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Critiques / Danse

Ballet de l’Opéra

par Yves Bourgade

Un inexplicable programme Sugimoto-Forsythe

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Le programme de rentrée 2019 du Ballet de l’Opéra de Paris est on ne peut plus inexplicable : il aligne dans son titre les seuls noms du chorégraphe américain William Forsythe et du plasticien, photographe et vidéaste japonais Hiroshi Sugimoto.
Or si le premier signe bien la reprise d’un ballet Blake Works I , le second revendique la paternité de la mise en scène, de la scénographie, des éclairages et de la vidéo de la pièce en création At The Hawk’s Well dont les principaux interprètes sont des danseurs.
Le chorégraphe de At The Hawk’s Well (car il y en a un) est pourtant relégué au second plan : c’est l’Italien Alessio Silvestrin, paraît-il un disciple de William Forsythe.
Le résultat de cette affiche proposée au public du Palais Garnier est une interrogation, mais plus grave le sentiment qu’une rencontre recherchée par les artisans du spectacle ne s’est pas faite entre une réinterprétation contemporaine du théâtre nô japonais et les codes néo-classiques de la danse occidentale.
La dramaturgie procède d’une composition visuelle davantage que d’une création gestuelle originale. Hiroshi Sugimoto s‘y entend effectivement en matière d’éclairages, de scénographie, mais cela ne suffit pas.
L’argument de départ est emprunté au poète irlandais Yeats qui mêle au folklore de son pays une dimension japonaise venue de recherches de ce dernier sur le théâtre nô.
Pour donner une valeur, un sens à cette démarche, encore fallait-il que la dimension dansée du ballet ait un poids et une originalité suffisante. Le spectateur s’y perd face à cette femme-épervier gardienne d’un puits asséché, à cet homme qui en garde l’entrée depuis un demi-siècle espérant le retour de l’eau miraculeuse, à son ombre, à un jeune homme... Quels rôles jouent ces personnages hommes-femmes, davantage walkyries que samouraïs qui évoluent autour des principaux protagonistes sur une musique électronique abstraite signée Rioji Ikeda. Et pour finir comment interpréter la venue d’un acteur de nô dans un monologue en japonais ?
Blake Works I , le ballet de Forsythe repris, réconcilie heureusement avec une démarche qui « cherche à pousser à l’extrême le langage académique, à réécrire les corps par un travail d’invention et de virtuosité gestuelle ». Les danseurs de l’Opéra de Paris jouent le jeu du chorégraphe et font partager au public leur plaisir de danser.

Palais Garnier  : 5, 7,8 ,10 11, 14, 15 octobre 2019 à 19h30, 13 octobre à 14h30 et 20h, durée 1h30, places de 10 à 110 €

Photo : Blake Works I ©Opéra de Paris

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