Accueil > Benjamin Millepied nouvelle coqueluche de Paris

Critiques / Danse

Benjamin Millepied nouvelle coqueluche de Paris

par Yves Bourgade

...et prochain directeur de la danse à l’Opéra de Paris

Partager l'article :

Le chorégraphe français Benjamin Millepied est la nouvelle coqueluche de Paris, du moins de ceux qui s’intéressent à la danse.

A la première de la série des cinq représentations qu’il a donné avec son groupe « L.A. Dance Project », un jeune collectif de créateurs, au Châtelet, il a fait l’objet d’une formidable ovation à l’issue de son pas de deux de 15 minutes Closer sur une musique pour piano du répétitif américain Philip Glass. De quoi rendre jaloux les trois autres chorégraphes affichés accueillis par des applaudissements sympathiques mais plus modérés !

Au Châtelet ce qui a intéressé le directeur Jean-Luc Choplin dans la démarche du « L.A. Dance Project », invité pour la deuxième fois en résidence dans ce théâtre, c’est, dit-il, « qu’ elle reflète parfaitement la personnalité de son fondateur, son goût de la recherche, sa passion pour la musique et les arts visuels et cette volonté, que nous partageons, d’abolir les frontières entre les genres ».

Closer de Benjamin Millepied qui date de 2006, interprété sur un plateau nu avec souplesse et sensualité par Céline Cassone et Alexander Hill, rappelle par sa danse marquée par le style classique, son passage comme danseur chez George Balanchine et Jerome Robbins. On pense aussi parfois aux architectures légères à l’écoute de la musique d’un autre chorégraphe Américain Paul Taylor.

Ce sont cependant deux autres ballets qui ont le mieux témoigné du souci de Benjamin Millepied de faire davantage participer les arts visuels à la danse : Peripheral stream, une création mondiale de 18 minutes du Japonais Iroaki Umeda et Murder ballades de l’Américain Justin Peck.

Iroaki Umeda a signé non seulement la chorégraphie, mais la partie sonore et le concept vidéo. Les corps des quatre danseurs « s ‘immergent » souvent dans un quadrillage cinétique optique . C’est une composition en noir et blanc, une sorte de sculpture en mouvement avec un accompagnement sonore hoquetant volontairement.

Avec le ballet Murder ballades pour six danseurs, d’une durée de 20 minutes , s’appuyant sur des ballades populaires inspirées par des meurtres célèbres aux Etats-Unis, retravaillées par le guitariste rock et compositeur américain Bryce Dessner, Justin Peck continue à tenter une fusion athlétique entre styles dansés classique (sans pointes) et contemporain, avec en fond de plateau une sorte d’immense tapisserie à dominante rouge signée de l’Américain Sterling Ruby.

Dernière chorégraphie proposée par le L.A. Dance Project, Morgan’s last chug de Emanuel Gat, né en Israël et installé en France où le Ballet de l’Opéra l’a invité. Ce sont vingt minutes d’une succession ininterrompues de pures variations pour cinq danseurs d’une grande musicalité avec un accompagnement volontairement éloigné tiré de Bach au piano, d’un extrait de musique sacrée de Purcell et d’emprunts au monologue de La dernière bande de Samuel Beckett.

On sent le public parisien, toujours avide de ce qu’il pense être la nouveauté, impatient de mieux faire connaissance avec Benjamin Millepied, directeur désigné de la danse à l’Opéra de Paris qui doit entrer en fonction à la rentrée prochaine. Auparavant, il se présentera pour la troisième fois comme créateur pour le Ballet de l’Opéra avec une nouvelle chorégraphie sur le Daphnis et Chloé » pour chœur et orchestre de Maurice Ravel dans des décors de l’artiste plasticien Daniel Buren, à l’Opéra Bastille du 10 mai au 8 juin. Pour l’occasion le directeur de la musique de l’Opéra le suisse Philippe Jordan sera au pupitre de l’orchestre-maison.

Photos « Murder ballades » et « péripheral stream ©Marie-Noëlle Robert

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.