ce mouvement qui accorde une grande place à l’improvisation. Ainsi le festival de Suresnes présente en clôture « Casse noisette » de la franco-espagnole Blanca Li qui, avec huit danseurs, « revisite » la chorégraphie du fameux ballet russe sur la musique de Tchaikovski (du 11 au 13 février 2022).

Photo Laurent Philippe
« Danser Hip Hop » de Rosita Boisseau et Laurent Philippe, 144 pages, prix 29 €.
Festival Suresnes Cités Danse jusqu’au 13 février 2022 : informations pratiques au 01 46 97 98 10, prix de vente des billets entre 10 et 30 €.
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