Du 1er au 11 octobre, mardi au vendredi 19h, samedi 18h, dimanche 15h, Théâtre du Rond –Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008.Paris Tél : 01 44 95 98 21, theatredurondpoint.fr
De lumière, conception et mise en scène Jean-Baptiste Tur.
Les arènes dans les gènes.

La tauromachie est un sujet qui fâche, en faire l’apologie au théâtre et ailleurs sans susciter une manifestation hostile est un défi. Peut-on défendre une tradition sanguinaire à un moment où la sauvegarde de la vie sous toutes ses formes est devenue un enjeu vital pour la planète ? Certains diront : les ignorants et les prudes qui méprisent cet art, joyau de notre patrimoine populaire, sont à Paris, argument fallacieux qui vaut dans bien des domaines pour cacher des combats discutables en matière de santé, de chasse à coure ou aux ortolans, de maintien de potentats locaux…Heureusement Lorca et Hemingway viennent à la rescousse, malheureusement Picasso n’est plus fréquentable.
Alors David Ayala va mettre tout son cœur et son talent de comédien pour, quand même, évoquer cet art décrié. Un art qui fait partie de lui-même, arlésien impénitent, aidé dans cette tâche par Jean-Baptiste Tur, enfant de Béziers, et Azilys Taureau, moins sensible sans doute à la beauté de la bête expirante, commise d’office à l’écriture.
David Ayala par sa faconde autant que par son physique plus taurin que torero occupe le plateau, le remplit, et les deux musiciens qui l’accompagnent jouent les gentils jeunes gens venus faire plaisir à Papy plutôt que d’être vraiment dans le coup (sauf musicalement car là Thomas Delpérié et Pierre Borel assurent).
L’histoire personnelle du comédien, fil rouge de la représentation est entrecoupée par le récit tragique des dernières années de Nimeño II, né Christian Montcouquiol, figure devenue légendaire des Arènes de Nîmes. Torero inégalé par ses « exploits », il se donna la mort en 1991, deux ans après avoir été projeté en l’air à Arles par une bête rageuse et malgré une rééducation pour partie positive.
De jeunes apprentis toreros des Ecoles taurines d’Arles, de Nîmes et de Béziers font part de leur passion pour la corrida, répondant sans ambages aux questions sur le fait de donner la mort et du danger qu’ils courent. Un jeune Torero s’étend sur sa motivation tandis qu’il revêt son habit de lumière. Ses propos, forme d‘égocentrisme exclusif dans ce désir d’affronter la mort en majesté, interpellent…
David Ayala, sensé réaliser un documentaire sur la corrida, essaie d‘obtenir un financement auprès d’une productrice parisienne bouffonne et parle de ses voyages en train entre la capitale et Arles, entre l’enfer et le paradis. Moments qui s’étirent et semblent là pour meubler le temps.
Il parle surtout de son père qu’il accompagnait enfant aux arènes, qui fut bandillero puis arenero, dont il recherche le dernier costume. Il joue surtout sur le ressort affectif pour évoquer cette part de lui-même. Ce sont bien–sûr les meilleurs moments, les plus émouvants. La mort du taureau et celle du père se confondent, douloureuse et essentielle. Mais cette perte laisse planer une question, David Ayala aime-t-il à ce point la corrida ? Ne faudrait-il pas qu’il fasse aussi ce deuil là …
De lumière, conception et mise en scène Jean-Baptiste Tur, texte Azilys Tanneau, scénographie Cécile Marc, lumière Jimmy Boury, son Jules Tremoy, vidéo Marine Cerles, images Clément Delpérié et Mathis Rodriguez, costumes Cathy Sardi, à l’image Laura Domenge et Tomas Cerqueira, Nino Julian, Pablo Juliano, Fanny Lombardo, Carlos Olsina, Christian Parejo, Swan Soto, Tomas Ubeda, avec
la participation de la fanfare Les Pourquoi pas, les musiciens Thomas Delpérié, Pierre Borel, David Ayala. Du 1er au 11 octobre, mardi au vendredi 19h, samedi 18h, dimanche 15h, Théâtre du Rond –Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008.Paris Tél : 01 44 95 98 21, theatredurondpoint.fr
Crédit photo : Nathalie Sapin



