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Critiques / Théâtre

C’est bizarre l’écriture d’après Christiane Rochefort

par Gilles Costaz

Le refus d’oublier

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C’est un spectacle d’hommage comme l’on n’en voit pas, ou très peu. Deux femmes saluent une auteure disparue, Christiane Rochefort (morte en 1898, célèbre pour Le Repos du guerrier et La Porte du fond). Mais l’hommage n’est pas seulement littéraire. Orit Mizrahi et Awena Burgess ont connu l’écrivain, qu’elles ne veulent pas laisser dans l’oubli, et l’évoquent en amies, citant autant leurs souvenirs et le journal intime que des fragments des livres importants. Elles sont assises autour d’un bureau, avec, derrière elles, un tableau sur lequel elles peuvent écrire et dessiner. L’endroit respire un peu la nature, beaucoup parce que les textes nous emmènent ailleurs, notamment dans la maison du midi de Christiane Rochefort : on sent qu’en quittant ce bureau, l’on peut sortir, marcher, courir.
Comme le titre le laisse entendre, ce sont les secrets de l’écriture qui sont au cœur de l’hommage : les thèmes, le travail au quotidien, la machine à écrire (deux vieilles Underwood ou Brother, comme on n’en fait plus, crépitent sur le bureau), la musique, le monde parisien… « Les jours où je n’écris pas, où je n’essaie même, je me sens inutile sur cette terre », dit Christiane Rochefort dans son Journal pré-posthume possible qui est abondamment cité.
Orit Mizrahi a organisé la rencontre comme une séance de travail qui dévierait dans le désordre de la conversation et virerait sans cesse à la confidence, à la reconstruction amusée et admirative d’un passé qu’on ressuscite sans nostalgie visible. Orit Mizrahi impose une présence douce, complice, méditative. Awena Burgess n’a pas coupé les ponts avec la jeunesse, elle est l’amie jeune de l’écrivain, charmeuse, blagueuse, et qui chante à ravir. L’hommage qui est rendu se déroule ainsi dans une grâce continue.

C’est bizarre l’écriture d’après l’œuvre de Christiane Rochefort (éditée aux éditons Grasset, Stock, IXe), adaptation et jeu d’Awena Burgess, Orit Mizrahi, mise en scène d’Orit Mizrahi, lumières de Gérald Karlikow, décor de Jean-Baptiste Manessier, création musicale d’Awena Burgess et Daniel Mizrahi.

Les Déchargeurs, le lundi à 19 h, tél. : 01 42 36 00 59, jusqu’au 27 avril.

Photo Compagnie Petite Lumière.

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