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Stellaire de et par Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet

par Corinne Denailles

La magie Stéréoptik

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La compagnie Stéréoptik nous avait ravis avec son dernier spectacle, Dark circus (2015), inspiré d’un texte de Pef. Stellaire est de la même veine, même dispositif et mêmes principes de travail. Moins anecdotique que le précédent, plus réflexif, il développe une poésie différente, rêveuse, la tête dans les étoiles, forcément.
Toujours la même installation des deux complices, Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet, de part et d’autre de la scène, en stéréo. Dans la pénombre du plateau, d’un côté le maître de musique conjugue sa partition musicale en direct à la bande sonore enregistrée et délaisse parfois ses instruments pour une petite manipulation aquatique ou rejoint en catimini son partenaire à cour pour créer de merveilleux effets optiques sur grand écran. Ils construisent à vue une sorte de film d’animation hybride, à l’aide d’ingénieux dispositifs qui font appel à plusieurs techniques mais aucune technologie sophistiquée. Comme sur une table à dessins géante projetée sur l’écran, en plusieurs dimensions, on suit la main qui dessine, peint, efface, transforme. Quelques taches donnent naissance à la voûte céleste, aux galaxies qui s’animent, traversées soudain par un vaisseau spatial de BD, par de vrais personnages de chair, des effets magiques sans aucun trucage. L’imagination visuelle de Stéréoptik semble sans limite. Captivé par l’image on a soudain envie de comprendre les rouages de la fabrication, on scrute l’obscurité pour décrypter tant de mystères, mais comment font-ils ? On perce quelques secrets au passage et on se laisse à nouveau emporter par les images qui se font et se défont sans parvenir à mesurer la richesse des éléments qui contribuent à la beauté du spectacle dont la thématique (l’univers, la terre, le grand, le petit, etc.), intéressante, est presque secondaire tant on est absorbé par le savoir-faire.
Sur l’écran de cinéma, une main trace des lignes au fusain construisant une ville entière, l’arrière-plan d’abord, les immeubles, les rues, puis le plan médian où l’on devine un jardin, ensuite le premier plan qui délivre brusquement le secret de ses lignes, comme une révélation et touche finale, émouvante, tout à coup on aperçoit au fond, un petit groupe de trois silhouettes minuscules, à peine esquissées et incroyablement expressives, une femme et un homme penché vers un enfant. Le dessin a été exécuté très vite, rythmé par le crissement du fusain sur le papier et la musique qui scande le geste et imprime sa mesure au dessin. Un condensé de toute la poésie et la force de l’univers de Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet, artistes associés au Théâtre de la ville.

Stellaire de et par Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet. Collaboration scientifique Pratika Dayal et Anupam Mazumdar, University of Groningen Avec la participation filmée de Randiane Naly et Clément Métayer. Au théâtre de la ville, Espace Cardin jusqu’au 9 novembre. Horaires variables. Durée : 1h. A partir de 9 ans. Résa : 01 42 74 22 77
www.theatredelaville-paris.com

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