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Billets d’humeur / Jacky Viallon

Michel Baulot, photographe et plasticien...

par Jacky Viallon

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Il y a des photographes, voire, des artistes qui ne se contentent pas de regarder le monde de leur éternelle fenêtre strictement rectangulaire. Michel Baulot, lui aussi, sait chercher et trouver les ouvertures.
Disons, sans mauvais jeu de mots ; pour ceux qui connaissent ses goûts et ses aptitudes, qu’il cherche plutôt des échancrures… « des coinstots bizarres ». Il se glisse dans des thèmes, dans des figures totalement disparates de l’une à l’autre…Comme ce manipulateur d’objectif connaît bien l’adage « Chacun voit midi à sa porte… » il a vite compris que l’on pouvait viser, mirer, ajuster, zoomer, selon la sensibilité et la profondeur de son pas de porte intérieur et qu’ainsi la meilleure appréhension du monde était au-dehors, espace offert à toute vélocité stimulant l’appétit insatiable de l’image et sollicitant sans doute la technique du flou qui par la même généralise, nappe et propose ainsi l’infiniment grand. Bien sûr nous voulons le suivre pour s’inscrire dans son sillage, être totalement dans l’axe de son oeil mais nous arrivons tout essoufflés : regard en bandoulière et paupière de travers sans avoir eu le temps de participer aux clichés d’Afrique et toujours mal ajustés nous pourrons le retrouver en train de faire glisser son appareil sur le ciel de traîne de Nantes pour soutenir un chantier naval en mal de travail, tentant alors de l’arrêter dans sa course désespérée et impuissante à toute fin « d’engloutir » dans le noir et blanc de la plus grande indifférence.
Puis il s’éclipsera pour développer un objectif brumeux sur quelques terres opaques de Bretagne où il y cultive la fleur de mémoire du feu sculpteur breton, Lucien Prigent, pratiquement ressuscité, tant l’association « Les amis de L.Prigent est active et pérenne.. Puis il rompt avec ses terres familières pour saisir d’autres contrées et cultures, produisant de fidèles reportages sur les musiques du monde.

Et brusquement, tel un saut de cabri …Rideau ! Il s’arrête le temps de quelques clichés rêvant de muses impossibles, l’oeil malicieux au déclic silencieux, mais, allumé d’un regard quelque peu lutin.
Et comme pour se purifier de tant d’images et de notions abstraites, cherchant le contact avec la vraie matière du réel il pénètre dans la sainte chapelle du théâtre où il y fera acte de pédagogie en prouvant dans la pratique que la scénographie est une expression plastique et esthétique qui s’offre au public comme une sorte de déambulatoire..
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Si l’on prend le temps de considérer son site www.baulot.com on y trouve les photos et croquis des décors qu’il avait produits pour le spectacle « En passant par Prévert » crée et présenter presque un an au Théâtre Lucernaire sur la saison 2001-2002. L’approche surréaliste qu’il en avait fait l’autorisait alors à s’expérimenter avec des performances de rue sentant très fort l’art éphémère. L’occupation du passage Molière dans le quartier du marais se prêta alors à son expression vidéographique frôlant le happening : passants saisis sur des petites lectures sauvages piochées au hasard, improvisations par quelques badauds plus spontanés.
Tout cela pour que notre baladin de l’objectif et troubadour de l’image persiste à afficher involontairement sa bonhomie en nous offrant la vision de son oeil lutin à travers les troubles quelque peu flous de son objectif subjectif.

Présentement, de manière vivante, vous pouvez retrouver Michel Baulot et une partie de son oeuvre au restaurant « Casqued’or » Place Maurice Chevalier Paris 20°. Dans le cadre de la rétrospective Jacques Becker, vous y trouverez, entre autre, quelques montages photos faisant allusion à certains titres de films de Jacques Becker. C’est énigmatique, pas toujours évident, mais amusant si l’on prend le temps de comprendre cette sorte de charade photographique où l’on découvre l’univers « kaléidoscopique » de l’artiste.

C’est gratuit, et si le verre vous en dit, il y a une bonne table avec une carte à prix réduits ! C’est tenu par Marc Cédat qui travaillait dans le milieu du spectacle. A défaut d’y trouver son bonheur il a préféré quitter le panier de crabes pour venir le faire cuire dans le quartier de Ménilmontant, tout illuminé de belle mémoire. Attention prolongations jusqu’au 20 juillet 08 ! Rens:01 40 30 11 38

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