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Billets d’humeur / Jacky Viallon

Les rêveries d’un potier de et par Loic Pichon

par Jacky Viallon

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Il est toujours réjouissant pour notre bon plaisir des mots et pour apprécier le dégradé subtil que propose le nuancier aquarellé de notre belle littérature de rencontrer au hasard des pages de notre vie un accord parfait entre un comédien et un texte.

On se souvient très récemment de la rencontre André Marcon / Valère Novarina ou en plus énigmatique celle de David Warilow et de Pinget et dans une note plus baroque et très ciselée on peut entendre Fabrice Lucchini et Gustave Flaubert.

Alors, dans son spectacle précédent, Loïc Pichon avait trouvé matière à énoncer et à prononcer quelques pages minutieusement découpées dans un roman lumineux bien que dramatique du grand Albert Camus, « la peste » puisqu’il faut l’appeler par son nom.

Ce même Pichon pétrisseur de mots nous présente un texte très ciselé qu’il se plait à pétrir, malaxer puis tourner devant nous. Pour tout dire et justifier la métaphore « Il fait… », selon la formule de l’époque, « …que monsieur Loïc Pichon est aussi potier de son état et qu’il mène aussi bon train son affaire de comédien. » Mais quoi de plus naturel qu’une belle harmonie entre la tête du comédien et les mains du potier. Sur le plan du naturel au niveau du jeu nous y sommes au plus prés.

En vérité Loïc Pichon raconte l’histoire d’un potier breton de l’époque 1880 environ.... Il nous a dégotté quelque chose de curieux qu’il fait renaitre sur scène, devant nous, comme ça, tout simplement. Il raconte sur le mode du « Je », « …le seul mode véridique… » au dire de E.Benveniste.

Alors Pichon raconte tout en continuant son travail de potier, ce qui donne une sorte « d’exhumation » à ce texte d’antan qui « résonne » et « raisonne » en nous comme une vérité d’aujourd’hui.

Le spectacle est très soutenu et la durée d’une heure est totalement convenable pour nous combler sans nous lasser. On reconnait la présence bien ancrée au sol de ce comédien terrien, solide et laboureur du texte.
Merci Maître Pichon compagnon du mot, de défricher, d’entretenir et de mettre en pot notre belle littérature française.

Spectacle vu en avant-première
Pour tournée à la rentrée : Cie l’Albatros 0616943103309 « Les rêveries d’un potier breton » Rens : Cie L’albatros . 06 16 94 31 09

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