Du 30 janvier au 15 février 2026, mercredi, vendredi 21h, dimanche 18h, au Théâtre de La Reine Blanche, Paris18è.

L’Art d’être mon père, texte et interprétation Julie Timmerman.

L’art de transmettre le goût du théâtre et de la vie aux enfants.

L'Art d'être mon père, texte et interprétation Julie Timmerman.

L’art d’être mon père, forme légère itinérante, est le deuxième volet d’un diptyque initié avec Zoé - quatre acteurs pour lieux dédiés -, créé en 2024 au Théâtre de Belleville.

Zoé est en CM2. Ses parents sont séparés, et son père, pour pouvoir passer du temps avec sa fille, vient mettre en scène le spectacle de la fête de l’école : la comédie musicale Les Misérables. A travers des répétitions régulières le long de l’année scolaire, il tente de transmettre aux enfants son goût de la poésie, son extrême sensibilité au monde, la nécessité de l’art dans la vie...
Cet homme et père incarne et transmet une lumière à jamais inextinguible.

Or, l’expérience n’est pas sans heurt ; l’homme de théâtre, hanté par ses démons, est transgressif et excessif, emporté par le bel élan de faire partager aux enfants le goût de vivre dont la littérature hugolienne est la garante. Il va jusqu’à mettre malgré lui en péril l’entreprise. Le spectacle aura-t-il lieu ?

Julie Timmerman joue, lumineuse, une dizaine de personnages, invitant à traverser une histoire intime et collective avec humour, amour, ombres et avenir meilleur, frayant avec les citations poétiques dont le père est féru.

Julie Timmerman, femme de théâtre, s’il en est, raconte avec plaisir : « Mon père ne venait pas en « intervenant » faire de l’ « action culturelle ». Il venait mettre en scène un spectacle, avec l’exigence artistique qui était la sienne. Il a su se mettre à hauteur des enfants, et en même temps, il les a élevés vers un imaginaire artistique puissant, avec un sens aigu du théâtre et de la transmission. Une expérience bénéfique à souhaiter à tous les jeunes.

« L’Art fait grandir, révèle ce que nous sommes, nos aspirations, mais aussi nos terreurs : le théâtre en rit, les met à distance, en fait une œuvre - un moment à la fois hors du temps, et inscrit dans le temps, dans l’époque et dans le monde où nous vivons. On y raconte des histoires qui ne sont pas la réalité, et pourtant qui en disent plus long sur nous que la réalité. »

Seule en scène, le regard éclairé tourné vers les spectateurs qu’elle fixe avec franchise, l’auteure, metteuse en scène et comédienne incarne avec gourmandise tous les personnages requis pour cette aventure inédite dont tous se souviendront : la mère attentive et la directrice d’école frileuse, la pianiste d’accompagnement agacée, le père évidemment - solaire, généreux et emporté par cette expérience collective de découverte du théâtre. Et tous les enfants de la classe qu’on devine bien vivants et pleins d’enthousiasme, qui ont les yeux rivés vers l’artiste : ainsi, Zoé la fille bien présente qui interprétera Fantine et non Cosette, comme prévu, ce qui aurait donné lieu à des commentaires amers de rôle privilégié ; aussi Vanina, Victor et Joaquim…

Le père s’adresse aux enfants : « VOUS êtes le peuple. Les ouvriers de l’usine, c’est vous. Les gosses qui vont nu-pieds dans les rues de Paris, c’est vous. Cosette, c’est vous. Toi, tu es Cosette. Toi aussi… Oui les enfants vous êtes tous Cosette. Vous êtes le peuple de Paris, celui qu’on exploite, qu’on spolie, qu’on humilie, mais qui se révolte, et qui monte la barricade. Ca va être extraordinaire. »

L’interprète, le sourire au coin des lèvres, animée d’un éclair radieux, déploie ses postures et sa façon d’être, diffuse avec engouement sa foi dans un art qu’elle s’est choisi ; décidée, elle tient fort toutes les rênes dans ses mains, tirant sur la bride de l’émotion, de l’humour, de la réflexion et du comique, sans jamais quitter le chemin relativement pierreux d’une route prometteuse.

L’Art d’être mon père, texte et interprétation Julie Timmerman, collaborateur artistique et lumière Philippe Sazerat, musique Benjamin Laurent, création sonore Paul Guionie et Maxime Tavard, costume Dominique Rocher, avec l’aimable participation d’Alice Le Strat et Marion Gomard (direction de coeur). Du 30 janvier au 15 février 2026, mercredi, vendredi 21h, dimanche 18h, au Théâtre de La Reine Blanche, 2 bis Passage Ruelle 75018 - Paris. Le 20 mars à 20h l’Espace culturel Boris Vian - Les Ulis (91). Les 26 et 27 mars 21h à La Touline - Azay sur Cher (37). Du 21 au 24 mai au Théâtre des Muses - Monaco. Le 5 juin à La Maison de l’eau Saint- Victor-de-Malcap (34). Du 4 au 25 juillet, Festival Off, Avignon 2026.
Crédit photo : Philippe Sazerat.

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Véronique Hotte

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