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Critiques / Opéra & Classique

Semiramide, de Gioachino Rossini

par Charles Rosenbaum

Aimable renaissance d’un Rossini méconnu

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Tant pis pour les mélomanes parisiens. Pour ceux qui ne connaissent de Rossini que les archi-rebattus Barbier de Séville, Cendrillon ou L’Italienne à Alger, il y a bien autre chose. Ainsi, Semiramis (Semiramide en italien), dont on ne connaît guère que la célébrissime ouverture. L’Opéra de Rome vient d’inscrire, pour sa saison, l’opéra trop méconnu ou aussi peu joué du grand Rossini. Il faut le dire sans ambages, c’est un très bel opéra où le grand Rossini savait aussi donner la mesure de son sens de la gravité. Semiramis contient quantité d’arias, duos, d’ensemble choraux de la meilleure veine lyrique. Rossini avait le talent de composer pour des mezzo-sopranos arias et duos à chanter avec d’autres tessitures. Son cocasse Duo des chats, son Tancrède en sont, entre autres, de parfaites illustrations.

Une distribution homogène

On sait que l’histoire de Semiramis se situe à Babylone, l’ancienne Bagdad, ce qui lui donne un petit élément d’actualité, élément tout mince d’ailleurs tant son histoire, comme celle de beaucoup d’opéras italiens, est complètement tordue. Malgré la signature de Voltaire. Distribution homogène pour la production romaine, même si les voix ne sont pas grandioses. Anna Rita Taliento, qui chante Semiramis, est excellente. Dans le rôle travesti d’Arsace, la mezzo Daniela Barcellona, à la forte présence physique et aux aigus brillants, déjà entendue à Aix-en-Provence, confirme un tempérament qui peut en faire une future Cecilia Bartoli. Les autres chanteurs, peu connus en France, se surpassent sous la conduite de Gianluigi Gelmetti. Ce maestro à l’allure léonine semble très apprécié en Italie. Sans lui, la représentation n’aurait pas connu cet éclat. Il est le parfait complice de Pier-Luigi Pizzi, qui régna en maître sur l’Opéra de Paris dans les années 70. Pizzi a gardé le sens du pompeux. Son décor unique est très babylonien. Mais il a aménagé un astucieux mécanisme pour faire bouger les chœurs. L’Opéra de Rome ne figure certes pas au top des scènes lyriques italiennes. Ses productions sont trop inégales mais pour cette Sémiramide, il mérite un coup de chapeau.

Sémiramide, mélodrame tragique en deux actes, livret de Gaetono Rossi, d’après la tragédie éponyme de Voltaire. Orchestre et Chœur du Teatre dell’Opera de Rome, direction musicale Gianluigi Gelmetti, mise en scène, décors et costumes de Pier-Luigi Pizzi. Avec Daniela Barcellona, Rita Taliento...

Photo : Corrado Maria Falsini

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