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Critiques / Autres Scènes

Rokia Traore

par Abdessamed Sahali

Griotte malienne

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De la musique malienne, dire qu’elle est l’une des plus belles du monde, c’est déjà ne rien dire. Qui n’a jamais écouté un jeu de guitare par Ali Farka Touré ou Boubacar Traoré, par exemple, ne peut s’imaginer ce qu’est l’essence même de cette musique, à la fois sensuelle et cérébrale, dont les liens avec le blues américain ont maintes fois été avancés. Martin Scorsese, dans son très dispensable documentaire Du Mali au Mississippi, est revenu récemment sur cette question. Preuve une fois encore de la présence obsédante de la musique malienne sur son auditoire. Avec Rokia Traore, c’est un autre champ de cette musique que l’on explore. Celui d’une chanteuse rompue à la danse et entourée sur scène de moult percussionnistes et guitaristes. Alternant chansons douces et chansons plus rythmées, Rokia Traore essaie de tracer un chemin à travers le foisonnement de la culture de son pays. Entre tradition et modernité, instruments du terroir et instruments électriques. Elle qui a commencé en rappeuse de Bamako pour enchaîner avec le Kronos Quartet. En concert, habillée d’une belle robe argentée, elle raconte aussi quelques histoires sur l’exil et les relations humaines, saupoudrant au passage quelques réflexions philosophiques.

Des percussionnistes qui s’en donnent à cœur joie

Dignité de la femme, vie et mort, l’ensemble des considérations existentielles est passé au tamis. L’esprit des griots, ces poètes ambulants, soufflant quelque part dans l’inspiration de cette fille de diplomate. À la Ferme du Buisson, la salle en configuration assise n’a pas l’air de convenir à la prestation de la chanteuse. Après avoir terminé son concert, revenant avec les incontournables applaudissements de rappel, Rokia Traore demande au public : « Vous allez bien ? ». Réponse affirmative, à laquelle la chanteuse réplique : « Vous en êtes sûr ? Parce que depuis tout à l’heure, je ne vous ai pas vu bouger. » Et la salle de se lever alors pour un final de plus de vingt minutes endiablées où les percussionnistes s’en donnent à cœur joie, où la chanteuse et ses choristes se transforment en danseuses survitaminées et où quelques anonymes viennent prendre part sur scène au spectacle.

En tournée. Le 23 février à Pully (99), le 25 à Rouen (76), le 1er mars au Mans (72), le 4 à Joue-Les-Tours (37), le 7 à L’Olympia (Paris), le 8 à Sartrouville
(78), le 9 à Créteil (94), le 12 à Sable Sur Sarthe (72), le 22 à Mulhouse
(68), le 23 à Chambery (73), le 26 à Biarritz (64), le 29 à Amiens (80), le
31 à Grenoble (38), le 1er avril à Metz (57), le 2 à Roubaix (59), le 8 à
Caen (14), le 9 à Elancourt (78), le 21 à Bourges (18).

Photo : Benoît Peverelli

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