La Vie parisienne au Théâtre du Châtelet jusqu’au 11 juillet
D’après Offenbach
Splendeur théâtrale et peu musicale.
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- 21 juin
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- Opéra & Classique
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C’EST LA COMÉDIE-FRANÇAISE QUI EST À L’ŒUVRE pour La Vie parisienne donnée au Châtelet. De fait, on ne sait trop la version choisie de l’opéra-bouffe d’Offenbach. Si ce n’est qu’il s’agit d’une version en quatre actes (comme celle révisée en 1873, après sa création en cinq actes en 1866), avec de longs passages parlés, les quelques morceaux de chant soliste confiés à la voix de comédiens, qui plus est mutilée de nombreuses coupures dans sa partition et remaniée dans son orchestration (par Pierre-Olivier Schmitt) avec des tonalités adaptées. On est loin sur ce plan de la version donnée fin 2021 au Théâtre des Champs-Élysées, version scrupuleusement fidèle sous l’égide du Palazzetto Bru Zane, Centre de musique romantique française. C’est ainsi que la musique de ce spectacle passe au second plan et Offenbach tout autant.
Le livret, de Meilhac et Halévy, est donc essentiellement la source de la mise en scène confiée à Valérie Lesort, qui donne dans les flonflons, d’amusantes prothèses nasales (en forme de nez de cochon pour les messieurs et d’oiseaux pour les dames), des costumes tout aussi animaliers et des mouvements animés souvent dansants (avec la participation de danseurs). Le décor, d’Éric Ruf, situe bien les lieux de l’action, depuis une gare de chemin de fer, un grand salon bourgeois et une brasserie parisienne. Et le tout va bon train dans une vivacité de chaque instant. On perd parfois le fil de cette histoire de riches personnages venus de la terre entière pour s’encanailler à Paris, mais le livret tarabiscoté et ses dialogues parlés (eux aussi modifiés) y est pour quelque chose. On reste toutefois à la fête, comme il convient.
Comédie avec musique et non pas opéra-bouffe
Les acteurs (de la Comédie-Française donc) s’acquittent ardemment de leurs personnages. Leurs quelques moments chantés sont délivrés fermement, bien que parfois peu chantés, sauf pour les aigus bien sentis de Marie Oppert (Gabrielle) et pour le joli timbre d’Elsa Lepoivre (Métella). Alors que leurs multiples dialogues parlés sont enlevés comme il se doit. Notons aussi donc, pour leurs bonnes prestations théâtrales : Serge Bagdassarian (le Brésilien au comique bien marqué), Benjamin Lavernhe (Raoul de Gardefeu), Baptiste Chabauty (Bobinet), Christian Hecq (Baron de Gondremark) ou Yoann Gasiorowski (rôle travesti de la Baronne de Gondremark). Le tout agrémenté de petits micros (comme désormais de règle au Châtelet depuis sa prise en main directoriale par Olivier Py, et non pas auparavant). La troupe de la Comédie-Française bien à l’œuvre !
Les interventions chorales n’en sont pas moins bien lancées par la quinzaine de membres de l’Ensemble La Marquise (cette fois pour du vrai chant). Dans la fosse, l’Orchestre de chambre de Paris s’acquitte de sa tâche sans problèmes pour ses quelques parties, avec cependant un aspect martial assez déplacé (pour cette réorchestration qui il est vrai perd en transparence et brillance) sous la direction d’Alexandra Cravero. Puisqu’il s’agit finalement d’une comédie musicale dont la musique ponctue et non pas mène l’intrigue, plutôt que de ce qui est véritablement un opéra-bouffe.
Illustration : photos Thomas Amouroux
Jacques Offenbach : La Vie parisienne. Troupe de la Comédie-Française, avec Marie Oppert (Gabrielle), Elsa Lepoivre (Métella), Serge Bagdassarian (le Brésilien), Benjamin Lavernhe (Raoul de Gardefeu), Baptiste Chabauty (Bobinet), Christian Hecq (Baron de Gondremark), Yoann Gasiorowski (Baronne de Gondremark), etc. Chœur Ensemble La Marquise, Orchestre de chambre de Paris, dir. Alexandra Cravero. Mise en scène : Valérie Lesort.
Paris, Théâtre du Châtelet, 19 juin. Prochaines représentations jusqu’au 11 juillet 2026.



