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Critiques / Théâtre

J’ai rêvé la Révolution de Catherine Anne

par Jean Chollet

Une femme exemplaire

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Cette nouvelle pièce de l’auteure, comédienne et metteuse en scène, Catherine Anne, s’inspire librement de l’œuvre et de la fin de vie de Olympe de Gouges, femme de lettres et militante politique, née en 1748, emprisonnée et morte guillotinée le 3 novembre 1793, Place de la Révolution. Elle mena un combat pour l’égalité des droits entre tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de statut, et en particulier pour ceux de la femme, (notamment pour le droit au divorce, obtenu en 1792) avec la publication de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791. Privée de liberté, elle poursuit ses écrits et reste fidèle à ses idéaux, refusant une possibilité d’évasion, forte de son innocence et de sa confiance en la justice de son pays. Si, fin XIXème et au XXème siècle, elle devint l’égérie des mouvements féministes, la portée de ses écrits dépasse ce seul contexte pour ouvrir une réflexion plus large sur les objectifs et espoirs, les échecs et les utopies, de mouvements révolutionnaires universels.

Sous ces influences, cette création ne procède pas à une reconstitution historique, mais s’inscrit sur plusieurs journées dans une fiction intimiste au quotidien, autour de personnages sans patronyme : “La Prisonnière” (Catherine Anne), “ Le jeune soldat ” (Pol Tronco), sa “Mère” illettrée et tendre (Luce Mouchel) ” La Jeune femme ”, compagne du soldat, (Morgane Real), dont les différences de comportements, les affrontements et les échanges, éclairent et interrogent des aspects sociaux, politiques ou philosophiques, toujours d’actualités au présent. Dans la scénographie composée par Elodie Quenouillière, bordée d’une centaine de chemises sur cintres, symbolisant les victimes de la Révolution, et sobrement localisé entre prison et espaces de liberté, ce quatuor porte avec talent les accents d’une écriture vive, tendue et tranchante, de belle facture, qui trouve une résonnance adaptée dans l’articulation des séquences successives d’une mise en scène claire et judicieuse, sous les fines lumières de Michel Theuil. Une belle réussite.

Texte (publié par Actes - Sud Papiers)

© Henry Bellamy

J’ai rêvé la révolution, texte, mise en scène Catherine Anne, en collaboration avec Françoise Fouquet, avec Catherine Anne, Luce Mouchel, Morgane Réal, Pol Tronco. Scénographie Elodie Quenouillère, costumes Alice Duchange, son Madame Miniature, lumière Michel Theuil. Durée : 1 heure 50.

Théâtre des Quartiers d’Ivry jusqu’au 16 février 2018.

En Tournée:mars Théâtre du Sillon à Clermont L’Hérault, Théâtre de Privas, en mai Théâtre des Halles Avignon.

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