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Critiques / Théâtre

Mères et fils

par Stéphane Bugat

Jamais simple

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L’idée n’est pas nouvelle et elle n’est pas sans risque : proposer à plusieurs auteurs de rédiger un texte sur un thème commun et assembler le tout, avec plus ou moins de cohérence et d’à propos, pour un spectacle unique. C’est ce que tente, à son tour, Alfredo Arias, à l’instigation du Théâtre National de Nice qui, sous la houlette de son directeur Daniel Benoin, a décidément cette année une programmation qui sait sortir des sentiers battus. Arias a choisi pour la circonstance un sujet qui, de fait, traverse nombre de ses spectacles : les relations mère/fils. Les huit signataires qui ont répondu à son appel (Colette Fellous, Gilles Leroy, Louis Gardel, Guyette Lyr, Ying Chen, René de Ceccatty, Catherine Lépront et Chantal Thomas) ont évidemment des styles, des références et des univers distincts. De surcroît, certains d’entre eux n’avaient aucune expérience de l’écriture théâtrale. Et comme on pouvait s’y attendre, leur production est pour le moins inégale.

L’empreinte inimitable du maître Arias

Cela étant, la patte d’Arias est suffisamment marquante, son imagination toujours foisonnante, pour assurer une manière de lien tout au long de ce spectacle, même s’il prend soin, presque à chaque séquence, de varier les registres avec, de temps à autre, de véritables trouvailles esthétiques. Il apporte également un soin particulier à l’illustration sonore qui prend ainsi une importance particulière. Ce faisant, il gagnerait peut-être à porter parfois davantage attention à la direction d’acteurs proprement dite. Pour autant, on prend un plaisir certain à suivre ce spectacle, découpé en deux parties et qui porte l’empreinte inimitable du maître Arias, avec cette élégance baroque qui le caractérise, ce désarroi ambigu des sentiments qui transcende les points de vue des auteurs, avec surtout quelques forts moments d’émotion, en particulier - pour ne citer que celui-là - la séquence intitulée Je reste avec toi et signée par Louis Gardel. Voilà en tout cas de quoi renforcer ceux qui ont déjà acquis la conviction que les relations mères/fils, quels que soient le contexte et le regard, ne sont jamais vraiment simples.

Mères et fils. Textes de Colette Fellous, Gilles Leroy, Louis Gardel, Guyette Lyr, Ying Chen, René de Ceccatty, Catherine Lépront et Chantal Thomas. Mise en scène : Alfredo Arias. Avec Jacques Bellay, Linda Blanchet, Paul Chariéras, Paulo Correla, Sophie Duez et Jacqueline Scalabrini. Créé au Théâtre National de Nice, jusqu’au 22 janvier. Tél : 04 93 13 90 90.

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