Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France le 17 avril

Attractif programme original

Dirigé par Matthias Pintscher, un concert tous azimuts des plus réussi.

Attractif programme original

DANS LE CADRE DE LA SÉRIE « Les compositeurs dirigent », l’auditorium de la Maison de la radio présente son volume 3 (et avant-dernier volet) dédié à Matthias Pintscher. Pour ce concert, donné auparavant à Hambourg et Dortmund, sont réunies les œuvres les plus diverses. C’est ainsi que se succèdent l’ouverture de La Flûte enchantée (Die Zauberflöte), l’Andante pour flûte pour orchestre en ut majeur du même Mozart, Transir, concerto pour flûte de Pintscher (en création française), Friede auf Erden de Schönberg et Le Mandarin merveilleux de Bartók. Ou autant de pièces multiformes ici rassemblées. C’est aussi l’occasion de confronter l’art changeant de la direction d’orchestre devant le même Orchestre philharmonique de Radio France, l’appoint du flûtiste Emmanuel Pahud et du Chœur de Radio France (pour Schönberg et Bartók). Et le succès salue l’entreprise.

Captivant voyage musical

L’ouverture de Mozart est donc rendue par un orchestre moderne en grand effectif aux effets appuyés (quand nous sommes plus coutumiers des interprétations baroqueuses). Son Andante suit, cette fois plus mesuré à l’orchestre pour laisser mieux place aux parties solistes délicates de Pahud. Poursuivant le domaine de la flûte de cette première partie de concert, le même flûtiste s’épanche alors pour le concerto de Pintscher enchaîné, présent du début à la fin entre éclats et souffle sur une orchestration fouillée. À noter que Transir, titre du concerto dédié à Pahud, se veut un hommage au compositeur Dominique Troncin (1961-1994) disparu prématurément et auquel il emprunte le titre d’une œuvre inachevée (évocation du froid et de la transition).

Après l’entracte succède Friede auf Erden (Paix sur terre), pour chœur, celui de Radio France, et une orchestration subtile. Ode créée en 1911, comme un vibrant appel pacifique aux références religieuses, en cette période troublée (comme d’autres et comme la nôtre), que le chœur distille de manière très évocatrice. La soirée s’achève par Le Mandarin merveilleux, daté lui de 1926, large fresque percutante destinée à un ballet-pantomime (sur un livret narrant les soubresauts d’une ville populeuse), exécutée dans toute sa splendeur orchestrale et l’intervention fugace d’un chœur psalmodiant. Fin d’un captivant voyage à travers des contrées musicales a priori dissemblables. Pintscher, compositeur éclectique (né en 1971) et précédemment directeur musical de l’Ensemble Intercontemporain, passe d’une page à l’autre avec l’ardeur ou le raffinement qui siéent, exhibant les multiples facettes de son art directif. Mémorable concert bien enlevé !

Illustration : photo dr

Mozart : Ouverture de La Flûte enchantée, Andante pour flûte pour orchestre en ut majeur - Matthias Pintscher : Transir - Arnold Schönberg : Friede auf Erden - Béla Bartók : Le Mandarin merveilleux. Emmanuel Pahud, flûte ; Chœur de Radio France, Orchestre philharmonique de Radio France, dir. Matthias Pintscher. Paris, Auditorium de la Maison de la radio et de la musique, 17 avril 2026.

A propos de l'auteur
Pierre-René Serna
Pierre-René Serna

Journaliste et musicographe, Pierre-René Serna entretient plusieurs activités paramusicales (organisation de colloques, rédaction de programmes de concerts et d’opéras, conférences, production d’émissions radiophoniques) et collabore à différents...

Voir la fiche complète de l'auteur

Laisser un message

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

S'inscrire à notre lettre d'information
Commentaires récents
Articles récents
Facebook