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Critiques / Autres Scènes

Jeanne Cherhal

par Abdessamed Sahali

Mutine et badine

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On l’avait remarqué lors de la première partie parisienne de la tournée de Thomas Fersen et l’on s’était juré de la revoir lorsqu’elle aurait une scène pour elle toute seule, tant elle nous avait tapé dans l’œil avec son humeur guillerette et ses délirantes ritournelles. À seulement 25 ans, cette Nantaise récemment débarquée à Paris, possède déjà deux albums à son actif dont un premier enregistré dans des conditions live qui ne lui avaient pas donné satisfaction. Son répertoire est pour le coup plutôt fourni avec une bonne vingtaine de chansons, mais ce sont celles de son dernier album qui ont la faveur de son récital en solo. Car finies les premières parties (de Fersen donc, mais aussi de Higelin et Moustaki) ou le partage d’affiche (Vincent Delerm), voilà que Jeanne Cherhal doit assumer seule son tour de chant, avec juste un piano et un acolyte guitariste.
La musique est entraînante et les titres des compositions donnent une idée du programme : Douze fois par an, sur les menstruations ; Un couple normal, sur une passion adultère, et d’autres encore qui se passent de commentaires : Les photos de mariage, Ca sent le sapin, Le petit voisin, Sad love song et le pompon avec La station, sur les visites enfantines d’une station d’épuration, avec tout ce que cela comporte d’images peu ragoûtantes. Avec ses textes pour meubler entre deux chansons, Jeanne Cherhal prolonge son esprit caustique en faisant intervenir le public pour qu’il batte le tempo sur le refrain de telle chanson, afin d’en masquer la faiblesse des paroles, ou encore pour rire de la partie de la salle régulièrement éclairée par les projecteurs. Mais, hélas, un sentiment de déception se fait jour très vite. Les étincelles dans les yeux et les oreilles ne brillent plus ici. Lors de sa prestation avec Fersen, elle était apparue dans une configuration ultra-minimaliste, absolument seule, derrière un rideau rouge, face au public et devant un clavier de synthé, elle chantait aussi avec une force et une dynamique que l’on peine à retrouver aujourd’hui. La faute probablement au remplacement du synthé par un piano à queue, qui place la jeune chanteuse le plus souvent sur le côté de la scène. C’est, du coup, un peu moins rock dans l’esprit. C’est bien dommage tant on aimerait ne pas rester sur un malentendu.

En tournée. Les 12 et 13 novembre à Paris (La Cigale), le 17 à Poitiers (86), le 20 à Tremblay (93).

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