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Critiques / Opéra & Classique

Roberto Devereux

par Charles Rosenbaum

L’opéra des passions

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Roberto qui ? Roberto Devereux ! Même les mélomanes les plus accomplis ne connaissent pas davantage cet opéra de Gaetano Donizetti. Et pourtant, cet important ouvrage de la littérature du bel canto italien a triomphé sur les scènes d’opéra du XIXe siècle. A l’inverse, Paris et les Français ont rarement accueilli le chef d’œuvre de Donizetti encore consacré aux amours élisabethains.
On connaît la prédilection du compositeur pour la Renaissance anglaise. Les Anglo-Saxons ont intitulé Tudor Ring, le règne d’Elisabeth Ière où l’on retrouve les intrigues de Maria Stuarda et Anna Bolena Donizetti, dans son ouverture de Roberto Devereux, a plaqué quelques beaux accents du God Save the Queen.
Roberto Devereux, sur un livret de Salvatore Cammarano (d’après Elisabeth d’Angleterre de Jacques-François Ancelot) a été crée le 28 octobre 1837 au Teatro San Carlo de Naples. Cette année est l’une des plus douloureuses de la vie de Donizetti (mort de son épouse Virginia). Peut-être le compositeur retrouve-t-il là les accents les plus exacerbés du romantisme. Roberto Devereux, comte d’Essex, attend son procès pour trahison. Il a été l’amant de Sara, duchesse de Nottingham et a eu les faveurs de la reine Elisabeth. Le duc de Nottingham, jaloux de Devereux, précipitera sa chute ainsi que la sienne et celle de Sara. Elisabeth elle-même renoncera au trône.

Le sympathique dynamisme du chef Evelino Pido

Le Théâtre des Champs Elysées a reçu la production de l’Opéra de Lyon. Et on peut se féliciter une fois de plus d’écouter une version de concert. Cela évite d’assister aux complications existentielles du metteur en scène. Elle a permis d’admirer la direction du chef Evelino Pido. Pour une fois, hors de la fosse, on a pu apprécier son sympathique dynamisme, applaudissant chaleureusement chacun de ses solistes. Les interprètes méritaient de telles attentions. Laurent Naouri, magnifique dans le rôle du Duc de Nottingham, s’est taillé la part du lion. On peut affirmer qu’un baryton donizettien vaut un baryton verdien. Maria Pia Piscitelli remplaçait à Paris, au pied levé, Darina Takova, souffrante. On a admiré la beauté de ses aigus et ses beaux duos avec Naouri et Stefano Secco, titulaire du rôle titre. Dans Roberto Devereux, il a témoigné de toutes les qualités de ténor bel cantiste. On le retrouvera avec plaisir en alternance avec Rolando Vilazon dans La Bohème de Puccini, à l’Opéra Bastille. Enkelejda Shkosa a complété harmonieusement le quatuor. L’Orchestre de Lyon, dans une formation inusitée, a bien tenu son emploi mais n’a pas permis de juger les modifications acoustiques du Théâtre des Champs Elysées.

Théâtre des Champs Elysées, le 22 septembre 2005. Opéra National de Lyon, les 20 et 24 septembre 2005. Opéra en trois actes (1837). Musique de Gaetano DONIZETTI - Livret de Salvatore Cammarano, d’après Elisabeth d’Angleterre (1830) de Jacques-François Ancelot (1794-1854). Créé au Teatro di San Carlo de Naples (28 octobre 1837). Direction musicale : Evelino Pido. Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon. Concert chanté en italien, surtitré en français. avec Maria Pia Piscitelli, Stefano Secco, Enkelejda Shkosa, Laurent Naouri, Bruno Lazzaretti, Enrico Turco. Co-production Opéra National de Lyon.

Photo : DR

Légende : Evelino Pido

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