Première fin de semaine du Festival de Beaune du 3 au 5 juillet
Festif
Abondance de concerts baroques bien transmis.
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- 7 juillet
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AVEC SA NOUVELLE DIRECTION, confiée à Maximilien Hondermarck, le Festival international d’opéra baroque de Beaune poursuit dans l’abondance. Comme en témoigne cette première fin de semaine réunissant en trois jours non moins de cinq concerts de factures très différentes.
La programmation commence par Bomba Flamenca (Bombe flamande), ou « Requiem imaginaire pour Charles Quint » sous l’égide de l’ensemble La Tempête. Il s’agit d’une réunion de pages médiévales et baroques pour chœur et orchestre dues à différents compositeurs espagnols de la Renaissance (dont Mateo Flecha, Cristóbal de Morales, Juan del Encina), parsemées de pages éparses plus diverses (de plus agrémentées de quelques arrangements). Ou un méli-mélo qui n’est pas une reconstitution du Requiem du roi Charles Quint, mais plutôt une référence à l’esthétique musicale de l’empire espagnol du temps, en référence aussi à la musicale Capilla flamenca (Chapelle flamande) fondée à Madrid par le monarque.
Dans la basilique Notre-Dame de Beaune, l’ensemble épanche avec ferveur par un chœur et un orchestre bien soutenus par la direction de Simon-Pierre Bestion, pourvu d’une spatialisation à travers toute l’église et des lumières changeantes.
Le lendemain après-midi, place à Peau d’Âne dans le petit théâtre La Lanterne magique, d’après le conte de Charles Perrault, clamé et joué avec allant par la comédienne Alexandra Rübner s’exprimant en « vieux françouais » accompagnée de judicieuses pièces de viole de gambe par les soins de Claire Gaudrot.
Ariodante de faste vocal
Le soir, dans la cour de l’Hôtel-Dieu, grande soirée lyrique avec l’opéra Ariodante de Haendel. Créé en 1735 au Covent Garden de Londres, Ariodante narre une trame de mariages et trahisons à la cour d’Écosse (d’après Orlando Furioso de l’Arioste) sur un livret en italien (de rigueur) et des airs richement ornementés. Une fête du chant bien dans la veine inspirée des œuvres lyriques de Haendel. C’est dire que le plateau vocal est particulièrement à son office. Ici, mission amplement remplie ! Dans le rôle-titre, la mezzo Ève-Maud Hubeaux resplendit dans ses ornements profonds sertis d’un magnifique legato. Elle est éminemment bien secondée par la soprano Marie Lys (Ginevra), la contralto Margherita Maria Sala (Polinesso) et la soprano Michèle Bréant (Dalinda). Puisque les voix féminines sont partie majeure (parfois en remplacement des castrats d’origine). Le ténor Nick Pritchard et la basse Nahuel di Pierro n’en sont pas moins en parfaite adjonction vocale pour Lurcanio et le Roi (d’Écosse). Alors que la formation instrumentale Les Talens Lyriques se déploie avec acuité sous la direction inspirée de Christophe Rousset. Grand moment de cette première fin de semaine du festival.
Le lendemain dimanche, la Messe en si de Bach investit la Basilique par l’ensemble Vox Luminis chœur et orchestre. Œuvre emportée sous la direction de Lionel Meunier, dont on regrette seulement une résonance acoustique qui la dessert parfois (paradoxalement pour cette œuvre d’église, en raison peut-être du dispositif scénique très rassemblé).
Et le soir du même jour, se conclut à la Salle des Pôvres de l’Hôtel-Dieu, avec des mélodies de John Dowland (1563-1626) pour célébrer les quatre cents ans de la disparition du compositeur britannique. Le ténor Zachary Wilder distille de sa voix élégiaque aux jolis aigus en voix de tête ce séduisant choix mélodique en compagnie du luth de Thibaut Russel et des violes de Mathilde Vialle et Hyérine Lassalle. Pour un moment de recueillement mélodique.
Illustrations : Ariodante dans la cour de l’Hôtel-Dieu. Bomba Flamenca. Peau d’Âne. Photos Ars Essentia/Festival de Beaune
Festival international d’opéra baroque de Beaune, première fin de semaine.
Bomba Flamenca, chœur et orchestre ensemble La Tempête, dir. Simon-Pierre Bestion, 3 juillet 2026.
Charles Perrault : Peau d’Âne, avec Alexandra Rübner (comédienne) et Claire Gaudrot (viole de gambe), 4 juillet 2026.
Haendel : Ariodante, avec Ève-Maud Hubeaux (Ariodante), Marie Lys (Ginevra), Margherita Maria Sala (Polinesso), Michèle Bréant (Dalinda), Nick Pritchard (Lurcanio) et Nahuel di Pierro (le Roi), ensemble Les Talens Lyriques, dir. Christophe Rousset, 4 juillet 2026.
Bach : Messe en si mineur, chœur et orchestre ensemble Vox Luminis, dir. Lionel Meunier, 5 juillet 2026.
John Dowland : mélodies, avec Zachary Wilder (ténor), Mathilde Vialle et Hyérine Lassalle (violes), 5 juillet 2026.
Prochaines trois fins de semaine du festival, jusqu’au 26 juillet 2026.



