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Critiques / Théâtre

Moi aussi je suis Catherine Deneuve

par Stéphane Bugat

Maman, je te hais

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D’une certaine manière, cette pièce est un cas d’école : elle caractérise la vacuité qui traverse trop souvent le théâtre contemporain. On peut y trouver certaines qualités, de forme notamment, à plus forte raison lorsque la mise en scène et l’interprétation ne déméritent pas, comme c’est ici le cas, mais le caractère ectoplasmique du propos est définitivement désespérant. Une plongée vaguement absurde et délirante au cœur d’une famille solidement déglinguée. C’est ce dont il est question. Pourquoi ? On se le demande encore. Peut-être l’auteur (notre excellent confrère Pierre Notte) a-t-il des comptes à régler avec l’institution familiale. Ce qui lui vaut tout notre sollicitude, pas au point d’abuser de notre patience. En effet, la sécheresse du propos, l’absence de contextualisation nous laissent pour le moins circonspects.

Deux filles désaxées, une mère qui disjoncte

Une mère, dont le mari pris la poudre d’escampette depuis longtemps, et sa singulière progéniture. Le fils qui ne dit mot, jamais, vit en province et on évoque seulement sa propension à tirer sur les murs avec un revolver, comme le faisait son père. Les deux filles, elles, sont présentes. L’une s’enferme dans la cave, transformé en cabaret intime, et pousse la chansonnette pour un public imaginaire, en souvenir de l’éphémère carrière artistique de sa mère. Pourquoi avoir choisi une comédienne qui n’a pas le moindre filet de voix ? Entre deux représentations, elle se taillade les bras avec un rasoir. L’autre qui ne fait pas mystère de la répugnance que lui inspire sa procréatrice a décidé qu’elle était Catherine Deneuve et personne d’autre. On se rassure en se disant que cela aurait été pire si elle avait fait une fixation sur Michèle Alliot-Marie.
Que la mère disjoncte, on le comprend aisément. Le spectateur, lui, se lasse vite. Même si Zazie Delem donne une dimension surprenante au personnage de la mère. Même si on peut retenir quelques idées astucieuses au hasard d’une mise en scène quelque peu maniérée. Ce spectacle sera donc le premier sur la liste qui promet d’être longue des propositions auxquelles il sera avisé de rester sourd.

Moi aussi je suis Catherine Deneuve, de Pierre Notte, mise en scène de Jean-Claude Cotillard, avec Zazie Delem, Juliette Coulon, Charlotte Laemmel et Romain Apelbaum. Décors : Charlotte Smoos. Son : Olivier Bernard. Costumes : Chantal Rousseau. Lumières : Mathieu Courtaillier. Prix Théâtre 2005 de la Fondation Diane et Lucien Barrière. Pépinière Opéra. Tél : 01 42 61 44 16.

Photo : Claire Besse

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