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Création, diffusion, politiques culturelles… Le spectacle vivant face à la crise

par Géraldine Oury

Grand débat animé par Anne Quentin, journaliste à « La Scène »

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Menaces sur les financements publics et privés, sur la survie de la « classe moyenne » des acteurs de la vie culturelle, mais aussi sur la diversité du paysage créatif… Les inquiétudes exprimées étaient nombreuses ce matin, lors du premier Grand Débat de cette troisième édition des Biennales du Spectacle.
A entendre Catherine Giffard, du Centre National des Variétés, Jean-François Pujol de la CGT Spectacles ou encore François le Pillouer du Syndeac, l’observatrice distanciée que je suis ne pouvait que se dire que… les apparences sont parfois trompeuses, et les effets de la crise quelque peu contradictoires. Car c’est un fait : la fréquentation des salles se maintient à un bon niveau, le public est curieux, demandeur et fidèle. Fidèle donc et prêt à payer très cher sa place de spectacle, mais surtout fidèle à ce qu’il connaît le mieux. Fidèle à ce qu’on lui donne le plus à voir et à entendre : artistes célèbres, programmes à gros budget teintés d’exceptionnel, scènes de renom… néanmoins, les temps sont durs pour les jeunes artistes et l’heure ne semble pas vraiment propice à l’innovation créative ! Selon Bruno Boutleux, de l’ADAMI, 50% des comédiens vivraient aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, avec un revenu moyen de 8000€ nets annuels. Un public prêt à payer 150 euros pour voir Johnny Hallyday ou Mylène Farmer, mais qui ne fréquente jamais les petites salles à petits prix : avouons qu’il y’a de quoi y perdre son latin !

Les uns après les autres, implacablement, les intervenants ont peu à peu dressé le portrait d’un secteur d’activités fragile, au sein duquel cohabitent une part infime de grosses structures misant sur des valeurs sûres, et un lumpenprolétariat du spectacle qui tente, tant bien que mal, de survivre… et de proposer des créations innovantes.

L’ombre du projet de réforme des collectivités territoriales a également plané sur le Grand Auditorium tout au long de ces deux heures… Un sujet d’inquiétude évoqué par beaucoup d’intervenants, mais rejeté par le seul représentant des institutions de proximité, à savoir Florian Salazar, maire adjoint à la culture de la mairie de Martigues. Pour lui, les politiques publiques sont appelées à cultiver la transversalité. Les mutations actuelles vont peu à peu dessiner un paysage culturel différent, qui flirtera sans doute de plus en plus avec le social, l’environnement, l’éducation…
Autre voix dissonante entendue dans ce débat, celle de Pascal Rogard, directeur de la SACD. Très prosaïquement, celui-ci a pointé le principal handicap du secteur à ses yeux : manque de chiffres, manque de rationalité, et donc manque d’éléments concrets et tangibles pour prouver aux institutions que le spectacle vivant n’est pas un gouffre, mais bien l’une des clefs de la sortie de crise. Sortons de « la plainte perpétuelle » et passons à l’action, avec les mêmes armes que les autres acteurs de l’économie ! A défaut d’être la plus fédératrice, cette parole courageuse et énergique restera sans doute la plus marquante de ce Grand Débat.

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