Clara Sermier chante Arthur Rimbaud

Musicalement sauvage

Clara Sermier chante Arthur Rimbaud

Il fallait oser, après l’envoûtant Léo Ferré, donner à entendre une nouvelle fois ces textes mythiques d’Arthur Rimbaud. Clara Sermier réussit cette belle performance. Elle s’impose discrètement au fur et à mesure de son récital. Sa personnalité semble surgir lentement du fond de l’âme des instruments qui l’accompagnent : un piano, un saxo et un violoncelle. Les musiciens - Sylvain Griotto, Christophe Panzani, Guillaume Grosbard et Jean-Philippe Audin - sont un peu plus que des accompagnateurs. Leurs interventions, doucement alertes, offrent un fond de scène dont l’ambiance souligne la présence en premier plan de la chanteuse. Elle-même se laisse emporter par la musique des belles lettres de Rimbaud, tourbillons de griseries verbales et sonores. L’ensemble est syncopé par la chanteuse qui occupe le plateau avec une densité sympathique et communicative. Si l’on décroche quelques secondes, c’est pour savourer les images ravivées par des souvenirs littéraires. Il est vrai que c’est quelque peu confondant de retrouver des textes susurrés, voire ânonnés au cours de notre enfance. On prend ainsi plaisir à s’abandonner à un petit voyage à travers les pans vaporeux de notre nostalgique mémoire. Puis ce coquin de piano tapageur nous ramène sur le plateau de notre réalité. Certains détournements musicaux plutôt saugrenus et quelques fantaisies contemporaines nous font apparaître sous un nouveau jour des poèmes qui nous étaient trop familiers. C’est le cas pour la version « jazzy » de Ma bohème ou l’accompagnement décalé du Dormeur du Val. Ainsi peut-on véritablement redécouvrir Arthur Rimbaud, grâce à l’énergie et le charme de cette sympathique formation. On vit un bon moment, en toute simplicité.

Clara Sermier chante Arthur Rimbaud, Sudden Théâtre, du 3 au 15 janvier 2006, du mardi au samedi à 19 h. Dimanche à 17 h. 4 bis rue Saint-Isaure, Paris 18e. Réservations : 01 42 62 35 00.

A propos de l'auteur
Jacky Viallon
Jacky Viallon

Jacky Viallon aurait voulu être romancier à la mode, professeur de lettres ( influencé par les petites nouilles en forme de lettres qu’on lui donnait tout petit dans sa soupe et qu’il taquinait avec sa grande cuillère en argent symbole d’une grande...

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