faraway #7, Festival des Arts à Reims, du 27 janvier au 7 février 2026. Théâtre, musique, danse, arts visuels, imaginé par sept lieux rémois : la cartonnerie / césaré / la comédie / le frac / le manège / nova villa / l’opéra.
Calebasses Labs, une rumeur foisonnante, conception et composition de Mario Lorenzo. Musique, Installation sonore + visuelle - Argentine.
L’Argentine au fait ultra-contemporain d’une scène artistique politique.

Calebasses Labs du compositeur argentin Mario Lorenzo sensibilise l’auditeur-spectateur au problème de la pollution acoustique, explorant un espace sonore de faible intensité mais de grande richesse. L’installation use de la low-tech, principalement faite de bols de calebasse d’Amérique du Sud, qui servent de caisses de résonance à de petits haut-parleurs à faible consommation. Ce dispositif offre une diffusion non-intrusive singulière, déployant une myriade de grains sonores à multiples échelles. Le niveau sonore est tenu très bas, incitant le public à une écoute attentive proche.
Tout haut-parleur qu’il soit, loudspeaker ou altoparlante, celui qui parle fort n’est pas forcément celui qui a raison. Le national-socialisme a su imposer un pouvoir « acoustico-politique » grâce aux Lautsprecher. Et l’histoire de l’industrie musicale participe, dans la reproduction sonore, à faire monter les décibels courant vers la hi-fi, une loudness war qui ne semble pas s’arrêter.
La puissance acoustique est en lien avec nos modes de vie et nos modèles économiques. Selon l’OMS, la pollution sonore est en Europe, après la pollution atmosphérique, le second facteur environnemental responsable de dommages sanitaires - pertes auditives, sommeil perturbé, obésité, diabète, troubles de la santé mentale, maladies cardiovasculaires, accidents professionnels.
Comment proposer un espace sonore non-intrusif et plus soucieux de notre sensibilité aux sons ? Qu’en est-il des silences naturels, riches en biophonie, menacés en permanence par les grincements de nos agitations ?
Le projet Calebasses Labs est ainsi né. Son but n’est pas d’apporter une quelconque solution mais d’explorer un espace sonore moins invasif et participer ainsi à une sensibilité sonore depuis une perspective artistique.
Trente-deux calebasses, reliées par un fil, pour une installation sonore- concert à laquelle est invité un public restreint, assis à l’écoute dans l’ombre. A l’intérieur des calebasses, coques de fruit de tradition latino-américaine - Amérique centrale, Antilles, Guadeloupe mais surtout de Guyane. Des disques de métal posés à l’intérieur des coques font vibrer des haut-parleurs à basse consommation : les calebasses sont utilisées comme caisses de résonance : soit l’enjeu d’un espace sonore, volumineux, dense et riche.
La performance sonore et visuelle évacue toute agressivité, relevant d’une séance d’écoute privilégiée où les sons ne sont pas imités mais recomposés à partir de la nature - la forêt de Patagonie, par exemple -, à partir de sons électroniques, qui font entendre aussi des bruits urbains de machine. Effets auditifs de granulation, de percussion - chutes d’eau, chants d’oiseaux, cris de criquets, souffles du vent dans les herbes, échantillons de vibration et d’oscillation, avec clavier, percussions, triangle, cymbalum et flûte.
La nature pleinement vivante - richesse et complexité - propose un voyage inédit dans un espace sonore aussi volumineux qu’il est de basse intensité.
faraway #7, Festival des Arts à Reims, du 27 janvier au 7 février 2026. Théâtre, musique, danse, arts visuels, imaginé par sept lieux rémois : la cartonnerie / césaré / la comédie / le frac / le manège / nova villa / l’opéra. Calebasses Labs, une rumeur foisonnante, conception et composition de Mario Lorenzo. Musique, Installation sonore + visuelle - Argentine. A Césaré, Centre National de Création musicale, Grand Studio. Dans le cadre du faraway #7 2026, Festival des Arts à Reims.
Crédit photo : Dunois.



