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Critiques / Théâtre

Tchekhov a dit adieu à Tolstoï de Miro Gavran

par Marie-Laure Atinault

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Miro Gavran est l’auteur croate contemporain le plus traduit dans le monde sauf en France. Sa célébrité dans les pays de l’Est est telle qu’un festival lui est entièrement consacré, pas mal pour un auteur de 46 ans !
Dans son théâtre, il traite des problèmes des Balkans et aime jouer avec l’histoire créant de couples célèbres sur un mode satirique après « Elisabeth et Shakespeare », « Molière et Louis XIV », Tolstoï et Tchekhov passent par la lorgnette de Miro Gavran.


Et si Tolstoï avait écrit « La Mouette »

Et si Tchekhov avait écrit « Guerre et Paix »

Et si Miro Gavran avait écrit Oncle Vania à Iasnaïa Poliana

Suppositions forcement erronées et qui ne trompent personne, puisque le propos n’a rien d’historique, mais d’avoir un point de départ hypothétique, allégorique et comique.
Tolstoï a invité dans son domaine Iasnaia Poliana, l’écrivain à la mode Anton Tchekhov avec sa femme, la comédienne Olga Knipper. Tolstoï a écrit la majeure partie de son œuvre. Il est un peu en panne d’inspiration. Il propose à Tchekhov, dont la plume n’est pas émoussée d’écrire un recueil de conversation. Mais la collaboration s’annonce unilatérale, Tolstoï étant plus doué dans le monologue auto-admiratif. De leur côté, Madame Tolstoï et Madame Tchékov ne sont pas en reste.
Miro Gavran a pris quelques libertés avec la chronologie, mais son but est la rencontre de deux géants de la littérature à l’ombre d’un bois de bouleaux. La pièce est en deux parties, deux atmosphères, deux tons résolument différents la première est très russe, entre les " Estivants" et « La forêt » et pourrait s’intituler « Tolstoï s’ennuie à la campagne ». La deuxième entre dans la crise des deux couples, elle est drôle, loufoque et nous donne un « Tchékov chez les Boulingrins ». Le décor en bois de Marielle Spalony nous met dans une ambiance de datcha de luxe où l’on entend le sifflement du samovar.

Marie-France Santon, une maîtresse femme

La mise enscène de Marie-France Lahore est très soignée, sage. Trop sage et manque de rythme. On regrette qu’elle n’ait pas mis ce brin de folie, ce zeste slave qui fait passer du rire aux larmes. Jean-Claude Drouot se consacre aux personnages barbus, après Orson Wells, Tolstoï. Terrible, drôle et pitoyable dans ses tentatives de séduction. Drouot a toujours pris avec force ses compositions, mettant une énergie faussement tranquille et, face à lui, le pauvre Tchekhov, Vincent Primault semble bien fadasse.
On s’ennuie un peu, et puis Marie-France Santon arrive. Elle embrase le plateau. Marie-France Santon est une madame Tolstoï qui brûle les planches ; Avec autorité, élégance, elle rend à Sofia ce que la petite histoire lui a refusée. Grâce à son dynamisme,elle insuffle au spectacle un souffle qui manque terriblement.

Tchekov a dit adieu à Tolstoï de Miro Gavran. Mise en scène Marie-France Lahore. Avec Jean-Claude Drouot, Marie-France Santon, Vincent Primault, Camille Lottin, Thomas Dewynter.
Théâtre Sylvia Montfort 106, rue Brancion 75015 Paris
Tel : 01 56 08 33 88 (jusqu’au 29 avril)

Photos : LOT

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