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Chantiers d’Europe

par Dominique Darzacq

Au croisement du réel et de la fiction

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Depuis sa première édition en 2010, Chantiers d’Europe sont devenus un des moments forts du printemps théâtral parisien où se vérifie la vitalité créatrice des jeunes pousses européennes, s’affirment comme un laboratoire de confrontation des formes en même temps qu’un espace qui bat en brèche les frilosités ambiantes et le repli sur soi, où s’échangent des idées et des points de vue « en un archipel d’expressions au croisement du réel et de la fiction ».

Pour cette 9ème édition, l’archipel se compose d’une quinzaine de spectacles. S’y croisent découvertes et retrouvailles. Parmi celles-ci, Lena Kitsopoulou, figure de proue de la scène moderne, déjà venue avec un décapant Petit Chaperon rouge », lequel, sous le prétexte « que personne n’a jamais vécu heureux jusqu’à la fin de ses jours », mettait à mal les stéréotypes et les tabous. Cette fois-ci et à l’heure où « nos petites tragédies personnelles font le miel des reality shows, c’est le mythe d’Antigone qu’elle met en lambeaux (Antigone - Lonely Planet le 15 mai). Artiste dont l’inspiration prend sa source aussi bien dans les réalités contemporaines que sur le terreau de la tradition, Lena Kitsopoulou est aussi passionnée par le Rebétiko chant traditionnel grec venu des bas-fonds migratoires où dans les tavernes interlopes on se racontait et refaisait le monde au son des bouzoukis (Rebétiko 16 mai).
Ce sont d’autres migrants qui aujourd’hui chamboulent nos sociétés occidentales et, entre peur de l’invasion et éloge du déplacement, nous posent d’épineuses questions qu’abordent en une fresque d’images le groupe catalan d’Agrupación Seňor Serrano (Birdie 17 et 18 mai). Pour sa part et sur le même sujet, l’Exil Ensemble réunit un groupe d’acteurs eux-mêmes migrants, venus d’Afghanistan, de Syrie, de Palestine et les embarque dans un curieux Voyage d’hiver à travers l’Allemagne (Winterreise 29-30 mai).
C’est à un road-movie documentaire que nous convie la compagnie espagnole La Tristura qui, à travers l’enquête d’un homme qui cherche à retrouver ses parents, revient sur une des pages les plus noires de la dictature franquiste (Ciné 25-26 mai). C’est à la fois un demi-siècle de dictature de Salazar et le passé colonial du Portugal (500 ans de présence en Afrique) qu’interroge André Amálio à travers une partition scénique documentaire parsemée d’images d’archives et de chansons ( Hotel Europa 15 mai). Quant à Pedro Penin du Teatro Praga de Lisbonne, il imagine un dialogue aussi acerbe qu’hilarant entre un vieux tyran et son psychiatre pour dresser un atlas des mélancolies européennes et nous invite à méditer sur l’avenir des civilisation (Before le 17 mai).


Cette édition de Chantiers d’Europe n’oublie pas le jeune public avec Babelim (21-22 mai) et fait aussi la part belle à la danse et braque notamment ses projecteurs sur la jeune danse italienne avec une soirée consacrée aux chorégraphies de Marco d’Agostini, Annamaria Ajmone, Roberto Castello (23 mai). Au programme également et au chapitre des retrouvailles, Tânia Carvalho qui explore des voies buissonnières, et le collectif (La) Horde qui se réclame d’une danse « Post- Internet », ignore les frontières et trouve sur YouTube ses moyens de propagation. (To Da Bone 19 mai).
Venus d’Allemagne, d’Espagne, de Grèce, d’Italie, du Portugal, les artistes réunis pour cette nouvelle édition nous proposent nous dit Emmanuel Demarcy-Mota, « des spectacles qui reformulent notre quotidien, réaffirment tout ce que nous avons en partage. Des histoires d’Europe, pleines de perspectives et remplies d’espoir autant que de combats ».

Chantiers d’Europe du 14 au 30 mai Théâtre de la Ville
A l’Espace Cardin sont programmés : Hôtel Europa, Tânia Carvalho, Rebético, Birdie, Light Years Aways, Babelim
Aux Abbesses : Lena Kitsopoulou, le Teatro Praga (Before), (La) Horde (To Da bone), la soirée danse italienne, La Tristura (Ciné), l’Exil Ensemble (Winterreise)
Tigger d’Annamaria Ajmone est également programmé le 24 mai à l’Institut culturel italien de Paris.
Tarifs, 15€, Pass Chantiers d’Europe 24€ pour 3 spectacles
Tel 01 42 74 22 77 theatredelaville-paris.com
Photos : 1 « Winterreise » ©Ute Langkafel, « To da bone » (La) Horde ©Laurent Philippe

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