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10 ème édition de la BIAM

par Dominique Darzacq

Sous le sceau de la diversité des formes

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Pour fêter ses dix ans, la Biennale Internationale des Arts de la Marionnette (BIAM), organisée par le Mouffetard, Théâtre de la Marionnette à Paris, élargit le cercle de ses complicités et le champ de son nomadisme. Ce ne sont, en effet, pas moins de 27 théâtres et lieux culturels d’Île de France qui, du 3 au 29 mai, accueilleront 47 compagnies venues des quatre coins de l’Hexagone, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, de Suisse, du Portugal , d’Italie.
40 spectacles dont 15 créations constituent une dense et éclectique programmation qui se veut « tour d’horizon de la vitalité créatrice européenne dans le domaine de la marionnette » et a pour fil conducteur des performances à la croisée de la marionnette et de la danse. C’est à la Maison des Arts de Créteil, la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin qui s’associe avec les marionnettistes allemands du Puppentheater Halle et la Handspring Puppet Company pour réaliser Save the pedestals qui met en scène la déambulation de deux vieillards dans Johannesburg. Ils philosophent sur les méfaits du temps et la disparition des monuments ; occasion à travers les péripéties de quelques statues déboulonnées, de Saddam Hussein à Staline, d’évoquer quelques bouleversements de l’Histoire. Le spectacle est inspiré d’une nouvelle de l’auteur sud-africain Ivan Vladislavic qui met en exergue « Si vous détruisez les monuments, sauvez les piédestaux. On en aura toujours l’usage ».
Pour sa part, Renaud Herbin directeur du TJP de Strasbourg avec At the still point of the turning world nous propose en toute complicité avec la chorégraphe Julie Nioche et sur des accords de cithare, « une véritable immersion sensorielle ». Quant à Alice Laloy, artiste associée au Mouffetard, elle prend à rebours l’histoire de Pinocchio pour abolir les frontières entre l’inerte et le vivant et, nous dit-elle, « renouer avec le rite de passage avec l’enfant pas tout à fait né ». Dansé par onze enfants-danseurs et autant d’adultes performeurs Pinocchio(s) live est « un Ready-made vivant pour corps désaccordés au sein d’une composition musicale du contrebassiste Eric Recordier ». Ces deux spectacles seront notamment à l’affiche du Carreau du Temple qui, du 3 au 5 mai, donne le coup d’envoi de la biennale, avec pas moins de six spectacles dont une performance venue du Québec qui enlace art plastique et papier froissé Relié…recyclé , des expositions notamment autour des travaux de Johanny Bert, et des ateliers ouverts au public.
Un art ancestral qui parle au présent
Art ancestral, à fil, à gaine, pantin de bois ou de chiffon, ombre ou objet, la marionnette n’en finit pas d’explorer les formes, de croiser les disciplines, la musique, la danse, la vidéo pour mieux parler au présent. C’est, avec The Border , la Cie Automne 2085 qui nous alerte avec humour sur l’état de notre planète, la troupe belge Point Zéro qui dans L’Herbe de l’oubli aborde la catastrophe de Tchernobyl, la Cie A qui dans La Conquête use du théâtre d’objets pour se demander en quoi consiste l’acte de coloniser une terre, une population, en explorer les différents ressorts. Pour sa part, le Stuffed Puppet Theatre des Pays-Bas emprunte à l’esthétique du cabaret pour brosser une fable délirante d’humour caustique autour du drame des réfugiés et de l’immigration (Babylon). C’est aussi la Cie Trois-Six-Trente qui, au croisement des arts plastiques et du théâtre, dans Longueur d’ondes, retrace l’épopée de Radio Lorraine Cœur d’Acier, une des première radio libre née au cœur du bassin sidérurgique de Longwy, tandis que le Théâtre de la Licorne croise la marionnette, le masque, l’objet et la littérature pour, avec L’Homme qui rit de Victor Hugo, dénoncer l’injustice, la misère et le pouvoir des riches. Pour sa part, et dans un tout autre domaine, le Théâtre de l’Entrouvert, s’empare de La mort de Tintagiles de Maurice Maeterlinck « pour nous inviter à nous mettre à l’écoute de l’indicible » (L’Enfant) . Ce spectacle, comme « l’Homme qui rit » seront à l’affiche de Pantin, ville partenaire historique de la BIAM qui, du 16 au 19, propose toute une mosaïque de spectacles qui sont autant de rencontres artistiques fortes, surprenantes, inattendues, voire insolites, telle celle, pour spectateur solitaire, de la Compagnie des Pays-Bas, Electric Circus qui invite chacun à glisser la tête à l’intérieur d’un masque géant pour y voir pendant dix minutes un petit théâtre d’automate. (Headspace).


A la Villette, Little Villette dédié aux enfants et aux familles deviendra le temps d’un week-end (10 au 12) Little marionnette, avec des spectacles et des ateliers où petits et grands pourront s’initier aux différentes techniques de la marionnette.
Au Mouffetard, Théâtre de la marionnette à Paris et maître d’œuvre de la Biennale, outre Babylon on pourra voir l’artiste espagnol Xavier Bobés manipuler passé et futur (chose que l’on oublie facilement), Patrick Corillon, plasticien, écrivain doublé d’un conteur au verbe magnétique qui derrière l’Ombre du Scarabée décrit entre poésie et humour ses errements de jeune homme désireux d’apprendre le métier de bonimenteur . Un régal d’humour et de poésie.
Insolites, poétiques ou politiques par la diversité de leurs propos et de leurs formes, les spectacles à l’affiche de cette 10ème édition démontre à l’envi que la marionnette est un art en perpétuelle combustion et qu’il sait être tout à la fois fusée d’imaginaire et chambre d’écho de la marche du monde.

10ème Biennale Internationale des Arts de la Marionnette du 3 au 29 mai
Tarif (Pantin, Carreau du Temple, Mouffetard) 5 à 18€
Carte abonnement BIAM : 13€/ 3 spectacles- 10€/ 6 spectacles
Mouffetard-Théâtre des arts de la Marionnette tel 01 84 79 44 44 www.lemouffetard.com

Potos :"L’Homme qui rit » © Christophe Loiseau, « L’Herbe de l’oubli » ©Alice Piemme

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