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Critiques / Danse

« El Baile » de Mathilde Monnier

par Yves Bourgade

Une version dansée du « Bal » du Campagnol

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Les amateurs de danse et les fans du 7éme Art se souviennent ou connaissent « Le Bal » de la troupe du Campagnol et de Jean-Claude Penchenat ainsi que son adaptation au cinéma par Ettore Scola, deux réalisations qui témoignent avec force et poésie de l’état d’une société à un moment donné de son histoire.
La chorégraphe Mathilde Monnier a son tour a signé une libre adaptation pour une équipe de onze jeunes danseurs tous argentins : plus question d’un portrait de la société française de l’après deuxième guerre mondiale, mais une transposition en Amérique latine et plus spécialement dans l’Argentine des trente dernières années, avec ses crises, sa dictature militaire, ses renaissances, ses mythes, ses joies et ses clichés.
L’écrivain argentin Alan Pauls a imaginé la trame du spectacle qui se passe dans un espace intemporel et qui est sans recherche d’un ordre chronologique.
Comme dans le « Le bal », le plateau du théâtre est laissé libre en son centre et encadré par des rangées de chaise. La scénographie reproduit le cadre des « social–clubs » des quartiers populaires de Buenos Aires ou des salles de bal et de tango. Au fond de la scène, se trouve une grande boite de bois, avec un micro, une chaise et sa partie arrière est trouée d’une ouverture grillagée qui sera utilisée pour évoquer l’Argentine, pays où le football est roi.
Les danseurs qui se présentent au public avec des airs provocateurs, sont vêtus de costumes quotidiens et chaussés le plus souvent de souliers inconfortables et aux couleurs voyantes.
Mathilde Monnier et Alan Pauls ont évité le genre pièce documentaire historiques par des images, mais plutôt de faire parler la mémoire des corps, des pas et des chansons » précise bien la chorégraphe ».
Le succès d’ « El Baile » auprès du public européen tient pour une grande part à l’énergie rageuse des danseurs de la troupe réunie, danseurs qui au besoin chantent. Le problème est que si l’on ne connaît pas bien l’histoire de l’Argentine, on risque fort de ne point goûter pleinement ce que suggèrent par leurs allusions leurs danses riches en inventions rythmiques et de genres, danses qui ne s’appuient pas seulement sur le tango.
C’est en effet à partir d’un répertoire de chants et de chansons d’enfance, de chants patriotiques ou de chants populaires que la chorégraphe a construit son spectacle, selon elle : « témoignage de la jeunesse d’un pays qui ne souhaite pas être ramenée à son passé, même si la mémoire existe … une pièce au présent qui n ‘est pas nostalgique ».

Photos Laurent Philippe

Grande salle du Théâtre du Rond Point, jusqu’au 15 septembre 2019 à 18h30, le dimanche 15 septembre 2019 à 15h, relâche9 et 10 septembre 2019, durée 1h30, tarif unique 38€.

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