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Critiques / Opéra & Classique

Salomé de Richard Strauss

par Charles Rosenbaum

Karita Mattila super Salomé

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"Wie schön ist die Prinzessin Salomé heute nacht - Comme est belle la Princesse Salomé cette nuit". C’est ainsi que commence Salomé de Richard Strauss. La perspective de voir et d’entendre la sculpturale Karita Mattila dans la Danse des Sept Voiles fut une raison évidente de se précipiter à la Géode de Paris, pour assister en direct du Metropolitan Opera de New York, à cette retransmission exceptionnelle qui eut lieu le 11 octobre 2008.

Le déplacement fut largement récompensé. La scène géante de la Porte de la Villette avec sa technique numérique, avec ses écrans convexes a soulignait les qualités plastiques et vocales de la belle Finlandaise, qui est aujourd’hui l’interprète idéale de la belle et obscène princesse de Judée. Grâce à la technique du MET, relayée par l’impeccable retransmission par satellites de Ciel Ecran, les mélomanes installés à la Géode, sans doute mieux lotis que les spectateurs présents au MET, n’ont pas manqué le moindre battement de ses cils.

Jamais on n’avait vu son visage de si près et l’expression de ses sentiments. Ses yeux bleus presque gris, pas du tout orientaux, exprimait un désarroi quasi démentiel dans ce rôle qui est l’un des plus difficiles sinon l’un des plus tordus du répertoire. Son face à face avec Yoakanan procèdait d’un match de catch davantage que d’un duo lyrique.

Parmi les Salomé les plus célèbres, on compte Astrid Varnay, Anja Silva, Gwineth Jones, Léonie Rysanek, Birgit Nilsson, Hildegard Behrens. Celles-ci se distinguaient par leurs qualités vocales plus que par leurs prouesses de danseuse strip-teaseuse. La plupart étaient doublées, soit par pudeur, soit par incapacité.

Karita Mattila n’a pas ce problème. Elle est un soprano puissant et lyrique, sa plastique de déesse nordique est impeccable et elle danse en direct sans doublure, comme une jeune fille, même si elle ne l’est plus. On ne sait pas si elle s’est inspirée des fameuses boites de la 42ème Rue, proches de Broadway, mais elle réussit à sublimer sa redoutable Danse des Sept Voiles. Lascive, voluptueuse, impudique, elle révélait le talent d’une véritable effeuilleuse. Le gros plan de son baiser à Yoakanan avec ses lèvres ruisselantes de son sang, provoquait une légitime émotion auprès des spectateurs.

Pour être plus exact, on n’affirmera pas qu’elle termina sa danse complètement dénudée, ce qu’elle avait fait lors des représentations de Salomé en 2003 à l’Opéra Bastille dans la mise en scène de Lev Dodin, où elle avait jeté tous ses voiles.

Du MET à la géode, « la » Mattila fut une fois de plus une super Salomé. Ses partenaires Idiko Komlos, mezzo (Herodias), Kim Begley (Herode) et Juha Uusitalo (Yokanaan) furent des partenaires t à la hauteur

Salomé, opéra en un acte de Richard Strauss, livret tiré du poème d’Oscar Wilde dans la traduction allemande de Hedwig Lachmann. Retransmis en direct du Metropolitan Opera de New York le 11 octobre 2008 dans 30 cinémas en France dont La Géode et le Gaumont Champs Elysées Marignan et Gaumont Opéra à Paris .

Prochaînes retransmissions :

samedi 8 novembre : Docteur Atomic de John Adams – samedi 22 novembre : la Damnation de Faust de Hector Berlioz – samedi 20 décembre 2008 : Thaïs de Massenet – samedi 10 janvier 2009 : La Rondine de Puccini – samedi 24 janvier : Orfeo ed Euridice de Gluck – Samedi 7 février : Lucia di Lammermoor de Donizetti – samedi 7 mars : Madama Butterfly de Puccini – samedi 21 mars : La Sonnambula de Bellini - Samedi 9 mai : La Cenerentola de Rossini.

Consulter le site : www.cielecran.com evenement-exceptionnel.

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