Ouverture des hostilités par Marie Devroux
Un capitalisme à décapiter

Il n’aura échappé à personne (excepté peut-être à l’actuel chef étasunien) que notre planète est en danger de mort. Comme le système économique dominant est le capitalisme, il est normal qu’il soit mis en causes d’une part au moins majoritaire de cette catastrophe. Il est tout aussi légitime que nombre de personnes s’efforcent de réfléchir comment le remplacer par un système plus équitable et plus solidaire.
Inéluctable changement
Après la faillite du marxisme devenu communisme aux mains de dirigeants ayant dévoyé totalement l’utopie construite par Karl Marx au point de ressembler aux tyrans d’extrême droite, quel espoir demeure d’une véritable métamorphose ? Que de propositions surgirent qui se cristallisèrent aux alentours de 68 ! S’ensuivirent des bouleversements dans la pédagogie, des expériences d’autogestion ouvrières, des innovations psychiatriques… Sans la moindre fissure dans le système en place. Le fabuleux rêve de Jean Fourastié (1907-1990) qu’on a schématisé en 30 heures de travail pendant 30 semaines par an durant 30 années de carrière est resté rêve.
Pistes à suivre
La troupe réunie autour de Marie Devroux (Aminata Abdoulaye Hama, Leila Chaarani, Ferdinand Despy, Marie Devroux et Sasha Martelli) est jeune et pleine de dynamisme. Il en faut pour aborder la complexité socio-économique de notre monde. Cela commence comme une conférence avec projection de schémas. Heureusement cela devient vite plus théâtral sous forme de sketches concrétisant des situations plus ou moins ordinaires où des institutions se trouvent en nécessité de changement, d’innovation, de créativité.
Ce sont de courtes interventions jouées avec entrain face à un double public : les spectateurs en salle et quelques autres ayant migré de leur siège vers le plateau de la scène pour suggérer ou simuler la participation. Car quand même, nous sommes au théâtre. Et c’est d’ailleurs une simulation en jeux de rôles que les interprètes effectuent avec conviction. Changer de points de vue est de toute évidence impératif.
Poursuivre au-delà
Mais quelle que soit la situation, la conclusion qui s’impose c’est qu’à un moment donné il y a un savoir juridique qui manque, une contrainte matérielle technique réclamant un spécialiste, etc. qui empêchent d’aller au-delà. C’est un peu frustrant. Nous voilà revenus à ces innombrables réunions de pendant et d’après mai 68 où des groupes conscientisés, des stagiaires pleins d’idées, des militant dopés d’espérances, des quidams pétris de générosité se confrontaient. Tout cela étayé par un certain nombre de publications dont une liste partielle est remise au public.
Peut-être, afin de ne pas être vraiment pessimistes, faut-il constater qu’arrêter la catastrophe qui s’annonce sans cesse plus menaçante contraindra les humains à des décisions collectives internationales non par idéologie mais par pragmatisme. Les intérêts non collectifs seront remplacés par une nécessité sans alternative. Sinon, c’en sera fini pour tout le monde. Et cela ne laissera aucun témoin.
Avignon Off 2025
Théâtre des Doms
05>26.01.2025 21h45
Durée : 1h16
Dès 16 ans
Écriture collective ; mise en scène : Marie Devroux ; avec : Aminata Abdoulaye Hama, Leïla Chaarani, Ferdinand Despy, Marie Devroux, Sasha Martelli ; collaboration à l’écriture, à la conception, à la recherche : Ferdinand Despy ; collaboration à la mise en scène : Hanna El Fakir, Louise d’Ostuni ; dramaturgie : Adeline Rosenstein ; création lumière : Sibyl Cabello ; création sonore ; Noée Voisard ; composition musicale ; Noée Voissard, Leïla Chaarani ; création graphique : Martyna Zalalyte ; coproduction : Le Rideau (Bruxelles), la COOP, Shelter Prod ; aide : Fédération Wallonie-Bruxelles ; soutien : Taxshelter.be, ING, Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge, Factory, La Fabrique de Théâtre, Théâtre & Publics, la Chaufferie acte-1, le Varia, l’Escaut, le Corridor ; .production déléguée Le Rideau ; photo © Alice Piemme.



