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Critiques / Danse

« Body and Soul » de Crystal Pite

par Yves Bourgade

Une mise en valeur des lignes ondulantes

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La création mondiale de « Body and soul » que la canadienne Crystal Pite vient de signer pour la Ballet de l’Opéra de Paris, est une chorégraphie de 1 heure trente minutes répartie sur trois actes de durées différentes découpées en huit « scènes » pour l’acte 1 et en 24 « préludes » pour l’acte 2, le tout se terminant sur un acte 3 de dix sept minutes.
Dès les premières représentations de cette commande, l’accueil du public (tous âges confondus) a été délirant.
Cette chorégraphe passée comme danseuse chez William Forsythe, marquée aussi par Jiri Kylian et Mats Ek et que l’Opéra de Paris a déjà été invité en 2016 pour une première création « The Seasons’ Canon », avait alors d’emblée conquis le public, notamment les jeunes, avec cette pièce.
Crystal Pite, sur le plan de la danse, n’innove pas vraiment. Elle revendique seule ment de « traduire des émotions par la danse » et pour cela demande à ses interprètes de s’investir autant physiquement qu’avec leurs conflits intérieurs (body and soul, corps et âme). Cette démarche serait banale, si elle ne possédait pas un indéniable talent à utiliser les capacités non seulement des solistes mais surtout du Corps de Ballet de l’Opéra à se mouvoir ensemble. Au total une quarantaine de danseurs est sollicitée.
Le style de la chorégraphe canadienne est une manière très particulière de mettre en valeur la capacité des corps a tracer dans l’espace des lignes ondulantes, après avoir puisé leur énergie dans le sol pour mieux s’élever dans des solos, des duos se détachant du groupe pour toujours y retourner, y trouver protection et finalement s’y engloutir.
Les ensembles sont comme des spirales, des vagues se jetant en cascades, en flux et reflux d’un bout à l’autre du plateau transformé en impressionnante grève, ainsi à la fin de l’acte 1. Pour cet acte 1, un texte qui décrit mot pour mot les mouvements que les danseurs interprètent et que dit la comédienne Marina Hands et une composition enregistrée de Owen Belton donnent le rythme au spectacle. La musique de piano de « Préludes » de Chopin sert de fond sonore à une série de pas de deux à l’acte 2.
A l’acte 3, changement de climat. On semble se transporter dans une grotte aux parois scintillantes. Les danseurs jusque là vêtus la plupart du temps de redingotes noires, sont transformés en insectes longilignes à carapaces noires brillantes et l’un d’entre eux en monstre chevelu comme sorti d’un Opéra de Pékin. Un final endiablé qui enfièvre le public, fait oublier de demander sa signification…
Photo Julien Benhamou

Palais Garnier : 31 octobre 2019, 1er, 9, 14, 19, 20, 22 novembre 2019 à 20h, 2 , 10 et 16 novembre 2019 à 14h30 et 5, 6, 7, 8, 16, 23 novembre 2019 à 20h, 17 novembre 2019 à 16 h, durée 1h20, places de 10 à 110€.

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