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Billets d’humeur / Jacky Viallon

Eclats de rêves

par Jacky Viallon

création en Mai 08 à Fontenay sous Bois-Tournée CCAS en Août 08

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Jean Serge Beltrando n’en est pas, à sa première récupération, utilisation et détournement d’objets, voire de soupçonneuses machines sonores nées d’un croisement parfois même incestueux entre un ordinateur et une vieille platine !

Mais déjà ne bouchonnait-il pas d’innocents pianos pour les amener à des vocations plus dissonantes (à notre oreille peu experte... ) quand il les « préparait » à sa façon au Palais des Glaces à Paris en 1980 lors de la présentation ô combien surréaliste de « L’Ecume des jours » de Boris Vian.
Toujours inventif, comme un savant fou, il continue sa cuisine toute sauce rabattue en mélangeant encore multiples techniques et procédés inventés, dénichés à travers ses observations ou vapeurs expérimentales qui se dégagent de son atelier-laboratoire explosif dont on doit la sécurité à la bien déférente et accueillante Mairie de Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne. Cette dernière accompagnant et soutenant avec éthique bon nombre d’artistes sur des disciplines artistiques très variées ( Danse et musique contemporaine, théâtre et écriture avec croisements des arts plastiques).

Aujourd’hui, il nous présente une forme qui réunirait semble-t-il tous les composants de ses recherches. Spectacle inventaire et inventif, performance mêlant improvisations sonores et jeux d’acteur aux prises avec la technologie récente puisque l’on travaille avec la complicité de caméras et autres engins dénonciateurs dont le direct donne une facture totalement inattendue, imprévisible et aussi il faut le dire accidentelle. Ce qui confirme l’aléatoire du direct et qui expose le concepteur /acteur a un exercice d’improvisation parfois confondu avec le convenu. Et c’est bien ambiguïté là qui est novatrice et par là même déroutante.

Puis il y a la présence de Lucille Brunet danseuse et contorsionniste qui se déploie lentement tirée du côté de l’ambiance surréaliste de Magritte (Scène des chapeaux dans un très bref « court métrage » projeté au début du spectacle) ou de l’absurde humeur du côté de chez Georges Méliès. Climat appuyé par des éclairages et des effets sonores en découpe proposés par le metteur en scène Pierre Marzin et Francis Larvor pour la création du son et sa manipulation en direct. À remarquer que le travail de mise en espace de Pierre Marzin fonctionne au meilleur effet : la multitude des éclatements nous donnent une illusion très avantageuse de l’espace et des conventions astucieuses.

L’actrice caoutchouc s’intègre en mouvements glissés dans l’histoire, telle un reptile hésitant, elle évolue à travers les « bidouilleries »* fantaisistes du créateur, Terme consciemment de son propre cru. ( Etant donné l’ambiguïté et la nouveauté du terme nous vous devons une explication en fin d’article. )
Cette « Performance » à multiples techniques se veut aussi quelque part déambulatrice, presque initiatrice. Comme dans une œuvre de formation nous y cherchons notre propre histoire et nous voudrions également nous revêtir de celle d’un autre. C’est un peu ce que nous offre ce spectacle, la facture est peu commune et cette démarche mérite d’encourager le travail de ses créateurs. C’est peut-être là, déjà la naissance ou peut-être, le pressentiment et l’amorce d’une nouvelle école…
*Nota Benêt :Bidouillerie/Bidouille/Bidouiller : Se dit d’une action de bricolage qui hésite entre deux douilles (bi-douille) Le bidouilleur, c’est-à-dire celui qui aurait acheté deux douilles avec la préméditation de bidouiller, se trouve souvent désemparé et attaque un autre travail par un nouveau bidouillage.
De fait c’est l’analyse étymologique du mot. Mais dans le cas précis de Jean Serge Beltrando il y a glissement du champ sémantique. « Bidouille » devient « Bidouillage » Notre créateur est alors en plein « Bidouillage » le mot se « déverbalise » au profit d’un déterminant. Son action se généralise dans un actif nominatif. Notre "Bidouilleur", car il demeure toujours bidouilleur cherche, dévisse, triture, adapte, désosse n’importe quel autre bidouille pour bi-douiller au sens réel . Pour les lecteurs intéressés par de plus amples détails nous vous conseillons de lire à la bibliothèque de la Sorbonne la thèse de doctorat de 3° cycle « La France profonde et ses bidouilleurs au 20 ° et 21° siècle avec une étude comparative entre le bidouillage rural et le bidouillage urbain. »

Veuillez excuser la longueur de ce Nota Benêt mais notre devoir et responsabilité pédagogique oblige.

Eclats de rêves de Jean Serge Beltrando Théâtre sonore, mis en scène par Pierre Marzin, Jean-Serge Beltrando (voix, traitement son,vidéo), Lucille Brunet (contorsion, danse), Francis Larvor (objets sonores, traitement son), Jean-Pierre Salin (Lumières, traitement vidéo)

En tournée CCAS
> 09/08 Cayeux (80)
> 10/08 Bar sur Seine (10)
> 11/08 Mesnil saint père (10)
> 12/08 Megève (74)
> 13/08 Saint Hilaire de Rozier (38)
> 15/08 Risoul (05)
> 16/08 Le Dramont (83)
> 17/08 Ramatuelle (83)
> 19/08 Montauroux (83)
> 20/08 Signes (83)
> Contacts Cie Eclats de Souffle : 01 49 74 76 73

"Festival Extension du domaine de la note" organisé par " La muse en circuit", Centre National de création musicale

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