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En ce début de saison, souffle japonais sur Chaillot

par Yves Bourgade

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Les artistes japonais sont chaque année plus ou moins présents à l’affiche des salles de spectacle et d’exposition parisiennes, mais cette rentrée 2018 davantage encore, car le Japon et la France célèbrent 160 ans de relations diplomatiques par une opération à coloration culturelle baptisée « Japonismes 2018 ».
Il y a 150 ans le Japon entrait dans l’ère Meiji, c’est à dire qu’il s’ouvrait à ce qui venait de l’extérieur et notamment à l’Occident (autre anniversaire).
Le programme général de « Japonismes 2018 » est à l’image revendiquée par ce pays « entre tradition et modernité » et Chaillot qui est devenu « Théâtre national de la danse » témoigne de cet équilibre.
La saison 2018-2019 de cette institution parisienne s’ouvre avec quatre programmes sous le titre Tous japonais du 13 septembre au 5 octobre 2018 . Trois de ces programmes sont purement de danse (du moins deux) , tandis que celui d’ouverture a permis de voir ou de revoir deux pièces d’un genre traditionnel japonais plutôt à dominante théâtral, le kabuki, à l’esthétique codifiée et enrichie de musique et de danse. La soirée d‘inauguration s‘est déroulée en présence de l’actuel prince impérial Naruhito du Japon qui montera sur le trône du chrysanthème le 1er mai 2019. C’est dire l’importance que le Japon accorde à « Japonismes 2018 ».
Le deuxième programme prévu à Chaillot Triple Bill#1 (bien Triple Bill#1) est sous influence du hip hop. Il s’organise autour de la compagnie Tokyo Gegegay, constituée exclusivement de danseuses nippones et autour de deux chorégraphes français Jann Gallois et Kader Attou qui ont imaginé chacun une création pour des interprètes japonais (18-21 septembre 2018).
Kader Attou, figure des danses urbaines et directeur du Centre chorégraphique national de La Rochelle, s’est nourri pour sa création des postures esthétiques et des modes de pensée des danseurs hip hop japonais. Jann Gallois, avec sa pièce pour cinq danseurs japonais issus du « Bboying », une véritable performance physique et technique, est restée fidèle à sa recherche d’écriture autour d’un mouvement phare de la danse hip hop, le « Head Spin » ( littéralement « tour sur la tête »).
Saburo Teshigawara est le plus connu en France des artistes de Tous japonais . Il sera en scène avec sa complice et compatriote la danseuse Rihoko Sato pour The idiot , une version dansée du roman de Dostoïevski (27 septembre -5 octobre 2018). Son expression poétique se démarque autant du buto que de la danse moderne pour explorer l’interaction entre la danse, les arts plastiques et la musique.
Avec le dramaturge, metteur en scène et acteur Hideki Noda et sa fresque ambitieuse Sous les fleurs de la forêt de cerisiers (le quatrième programme), on revient à une expression théâtrale où la parole domine pour évoquer l’origine même du Japon et pour susciter une réflexion sur l’Etat et sur le système impérial avec la possibilité d’une réécriture de l’Histoire (28 septembre-3 octobre 2018).

Grande et petite salles (Jean Vilar et Firmin Gémier) du Théâtre national de la danse de Chaillot à Paris jusqu’au 5 octobre 2018 . Renseignements au 01 53 65 30 00, www.theatre-chaillot.fr

Photo ©Kota Sugawara

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