Ballet Nacional de España au théâtre du Châtelet jusqu’au 2 avril
Multiples splendeurs !
Un exceptionnel spectacle de danse servi par une troupe aguerrie.

LE BALLET NATIONAL D’ESPAGNE a été fondé en 1978 par le danseur Antonio Gades. Basé à Madrid, il se produit un peu partout en Espagne mais aussi dans différents pays comme ambassadeur de l’actuelle chorégraphie espagnole. C’est ainsi qu’il présente au Châtelet parisien son dernier spectacle intitulé Afanador. Il s’agit d’un hommage au photographe Ruvén Afanador, natif de Colombie et fixé aux États-Unis et pour partie en Espagne, dans son travail esthétique en référence au flamenco, mais aussi à la corrida et à la religion. Conçu par Marcos Morau, le spectacle associe, sur une musique électronique (de Juan Cristóbal Saavedra) diffusée par haut-parleurs mais aussi chantée en façon flamenco (par Gabriel de la Tomasa) et à la guitare (d’Enrique Bermúdez) ainsi qu’aux percussions (de Roberto Vozmediano), l’élan des danseurs en troupe (au nombre de trente-six) et en solistes (Rubén Olmo, Irene Tena, Albert Hernández). Dès l’ouverture, musiques et danses donnent dans des sculptures vivantes et une tension permanente. La soirée se poursuit, évocatrice et d’un mouvement incessant.
Une matière sculpturale
Sur un plateau nu pourvu de lumières chatoyantes ou tranchantes, défilent les images figuratives de l’art d’Afanador (dont une animée représentation graphique en noir et blanc). Alors que la troupe, dans des vêtures noires et torses nus, se donne par des ensembles admirablement réglés, ponctués de claquements de pieds (zapateado en flamenco), dans une matière sculpturale. Le mouvement vire par instants à la pantomime collective, significative d’une action allusive. Les solistes s’interposent dans des gestiques liées à l’art dansé flamenco, pourvus de capes et jupes noires. Ou une référence flamenco stylisée. Le tout dans une virtuosité impressionnante, qui ne se relâche pas un instant, pour un moment d’exception à travers une chorégraphie transcendante. Et le public, qui remplit jusqu’au dernier strapontin, le reçoit comme tel, par une longue ovation debout.
Illustration : photo Merche Burgos
Ballet Nacional de España : Afanador. Marcos Morau (conception), Juan Cristóbal Saavedra (musique électronique), Gabriel de la Tomasa (chant), Enrique Bermúdez (guitare), Rubén Olmo, Irene Tena et Albert Hernández (danseurs solistes), troupe de trente-six danseurs.
Paris, théâtre du Châtelet, 27 mars. Prochaines représentations, 31 mars, 1er et 2 avril 2026.



