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Critiques / Théâtre

Trahison de Harold Pinter

par Jean Chollet

L’envers du décor

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Pour monter cette pièce du Prix Nobel de Littérature 2005, créée en 1978 au Royal National Theatre de Londres, Nicolas Liautard, maître d’œuvre de cette nouvelle version, a procédé à une nouvelle traduction en français, placée sous le titre Trahison, effaçant le pluriel généralement utilisé, pour être plus fidèle au titre anglais original Betrayal. Mais aussi avec le souhait apparent d’unifier les infidélités respectives des trois personnages. Celles-ci s’inscrivent dans les retrouvailles après une rupture, d’Emma, galeriste londonienne, avec Jerry, agent littéraire, avec lequel elle a eu une relation amoureuse durant sept ans. Elle lui avoue avoir révélé, quatre ans auparavant, leur liaison à son mari Robert, éditeur, meilleur ami et partenaire sportif de Jerry. L’histoire du trio s’inscrit dans un compte à rebours temporel, qui permet d’appréhender en strates successives, les sentiments, non-dits, comportements, mensonges et hypocrisies, qui ont animés les protagonistes dans leurs quêtes existentielles, entre amour et amitié.

Cette représentation sort du cadre bourgeois habituellement utilisé, pour se placer au cœur d’un théâtre en gestation dépouillé de ses références illusoires. Sur un plateau nu occupé de part et d’autres d’éléments mobiliers et d’accessoires, les trois comédiens Marie-Hélène Roig (Emma), Jerry (Nicolas Liautard) , Fabrice Pierre (Robert) accompagnés d’un garçon de café (Yves Broustal), sont également régisseurs et aménagent avec sobriété les localisations successives de la pièce. Ce désir affiché de théâtre dans le théâtre, n’est pas une des options les moins intéressantes de cette création en confortant les aspirations de Nicolas Liautard, déjà constatées lors de son précédent spectacle Après la répétition (d’après Ingmar Bergman), pour une mise à plat de la théâtralité. Mais sous cette forme, la pièce de Pinter perd une part de sa résonance et de ses colorations. Dommage.

Trahison, de Harold Pinter, texte français, scénographie et direction, Nicolas Liautard, avec Fabrice Pierre, Marie-Hélène Roig, Nicolas Liautard, Jean-Yves Broustal. Collaboration artistique et lumières Magalie Nadaud, costumes Sara Bartesaghi Gallo. Durée : 1 heure 30.

Scène Watteau Nogent-sur-Marne jusqu’au 30 janvier 2018.

© Robert de profil

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