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Danse à l’Opéra de Paris

par Yves Bourgade

Des traces de Millepied, en dépit de sa démission

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Comme directeur de la danse de l’Opéra de Paris, Benjamin Millepied était en place depuis la rentrée 2014 et le 4 février 2O16, il annonçait sa démission de ce poste « pour des raisons personnelles ». Pourtant il laisse quelques traces bénéfiques et durables de son passage.
Le 5 février, il a signé, dans un nouveau programme au Palais Garnier, une création de 30’ pour six danseurs (trois hommes et trois femmes), La nuit s’achève, sur la sonate pour piano Appassionata de Beethoven, dans un décor de Camille Dugas consistant, en arrière-plan, en un mur percé de trois arcades. Comme chez ses deux mentors, George Balanchine et Jerome Robbins, la musique est constitutive de la danse, cette dernière à la fois plurielle et épurée. On devine bien cependant l’évocation des passions tourmentées vécues par trois couples. Quatre autres chorégraphies de Benjamin Millepied figurent déjà au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris.

La nuit s’achève est encadrée par une création du français Jérôme Bel, Tombe, une pièce de 30’ et l’inscription au répertoire des Variations Goldberg de Robbins sur la musique de Bach jouée au piano. Le souci respectable de Jérôme Bel d’échapper à la routine ne l’a pas conduit avec Tombe à une œuvre significative pour ce qui est de la danse, œuvre qui d’ailleurs divise fortement le public. Les Variations Goldberg de Robbins réconcilient tout le monde par leur côté festif avec des passages alternativement enjoués et passionnés, ce qui oblige les danseurs à de la souplesse. Deux saisons portent en fait pleinement la marque de Benjamin Millepied : l’actuelle 2015-2016 qu’il supervisera encore et la prochaine 2016-2017 dont il vient de révéler le contenu, avec entre autres neuf créations et six entrées au répertoire du Ballet et une certaine exigence dans le choix des musiques ainsi que des collaborations nouvelles d’artistes pour les costumes et les décors. Soit pour 2016-2017 : un total de 173 représentations de ballet (51 à l’Opéra-Bastille, 122 au Palais Garnier et sept représentations de danse dans les lieux publics de Garnier)

On peut penser que Benjamin Millepied a obligé, malgré ses déclarations peu diplomatiques, les danseurs à réfléchir sur l’avenir de leur vénérable compagnie en ce XXIème siècle et leur nécessité de ne pas se figer.
Le directeur de l’Opéra de Paris Stéphane Lissner, lors de la présentation de la prochaine saison de l’établissement, a d’ailleurs bien précisé que bon nombre des souhaits de Benjamin Millepied avaient pris effet, concernant notamment les conditions de travail des danseurs et leur implication. L’ancienne étoile-maison Aurélie Dupont nommée à la succession de Benjamin Millepied, du fait à la fois de sa connaissance des susceptibilités de ses camarades et de son adhésion à l’analyse de Benjamin Millepied, devrait permettre de procéder, sans remous, à l’évolution du Ballet.

L’Amérique du Nord sera très présente lors de saison 2016-2017, avec cinq ballets de Balanchine dont trois abstraits (dont Mozartiana et Brahms Schoenberg Quartet - décors et costumes de Karl Lagerfeld- qui entrent au répertoire) et le ballet narratif Le songe d’une nuit d’été sur la musique de Mendelssohn (décors et costumes de Christian Lacroix). Entrées au répertoire aussi de deux œuvres de William Forsythe, d’une pièce majeure de Merce Cunningham et la dernière œuvre et la plus abstraite d’Antony Tudor The Leaves are Fading et d’une création de la canadienne, Crystal Pile.

Benjamin Millepied reviendra à Paris la saison prochaine pour signer deux chorégraphies, l’une inspirée par la voix de la chanteuse Barbara, et l’autre présentée dans un environnement de Philippe Parreno. Il encadrera aussi personnellement avec William Forsythe, les créations de quatre jeunes chorégraphes de l’Académie chorégraphique créée par l’Opéra de Paris. Boris Charmatz et Dimitri Chamblas investiront la Rotonde du glacier du Palais Garnier pour se rapprocher des spectateurs.

Du fonds Noureev sera sortie sa production du Lac des cygnes et La Sylphide fidèlement remontée par Pierre Lacotte sera reprise. On retrouvera l’Ecole de danse dans ses démonstrations et son spectacle annuel, qui fêtera sa 40e édition.
L’Opéra de Paris recevra enfin deux compagnies étrangères : l’American Ballet Theatre avec La Belle au Bois dormant de l’Ukrainien Alexei Ratmansky et le Ballet de l’Opéra de Dresde dans Impressing the Czar de William Forsythe.

Programme Bel, Millepied, Robbins - Palais Garnier : les 12, 15, 16 17, 18, 19 et 20 février 2016, à 19h30 et 13 février 2016, à 14h30 et 20h ; 3 heures avec 2 entractes ; places de 10 à 110 €.

Abonnements possibles : par internet, « operadeparis.fr », ou par correspondance (formulaire disponible Opéra de Paris, Service Abonnements, 120 rue de Lyon 75576-Paris Cedex-12 ;. Informations Abonnements au 01 75 60 26 26.

Photo Stéphane Lissner, Aurélie Dupont, Benjamin Millepied ©C. Leiber

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