Passages Transfestival, International Performing Arts, Nouveaux Rivages, du 14 au 28 mai 2026 à Metz.

Une Nuit blanche de Elena Kulikova et Dima Efremov (France, Suisse, ex-Russie), conception, texte, interprétation Elina Kulikova, Dima Efremov.

L’amour de la Russie survivant par-delà ses tyrans politiques guerroyants.

Une Nuit blanche de Elena Kulikova et Dima Efremov (France, Suisse, ex-Russie), conception, texte, interprétation Elina Kulikova, Dima Efremov.

Elina Kulikova née à Saint-Pétersbourg est metteuse en scène, performeuse et autrice. Elle explore les pratiques performatives contemporaines, mêlant art participatif, mémoire, récits féministes et queer. Exilée après l’invasion russe de l’Ukraine, elle poursuit son engagement dans le théâtre politique et documentaire. Et son partenaire scénique Dima Efremov est un artiste pluridisciplinaire et un activiste. Il est aussi impliqué activement dans la défense des Droits de l’Homme, aidant les artistes en danger à quitter la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine.

Avec Une Nuit Blanche, les artistes Elina Kulikova et Dima Efremov clôturent leur Trilogie de la guerre, dont le premier volet, Un champ brûlé, était présenté au Transfestival en 2025.
Sur scène, une fête est en attente : un DJ set, la musique bat son plein et la danse s’apprête à vibrer, à s’élever. Or, cette rave théâtrale porte un récit de résistance. Dima Efremov, artiste et activiste queer originaire d’un village russe homophobe, raconte son engagement dans la défense des Droits de l’Homme après l’invasion de l’Ukraine.

Entre musique, humour et témoignage, il évoque la création de son organisation d’aide aux prisonniers politiques et les stratégies pour déjouer la surveillance du FSB. À travers son histoire et celles des luttes partisanes, Une Nuit Blanche révèle ce que l’on entend peu en Europe : les résistances russes à la guerre en Ukraine.

La fête est fragile quand danser devient un acte politique, avec en tête des références tutélaires, comme Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature, auteure biélorusse engagée qui a toujours dénoncé la violence, le mensonge, l’oppression cruelle de l’empire ex-soviétique, et celle de la Russie de Poutine. Autre modèle, les Pussy Riot qui défendent les Droits des Femmes et s’opposent au Maître du Kremlin. Le récit relève de l’Histoire immédiatement contemporaine, celle de la Guerre en Ukraine, et le public averti est en attente d’informations, de récits qui racontent le présent. Des jeunes opposés au Régime et à la Guerre sont aidés à fuir leur Russie natale, grâce aux réseaux sociaux et à de jeunes résistants déterminés et clairvoyants qui prennent des risques.

Une Nuit Blanche est un acte de résistance face au régime totalitaire russe. Une rave scénique, hybride et puissante, où la nuit festive devient un espace de lutte collective et de survie. La performeuse chante et danse tandis que le pianiste joue du classique et de l’électronique. Les interprètes offrent au public une culture alternative où dominent, à côté de la présence insistante de l’alcool, la musique électro, les visions novatrices, l’engagement politique, la contestation sociale, la fureur de vivre.

Elina Kulikova, élégante en combinaison argentée de soirée, porte des toasts à la russe, face public, geste qui doit toucher l’âme de l’auditoire. A la fin, le musicien cite Andreï Platonov, écrivain engagé tentant de mettre en littérature l’esprit bolchevique de la Révolution, sceptique quant à la collectivisation et à la politique stalinienne, impliqué dans la guerre civile.

Le récit qui se déroule en alternance des performances scéniques et musicales, a trait au regard auto-biographique de Dima Efremov sur son passé de petit garçon isolé chez sa grand-mère, et qui a dû grandir seul.
Emotions d’enfance, adolescent qui devient adulte, et l’éveil incontournable du goût de vivre.
Deux artistes russes disent l’amour de la Russie, de leur terre qu’ils ont dû quitter, s’efforçant de venir en aide aux citoyens poursuivis, des jeunes gens responsables et audacieux qui, comme eux, souffrent souvent d’insomnie, entre rêve, cauchemar et réalité.

Un témoignage scénique d’une émotion particulièrement intense, venu de belles personnes russes fidèles à leur culture populaire d’origine, défendant leur langue, leur pays, en dépit de leur tyran.

Une Nuit blanche de Elena Kulikova et Dima Efremov (France, Suisse, ex-Russie), conception, texte, interprétation Elina Kulikova, Dima Efremov, mise en scène Elina Kulikova, création son Dima Efremov, direction technique Zineb Rostom, scénographie, décor et construction Martin Riewer, Thérèse Weibel, chorégraphie Yulia Arsen, coaching vocal Maya Novikova, costumes Elina Kulikova, création lumière Clovis Marchon, vidéo et captation Paul Mollin 16, à L’Arsenal, dans le cadre de Passages Transfestival, International Performing Arts, Nouveaux Rivages, du 14 au 28 mai 2026 à Metz. Du 3 au 5 juin -Trilogie de la guerre : première partie - Un Champ Brûlé - Centre Culturel Suisse, Paris. Du 24 septembre au 3 octobre -Trilogie de la guerre : trois parties - La Villette, Paris, Festival d’Automne. Du 3 au 7 novembre - Trilogie de la guerre : trois parties - Comédie de Genève. Du 3 au 7 décembre - Trilogie de la guerre : trois parties - Théâtre Vidy, Lausanne.
Crédit photo : Lilia Zanetti.

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Véronique Hotte

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