Jusqu’au 20 juillet, 22 h, Festival d’Avignon et Festival Villeneuve-en-Scène, Plaine de l’Abbaye, Villeneuve- Lès-Avignon.
Terces, conception, mise en piste et interprétation Johann Le Guillerm.
L’univers enchanteur de Johann Le Guillerm.

Que dire des spectacles de Johann Le Guillerm ? Qu’ils sont autant de moments enchantés et que l’on ressent toujours les mêmes sensations d’émerveillement même quand on reconnaît des figures de son répertoire. Terces, comme le troisième labour de Secret créé en 2003, dont il est l’anagramme. Eternel retour du magicien jongleur, équilibriste, arpentant le chapiteau de sa silhouette échassière, dans ses rangers pointus et sa coupe iroquoise, visage blafard et regard fixe.
Introduction douce, Johann le Guillerm réalise méthodiquement un origami d’oiseau avec une feuille de papier tombée du ciel, qui devient objet d’envol silencieux et évanescent. Puis, les surprises s’enchainent sur la transversale qui partage la piste du cirque où autant d’apparitions énigmatiques et facétieuses se succèdent. Des structures articulées, qui se transforment dans l’espace sous des mains et bras agiles, tubulures et plexiglass prennent des formes amples ou élancées, semblent s’écarter et se rejoignent immédiatement. Effets de lumière, musique qui mêle électronique et chants d’oiseaux.
Espiègle, l’artiste fait tourner un chariot-manège en agitant un grand éventail sur « plaisir d’amour ne dure qu’un jour… » ; burlesque, il se déplace sur un tapis de bouteilles qui deviennent chenilles. Majestueux dans ou sur cette roue-escargot de bois et de métal, image tirée d’un conte de Fantasy. Entre deux numéros d’équilibre ou de jonglage où l’artiste déploie son habileté à sculpter l’imaginaire, des machines traversent l’espace mues par leur propre action ou par des fils tendus des hauteurs, dialogue entre l’homme et ses créatures.
Dans ce nouvel opus, le spectateur assiste à la construction d’une architecture rapprochant deux piliers de livres grand format édifiée avec précision et vélocité jusqu’au geste ultime où le constructeur se fond littéralement dans l’édifice, dessinant une forme où homme et livres se confondent. C’est le même principe qui guide un final toujours stupéfiant où d’un amas de tasseaux, Johann Le Guillerm édifie une structure fragile et géante qu’il gravit avec dextérité et souplesse en guise de salut au public.
Une poésie de l’espace où les formes transcendent l’art circassien, l’art de Johann Le Guillerm ne ressemble à aucun autre joignant l’esthétisme, la performance physique, le savoir de l’ingénieur-artisan.
Dans le cadre du Festival d’Avignon, il est de passage à Villeneuve en scène avec Terces.
Une exposition sur ses assemblages de bois au Fort Saint-André est ouverte parallèlement.
Une occasion pour plonger dans cet univers à nul autre pareil.
Terces, conception, mise en piste et interprétation Johann Le Guillerm, musique Alexandre Piques, lumière Hervé Gary. Jusqu’au 20 juillet, 22 h, Festival d’Avignon et Festival Villeneuve en scène, Plaine de l’Abbaye, Villeneuve- Lès-Avignon.
Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage.



