Une Chaîne anglaise

Vitaminée

Une Chaîne anglaise

Avoir une fille à marier est une vaste entreprise. Doublemard veut unir rapidement Louise à son ami de fraîche date, Charançon, même si celui-ci n’est plus très jeune. Mais quand une maison brûle, on ne regarde pas la couleur de l’eau. Ce que Doublemard a caché à son futur gendre c’est que Louise est mariée secrètement à Édouard, un officier de l’armée des Indes. Grâce à Dieu, cette union n’est pas consommée. Le jour du mariage, Édouard débarque tout de même chez sa femme. Doublemard ne veut certes pas s’avouer vaincu. Il entraîne toute la noce dans une course-poursuite jusqu’à Boulogne-sur-Mer, talonné par l’Édouard en question. Il est dit que Cupidon ne laissera pas tomber les amoureux de tout âge.
La Chaîne anglaise, écrite en 1848 par Eugène Labiche, est pratiquement inconnue. Jean-Paul Tribout a déniché ce vaudeville pur jus parmi les 173 pièces de l’auteur du Chapeau de paille d’Italie. On y retrouve tous les ingrédients nécessaires à une alerte comédie avec, en toile de fond, un mariage contrarié, des quiproquos et autres contretemps, jetant nos noceurs dans une cavalcade cocasse.

Rebondissements et coups de théâtre

Labiche est un observateur avisé de ses contemporains. Il pousse le trait, soulignant les travers de cette noce animée par les seuls intérêts de ses protagonistes. Les rebondissements et les coups de théâtre ne laissent aucun répit aux spectateurs et encore moins aux comédiens. Ils doivent suivre le rythme affolé et sautillant. Il est vrai que Jean-Paul Tribout s’est entouré d’une distribution rompue à l’exercice. Comme toute discipline, l’entraînement est de rigueur pour suivre ce marathon-comique-sprinté. Henri Courseaux est le père marieur. Ce comédien donne toujours la réplique avec saveur. Catherine Chevallier porte à ravir la tenue de bain de 1848. Coquine et primesautière, on s’étonne que les metteurs en scène ne pensent pas plus souvent à elle. Le bel Édouard est Emmanuel Dechartre, qui trouve en Jean-Paul Tribout un directeur d’acteur avisé. Après Zoo (en 2004, au Théâtre Mouffetard), il est épatant. Les décors sont légers comme ces tentes de plage aux toiles rayées qui permettent des déplacements à vue. Le tout est enlevé, entraînant, tourbillonnant. La troupe est montée sur ressorts et nous offre un spectacle sur-vitaminé.

Une Chaîne anglaise, d’Eugène Labiche, mise en scène de Jean-Paul Tribout. Avec Catherine Chevallier, Henri Courseaux, Emmanuel Dechartre, etc. Théâtre 14 - J. M. Serreau, jusqu’au 26 février. Tél : 01 45 45 49 77.

A propos de l'auteur
Marie-Laure Atinault
Marie-Laure Atinault

Le début de sa vie fut compliqué ! Son vrai nom est Cosette, et son enfance ne fut pas facile ! Les Thénardier ne lui firent grâce de rien, théâtre, cinéma, musée, château. Un dur apprentissage. Une fois libérée à la majorité, elle se consacra aux...

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