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Critiques / Comédie & Humour

Ca par exemple !

par Jean Grapin

De et par François Jenny

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Arrête de faire le clown !

Tout le monde le sait, quand l’enfant devient adulte il ne fait plus le clown, et l’enfant s’enfouit et s’ensommeille.

Avec « Ca par exemple ! »François Jenny, qui dans les années 80 accompagna les Colombaioni et la Klown Kompagnie (ex Macloma) ( groupes mythiques) revient au théâtre .

A cause de ou malgré l’expérience de l’adulte qu’il est devenu en vingt ans de radio et de télévision François Jenny, il faut le dire, fait encore le clown. Sans nez rouge. Sans maudire. Avec beaucoup de fermeté et de grâce. Froidement .Effrontément.

Le comédien écrit ses textes. Ils tiennent autant de la courte nouvelle que de la saynette. En observateur aigu il fait partager l’étrangeté d’un monde qui expulse la réalité. Tant il est surprenant que les super héros ne fassent jamais pipi.

Avec lui il ne faut pas tourner autour du pot. Le comédien exprime avec force son désir d’interroger la réalité et raviver une forme de réel : celle d’un imaginaire qui sait opposer aux langues de bois des sabres de bois. En prenant tout au pied de lettre, il explore les interstices, mesure l’écart entre les mots et les choses vues et jauge le rire qui s’insère dans les fissures du monde. L’humour est froid et ne dédaigne pas une certaine cruauté. L’absurdité pourtant qui en résulte n’est qu’apparente. Scènes après scènes les mondes se conjoignent et les frontières s’estompent. Théâtre et cabaret. Conteur et acteur se confondent.

Confidences après confidences le spectacle prend la forme d’une adresse au public, d’une confession de l’acteur comique en liberté. Il a pour objet la lutte contre les infantilités ambiantes.

Avec lui quand une timbale devient ténor et une cafetière soprano l’improbable requiem de Mozart proposé est plus que vrai. Le rire qui l’accompagne n’est pas inquiétant, il est réjouissant.

Suprématie du comédien qui fait dans le rire sonner les mots de Bérénice de Jean Racine ou installer le doute sur la réalité d’un sosie de Jean Pierre Coffe en découpant avec art un vrai poulet.

Ainsi accompagné le spectateur découvre combien, au cœur du jeu, le récit conduit par François Jenny met en œuvre une théorie de l’imagination, de la mise en image. Comme une discrète sagesse.

Point n’est besoin de nez rouge, l’enfant sait combien un adulte est un enfant en marche, qui avance et trébuche. Un clown qui sommeille sur la brèche, au front de tous les refus.

Le spectateur aime cette liberté. Comme une page blanche.

Les vendredis et samedis à 21h du 1er mars au 1er juin
A La Folie Théâtre
Tel 01 43 55 14 80
Site Web : http://www.folietheatre.com

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