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Critiques / Autres Scènes

Nonnesens

par Marie-Laure Atinault

Nonnes en folie (musicale)

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Le couvent de Sainte Rita est accablé. Le diable aurait-il inspiré soeur Maïté lorsqu’elle assaisonna la soupe, envoyant ad patres 52 de ses congénères. Dix-sept nonnes, dirigées par soeur Cordélia, la Mère Supérieure, absentes pour cause de loto annuel des Carmélites, ont échappé au potage mortel. 52 nones mortes, l’opération arithmétique est simple, font 52 cercueils. Le couvent est pauvre. Mère Supérieure décide de vendre des cartes de vœux pour faire face aux nécessités imprévues. Les dons sont généreux, mais il reste 4 nones sans cercueil. En attendant, elles reposent dans le congélateur. Or, Soeur Marie Hubert a la cornette en furie, Mère Supérieure prise par le démon de l’audiovisuel a détourné des fonds pour un achat somptuaire. Il faut trouver d’autres subsides. C’est pour cela, chers frères, chères sœurs, que nous sommes réunis pour un gala de charité. Mère Supérieure et 4 nonnes seront les vedettes de ce gala peu ordinaire. Sous la bure et la cornette, les vocations se révèlent. Alléluia ! Les bonnes soeurs du music-hall se jettent joyeusement dans un sacerdoce revigorant, et qui sait, soeur Amnésie retrouvera peut-être son nom.

Cinq actrices miraculeusement entraînantes

Nunsense fut crée à Broadway, en 1985. Si la rivalité entre la Mère Supérieure et soeur Marie Hubert, ainsi que la présence d’une nonne dévoyée vous disent quelque chose, vous avez gagné une part de paradis. Nunsense a inspiré le film Sister Act. En traversant l’Atlantique Nunsense est devenu Nonnesens et n’a rien perdu de son humour ni de sa tonicité. On ne peut pas qualifier ce spectacle de comédie musicale, puisque c’est un musical à part entière. Le fil conducteur n’est qu’un prétexte à l’enchaînement de chansons et de numéros. Les plus réussis, comme la nonne ventriloque ou la Mère Supérieure prise par le démon du music-hall, méritent des bis. D’autres chansons sont un peu fades, mais qu’importe puisque les cinq actrices sont miraculeusement entraînantes.

Bonne humeur simple et roborative

Dominique Nobles, un petit bout de femme montée sur ressort connaît les paradis artificiels. Caroline Roëlands, soeur Marie Hubert, déploie une autorité militaire. Il faut de la rigueur pour diriger les filles de Dieu. Estelle Danière, alias soeur Robert Anne, n’a pas le langage châtié que l’on pourrait attendre d’une religieuse. Soeur Marie Léo, Léovanie Raud, est la novice qui hésite entre les étoiles du ciel et de l’Opéra de Paris. Toutes les comédiennes ont participé à des comédies musicales de Chantons sous la pluie à Nine ou Kiss me Kate. Savoir danser et chanter ne s’improvise pas en trois mois. Actrices confirmées, elles font de Nonnesens un vrai succès populaire, drôle, enlevé. Nos bonnes soeurs en folie méritent l’absolution pour tous leurs péchés. Elles arrivent même à soigner soeur Amnésie, Christine Bonnard, une ventriloque qui cherche sa voie(x). Cette jeune comédienne dotée d’une réelle nature comique n’est pas la dernière à s’attirer la sympathie du public. Nonnesens va dans la direction de la bonne humeur simple et roborative. Il est à signaler que les comédiennes chantent sans micros et que les musiciens présents sur scène sont dirigés par l’excellent Patrick Laviosa

Nonnesens, de Dan Goggin, mise en scène et chorégraphie Jeanne Deschaux, direction musicale Patrick Laviosa, direction vocale Thierry Gondet, avec Dominique Nobles, Caroline Roëlands, Christine Bonnard, Estelle Danière, Léovanie Raud et Patricia Setbon. Theatre Dejazet, Tél : 01 48 84 52 55.

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