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La plus belle saison de Catherine Anne

par Dominique Darzacq

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Parce que le rire a des vertus consolatrices, c’est avec une comédie, dont les thèmes, les situations et les personnages lui trottent dans la tête depuis ces quelques mois, que Catherine Anne, auteur(e), et directrice du TEP (Théâtre de l’Est Parisien) a choisi de dire au revoir à son public en juin 2011. Un public qui, au fil des saisons n’a cessé de s’amplifier, passant de 400 en 2002, date de sa nomination effective, à 4500 aujourd’hui. En somme, la preuve par les chiffres de la pertinence d’un projet artistique obstiné au vif de la création, soucieux du brassage des générations et dont les spectacles, le plus souvent, se savourent, grands et petits au coude à coude.

Mais en ces temps de pénuries budgétaires qu’importe la cohérence d’un projet et la réalité de l’ancrage d’un théâtre dans un quartier populaire, quand les ronds-de-cuir du ministère de la Culture décident « de repenser l’offre théâtrale à Paris ». Ce fut du moins, l’argument avancé pour ne pas renouveler le contrat de la directrice du TEP.

Certes, les directeurs des théâtres publics ne sont pas inamovibles, et on peut imaginer que les princes qui gouvernent le théâtre veuillent éventuellement « renouveler l’offre artistique » . Catherine Anne le sait bien et l’accepte, mais la question qui se pose aujourd’hui est : qui et quoi pour le TEP demain ? et l’on voit bien que la question est sérieuse et dépasse le destin de sa directrice actuelle. Il s’agit en effet de l’existence d’une scène, d’un foyer artistique. En dépit de rumeurs selon lesquelles le TARMAC de la Villette, dédié à la francophonie s’y installerait, nul ne sait pour le moment à quelle sauce sera accommodé ce théâtre dont le sigle, le TEP, reste attaché aux premières et belles heures du théâtre public à Paris. Que ce soit dans un quartier populaire n’est évidemment pas indifférent.

Face à l’incertitude, Catherine Anne, dont le contrat devait s’achever le 31 décembre prochain, s’est battue et obtenu du ministre de la Culture, de rester jusqu’au mois de juin 2011, afin de pouvoir offrir aux spectateurs une véritable saison.

Elle commencera en octobre, et comme tous les petits derniers, sera la plus belle. Elle sera comme toujours au TEP, conjuguée au présent avec des auteurs vivants. S’y croiseront les créations et les spectacles invités ; on y retrouvera l’équipe de comédiens maison, Fabienne Lucchetti, Stéphanie Rongeot, Thierry Belnet. En solo ou en équipe, ils seront les passeurs d’auteurs que les maux de notre société préoccupent. Au total une douzaine de spectacles pour écouter le monde comme il grince, rit ou rêve. Parmi ceux-ci, Une famille ordinaire de José Pliya qui de Hambourg au Rwanda, raconte comment un citoyen ordinaire peut devenir un bourreau sans passion. Avec 2084, Philippe Dorin, lui, projettera petits et grands dans un futur de mutants, hier encore imprévisible, tandis que Maud Hufnagel s’emparera du très beau texte de Suzanne Lebeau, pour nous raconter la singulière histoire de Petit Pierre qui a passé toute sa vie à construire un fabuleux manège, aujourd’hui bijou de l’art brut et à travers lequel, c’est tout le XXe siècle avec ses exploits et ses fracas, qui se dévoile, et que nous restitue Maud Hufnagel avec son magnifique théâtre d’objets et d’images.

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