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Jacob, Jacob de Valérie Zenatti

par Corinne Denailles

Un destin tragique

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Algérie, 1944, Jacob, un jeune Juif de Constantine, est envoyé au front défendre la France. Exclu de son lycée parce qu’il était juif, il se trouve tout à coup bon pour intégrer l’armée française. A travers le récit de l’odyssée fatale de son grand-oncle, Valérie Zenatti parle de toutes les familles à qui la guerre a arraché un fils, de tous ces fils morts à la fleur de l’âge dans les combats, mais il est question aussi de la difficulté à trouver sa place entre deux cultures (française et algérienne) entre deux langues (français et arabe). Dans son adaptation, Dyssa Loubatière a logiquement choisi de rendre compte du roman (primé Livre Inter en 2015) à travers le lien entre ce fils de 19 ans et sa mère Rachel, aimante, tout entière dévouée à ses enfants. Ne supportant plus l’absence de Jacob, elle part seule sur les routes pour la première fois de sa vie, chargée de paniers de victuailles destinés à son fils qu’elle espère pouvoir étreindre dans ses bras. Mais le fils est en Provence et mourra quelques mois plus tard en Alsace, lui qui ne connaissait de la France que ce qu’il en avait appris dans les livres.
Christiane Cohendy est d’une grande justesse dans le rôle de Rachel ; avec retenue, elle exprime toute l’inquiétude et le désespoir du personnage mais aussi son courage et cet amour infini pour ses enfants, pour sa famille. Jacob, jeune homme doux qui fait toujours de son mieux, est interprété par Florian Choquart avec beaucoup de sensibilité. On suit en parallèle leurs périples, elle à sa recherche, lui à la caserne, sur le terrain des combats où il perd ses trois compagnons, où il trouve un moment de bonheur fugitif dans cette belle nuit d’amour avec Louise (Jeanne Disson). Dialogues brefs et récits alternent, à une distance respectable de tout pathos, restituant au plus près le tragique de la destinée de Jacob et de sa famille à travers lequelle on ne peut pas ne pas penser à tous ceux qui ailleurs, en d’autres temps, vivent les mêmes drames.

Jacob, Jacob de Valérie Zenatti, adaptation et mise en scène, Dyssa Loubatière. Collaboration artistique Didier Besace. Scénographie, Simon Vallery. Lumières Léo Thévenon. Costumes Cidalla Da Costa. Avec Florian Choquart, Christiane Cohendy, Jeanne Disson et la voix de Martin Verhoeven. Avignon, Petit Louvre jusqu’au 28 juillet 2019 à 10h45.Durée : 1h20. Résa : 04 32 76 02 79.
www.theatre-petit-louvre.fr

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