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Critiques / Autres Scènes

Lhasa

par Abdessamed Sahali

Bohême latine

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Une voix grave et mate, un récital empreint de magie et de ferveur qui n’est pas sans rappeler l’univers de Björk.
Toute sa vie, Lhasa aura bourlingué de par le monde. À tel point que le voyage est, pour elle, synonyme de vie. Petite déjà, avec ses parents et ses trois sœurs, elle sillonnait en bus-caravane les Etats-Unis et le Mexique, ses deux patries d’origine. Une enfance où les livres et la musique remplaçaient la télévision, mettant les pieds à l’école, pour la première fois, à l’âge de 13 ans seulement. Aujourd’hui, elle vit au Canada, après avoir séjourné un temps à Marseille. Ville pour laquelle elle a écrit une chanson en hommage à son arrière-grand-père libanais qui y avait débarqué lui aussi il y a un siècle. Dans cette chanson, elle y célèbre l’esprit de fraternité de la cité phocéenne. Elle rappelle cette histoire pendant le concert qu’elle a donné à La Ferme du Buisson à Noisiel. Tout comme elle se rappelle avoir composé une chanson à cet endroit, dans une roulotte, accompagnant ses sœurs, artistes au Cirque du Soleil, s’éclipsant par la même occasion pendant plusieurs années du monde de la chanson.

Vêtue d’une robe noire d’une simplicité qui confine à l’élégance, Lhasa s’approche du micro. Durant tout le concert, elle ne restera quasiment qu’à la place qu’elle s’est désignée. S’évadant juste une fois ou deux pour taper sur une barrique ou faire sonner un tambourin. L’air de rien, la soirée prend alors des allures de cérémonial. Quelque chose de magique prend corps. À voir Lhasa, on la sent comme habitée par ses chansons telle une prêtresse vaudoue. Tout chez elle concourt à y penser. Elle ferme souvent les yeux, se prend la tête entre les mains. Sa voix grave et mate ondulant nonchalamment avec son corps. Les rais de lumières sont déchirés par quelques fumées qui envahissent le plateau... On y croise une section rock classique : batteur, bassiste et guitariste mais aussi un pianiste, un contrebassiste et une violoncelliste.
Pendant le récital, on se met souvent à penser à la chanteuse islandaise Björk. Certaines intonations et circonvolutions vocales jouent sur un registre très proche, même si Lhasa chante de façon beaucoup moins haut perché, plus aride.
Entre chaque chanson, Lhasa raconte au public comment lui est venue l’idée d’écrire tel ou tel morceau. À un moment, elle parle d’une chanson qu’elle a écrite avec des enfants tchétchènes. À un autre, d’une rencontre.
À la fin, c’est bien entendu à une standing-ovation à laquelle elle a droit. Et plutôt deux fois qu’une. Un peu comme si on allait lui dire au revoir. La moindre des choses pour une personne toujours en partance.

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