Reprise de L’Avare de Francesco Gasparini au Théâtre de l’Athénée jusqu’au 18 avril
Généreux spectacle !
Dans le cadre d’une vaste tournée, l’opéra L’Avare confirme à Paris son beau succès.
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- 12 avril
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EN 1720, EST DONNÉ À VENISE L’AVARE, mise en opéra de L’Avare de Molière (créé, lui, en 1668). Selon la musique de Francesco Gasparini (1661-1727) et le livret en italien d’Antonio Salvi (1664-1724), l’action de cet intermezzo est transposée en façon de comédie lyrique légère, écourtée dans sa trame qui fait une large part à la protagoniste féminine. Le spectacle de cette redécouverte de l’œuvre (oubliée jusqu’à nos jours) a été créé à Caen, avant une tournée dans différents lieux dont le Théâtre de l’Athénée à Paris où nous l’avons vu. L’idée en revient à Vincent Dumestre et son ensemble Le Poème harmonique, qui confirment une fois encore avec cette production l’originalité de leurs interventions (on se souvient, par exemple, de leur recréation en France de la zarzuela baroque Coronis en 2019-2021*). Et le résultat confirme le talent de ces entremetteurs.
Magnifique jeu théâtral
Pour leur spectacle, ils ont fait appel au metteur en scène Théophile Gasselin. Dans un décor fait de fouillis d’objets domestiques, les intervenants au nombre de quatre, dans de beaux costumes d’époque (d’Alain Blanchot), s’ébattent à qui mieux mieux. À cet égard, le baryton Victor Sicard (Pancrazio, ou l’Avare en question) remporte la palme dans un jeu théâtral magnifique servi par une voix d’une belle présence. La mezzo Éva Zaïcik n’est pas en reste pour Fiametta (l’héroïne convertie en Fichetto travesti pour les besoins de ses services auprès de Pancrazio) d’une colorature emportée. Le ténor Serge Goubioud plante pour sa part Scarabea, ou le commentateur de l’action, d’une jolie justesse. Le comédien Stéfano Amori, mime de son côté en Valetto les facéties en phase avec l’action. L’ensemble instrumental, en formation de chambre d’une dizaine d’instrumentistes, Le Poème Harmonique présent sur la scène, distille les timbres baroqueux dont il est coutumier, sous la direction judicieuse de Dumestre devant sa guitare baroque. Belle soirée, pour ce Molière écourté revu en forme de farce musicale de commedia dell’arte.
* Voir à cet égard notre ouvrage La Zarzuela baroque (Bleu Nuit éditeur), et l’entretien avec Vincent Dumestre à propos de Coronis.
Illustration : photo Philippe Delval
Francesco Gasparini : L’Avare. Avec : Victor Sicard (Pancrazio), Éva Aïcik (Fiametta, Fichetto), Serge Goubioud (Scarabea) et Stéfano Amori (Valetto). Orchestre Le Poème Harmonique, dir. Vincent Dumestre. Mise en scène : Théophile Gasselin. Paris, Théâtre de l’Athénée, 11 avril.
Prochaines représentations à l’Athénée jusqu’au 18 avril. Poursuite de la tournée : Opéra de Reims, 29 avril ; La Coursive, La Rochelle, 5 et 6 mai ; Maison de la culture, Amiens, 13 mai ; Opéra royal de Versailles, du 5 au 7 juin ; Festival de Beaune, 12 et 14 juillet 2026 ; Opéra de Dijon, 3 et 4 mars 2027.



